L’action TotalEnergies arrive à la mi-mars dans une position singulière : le groupe bénéficie du bond du pétrole et du gaz, mais il reste aussi directement exposé à un environnement géopolitique devenu beaucoup plus instable. Le titre a clôturé à 68,00 euros le 6 mars 2026, après une semaine agitée marquée par un pic à 73,00 euros le 2 mars puis un repli partiel dans la foulée.
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C’est important parce que TotalEnergies pèse lourd dans le CAC 40 et parce que le marché lit désormais l’action à travers deux prismes en même temps : d’un côté, la hausse des prix de l’énergie soutient mécaniquement les revenus potentiels du secteur ; de l’autre, l’incertitude sur les flux pétroliers et gaziers, les coûts logistiques et le risque sur certaines zones de production entretient une forte volatilité. Pour les investisseurs qui suivent les actualités du trading, le dossier redevient central.
Cette situation concerne autant les investisseurs long terme que les opérateurs plus actifs qui comparent les meilleurs brokers en France, surveillent les signaux de trading et s’appuient sur des analyses techniques pour intervenir sur les grandes valeurs énergétiques. TotalEnergies n’est pas seulement une action défensive du marché parisien : c’est aussi un actif sensible au prix du baril, au gaz européen, à la perception du risque et à la rotation sectorielle au sein du CAC 40.
Le marché réévalue brutalement la prime énergétique
Le premier moteur fondamental est évident : la crise au Moyen-Orient a fait bondir les cours de l’énergie. Reuters rapporte que le Brent a dépassé 90 dollars ce week-end, tandis que Goldman Sachs a averti qu’un maintien des perturbations dans le détroit d’Ormuz pourrait pousser le baril au-dessus de 100 dollars. En parallèle, les contrats pétroliers signalent un choc violent mais encore considéré comme possiblement temporaire par une partie du marché.
Pour TotalEnergies, cet environnement est à double tranchant. Reuters souligne que les analystes de Jefferies estiment qu’environ 29 % de la production totale du groupe est exposée au Moyen-Orient. Autrement dit, la flambée des prix peut soutenir la rentabilité, mais elle s’accompagne aussi d’un risque opérationnel accru si les perturbations de production ou de transport durent.
Le gaz ajoute une deuxième couche d’incertitude. Reuters a indiqué que le Qatar avait arrêté sa liquéfaction de gaz et que l’Europe se retrouvait sous pression avec des stocks modestes et des prix en forte hausse. Pour un groupe comme TotalEnergies, très présent dans le GNL, cela renforce à la fois l’intérêt stratégique du portefeuille gazier et la sensibilité du titre aux tensions sur l’approvisionnement mondial.
Le troisième facteur, plus spécifique à l’entreprise, vient des résultats annuels publiés le 11 février. TotalEnergies a annoncé un bénéfice net ajusté 2025 de 15,6 milliards de dollars et un cash-flow de 27,8 milliards, mais aussi une baisse de 13 % du bénéfice trimestriel et une réduction des rachats d’actions du premier trimestre à 750 millions de dollars, contre 1,5 milliard au quatrième trimestre 2025. Le groupe a néanmoins proposé un dividende annuel de 3,40 euros par action, en hausse de 5,6 %.
Enfin, le marché continue d’intégrer la stratégie de diversification du groupe. Le 3 mars, TotalEnergies a annoncé la cession de 50 % de 11 projets de batteries en Allemagne à AllianzGI, dans une opération cohérente avec son développement dans l’électricité et le stockage. Cette diversification soutient le récit industriel de long terme, même si, à court terme, le titre reste surtout piloté par le pétrole, le gaz et le risque géopolitique.
Les seuils à surveiller maintenant sur TotalEnergies

À la clôture du 6 mars, l’action valait 68,00 euros, après un point bas récent à 66,22 euros le 5 mars et un point haut à 73,00 euros le 2 mars. Cette séquence montre un titre encore soutenu par le thème énergie, mais déjà engagé dans une phase de digestion après son pic de début de semaine.
Les analyses techniques gardent un biais constructif, sans être parfaitement alignées. Investing affichait au 6 mars un RSI 14 à 59,604, un MACD à -0,090, une MM5 à 67,50 euros, une MM50 à 67,97 euros et une MM200 à 65,57 euros. En pratique, cela signifie que le titre reste au-dessus de ses moyennes les plus regardées, mais avec un momentum qui s’est légèrement refroidi après l’accélération haussière du début de mois.
La première zone de support se situe autour de 66,22-66,40 euros, qui correspond aux points bas des 5 et 6 mars. En dessous, la MM200 vers 65,57 euros devient un repère important, puis la zone des 65 euros ferait office de seuil psychologique. À la hausse, la première résistance passe par 68,38 euros, puis par 70,31 euros, avant la zone plus lourde des 73,00 euros.
Sur le plan de la valorisation, le dossier reste raisonnablement tarifé pour une major énergétique. MarketScreener indique un P/E 2026 estimé à 11,5x et un rendement attendu proche de 5,1 %, ce qui reste compétitif par rapport à de nombreuses grandes capitalisations européennes. Cette valorisation limite une partie du risque de surchauffe, même si elle ne protège pas contre la volatilité liée au baril ou au gaz.
Quels scénarios pour les deux prochaines semaines ?
Sur un horizon bi-mensuel, le scénario central reste celui d’un titre ferme mais nerveux. Tant que TotalEnergies tient au-dessus de 66,22 euros, le marché peut rapidement revenir tester 68,38 euros, puis 70,31 euros. En cas d’apaisement relatif sur le front géopolitique, un retour vers 73,00 euros redeviendrait crédible, surtout si le Brent reste durablement élevé.
Le scénario plus prudent est celui d’une normalisation rapide des prix de l’énergie. Reuters note que la courbe des futures Brent anticipe encore un reflux sensible des prix d’ici la fin de l’année, ce qui suggère que le marché n’intègre pas encore un choc durable comparable aux grandes crises pétrolières passées. Dans ce cas, TotalEnergies pourrait perdre une partie de sa prime récente et revenir vers 65,57 euros, voire tester la zone des 65 euros.
Le principal risque pour les quinze prochains jours reste toutefois géopolitique. Une aggravation des perturbations sur les flux pétroliers ou gaziers soutiendrait probablement le secteur énergétique en Bourse, mais elle augmenterait aussi le risque sur les actifs directement exposés à la région. C’est cette tension entre soutien sur les prix et risque sur l’exécution qui explique la volatilité actuelle du titre.
À moyen terme, le profil reste plus équilibré. Les résultats 2025 montrent une base financière encore solide, le dividende progresse, le groupe conserve une discipline sur les rachats d’actions et poursuit sa diversification dans l’électricité. Pour les investisseurs, cela maintient TotalEnergies parmi les grandes valeurs défensives du CAC 40, même si le marché exige désormais une lecture plus fine des signaux de trading et du contexte énergétique mondial.
Conclusion
TotalEnergies entre dans la mi-mars avec un avantage évident : la hausse du pétrole et du gaz remet le secteur énergétique au centre du marché. Mais cette force s’accompagne d’une incertitude réelle sur la durée du choc, sur les flux gaziers et sur l’exposition du groupe au Moyen-Orient. Pour les deux prochaines semaines, le titre conserve donc un profil constructif au-dessus de 66,22 euros, tout en restant très sensible aux gros titres géopolitiques et au comportement du Brent. Pour les investisseurs français, c’est l’une des valeurs les plus importantes à suivre dans le CAC 40, précisément parce qu’elle concentre aujourd’hui prix de l’énergie, visibilité sur les résultats et perception du risque global.