Le cours de l’argent se maintient autour de 59 dollars l’once après une succession de mouvements particulièrement brusques. Le métal a gagné plus de 4 % le 21 juillet, franchi temporairement 60 dollars le lendemain, puis perdu 3,40 % lors de la séance du 23 juillet.
Les meilleurs courtiers Forex en ligne
Cette volatilité est importante, car l’argent réagit simultanément aux anticipations de taux américains, à l’évolution du dollar, aux tensions géopolitiques et à la demande industrielle. Contrairement à l’or, il dépend fortement des secteurs de l’électronique, de l’énergie solaire et des équipements électriques.
Les investisseurs en métaux précieux, les industriels utilisant de l’argent et les traders exposés aux matières premières sont directement concernés. Une variation rapide du prix peut avoir un impact sur les coûts de production, les marges des fabricants et la valeur des positions spéculatives.
Le seuil des 60 dollars concentre les prises de bénéfices
Le cours de l’argent s’établit à 59,183 dollars l’once au 27 juillet dans les données communiquées. Depuis le 29 juin, la progression atteint environ 1,48 %, mais cette variation limitée masque une amplitude considérable.
Le métal a atteint 63,2786 dollars en séance le 6 juillet, avant de retomber jusqu’à 54,7667 dollars le 17 juillet. Il a ensuite rebondi rapidement, porté par la recherche de protection et par un retour des achats spéculatifs.
Le 21 juillet, l’argent a progressé de 4,20 %, puis de 1,56 % le lendemain. La zone située entre 60 et 61 dollars a cependant de nouveau attiré les vendeurs. Le prix a touché 60,9342 dollars le 22 juillet, avant de clôturer la séance suivante à 57,70 dollars.
Cette sensibilité reflète la double nature de l’argent. Le métal bénéficie des tensions géopolitiques comme actif de diversification, mais il reste exposé aux anticipations de croissance industrielle. Le 9 juillet, l’argent au comptant avait gagné environ 3,4 %, à 60,25 dollars, pendant une nouvelle montée des tensions internationales.
La détente observée le 27 juillet entre les États-Unis et l’Iran a fait reculer fortement le pétrole et affaibli le dollar. Cette configuration est généralement favorable aux métaux libellés en dollars, car elle réduit leur coût pour les investisseurs utilisant d’autres monnaies.
Elle diminue toutefois également la demande immédiate pour les valeurs refuges. Cette opposition entre dollar plus faible et recul du risque géopolitique explique en partie l’hésitation de l’argent autour de 59 dollars.
Dans les actualités financières, l’attention se déplace désormais vers la décision de la Réserve fédérale et les prochaines statistiques américaines d’inflation et de croissance.
Un déficit structurel soutient toujours le marché
Les fondamentaux physiques restent favorables. Le Silver Institute prévoit un déficit du marché mondial pour une sixième année consécutive en 2026. Cette situation signifie que la demande totale devrait encore dépasser l’offre disponible.
Les estimations publiées en début d’année tablaient sur un déficit d’environ 67 millions d’onces, malgré une progression attendue de 1,5 % de l’offre totale, à près de 1,05 milliard d’onces. La production minière ne progresserait que d’environ 1 %, tandis que le recyclage augmenterait plus rapidement.
La demande d’investissement physique devrait progresser d’environ 20 % en 2026, à 227 millions d’onces, son niveau le plus élevé depuis trois ans. Cette hausse compenserait en partie le recul attendu dans la joaillerie, l’argenterie et certains usages industriels.
La demande industrielle resterait néanmoins proche de 650 millions d’onces, malgré une baisse estimée à 2 %. Elle demeure donc la principale composante de la consommation mondiale.
Le solaire représente un enjeu particulier. La hausse spectaculaire du prix de l’argent pousse les fabricants de panneaux photovoltaïques à réduire la quantité utilisée dans chaque cellule et à accélérer le remplacement du métal par du cuivre. Reuters a notamment signalé que plusieurs producteurs chinois préparaient une industrialisation plus rapide de ces technologies de substitution.
Ce mouvement limite le potentiel de croissance de la demande photovoltaïque. Le déficit mondial reste un facteur de soutien, mais il ne garantit pas une progression continue des prix lorsque les industriels modifient leurs procédés.
L’argent avait d’ailleurs atteint des niveaux proches de 96 dollars au début de 2026, avant de perdre près de la moitié de sa valeur. Cette correction illustre le caractère spéculatif du marché et sa capacité à évoluer beaucoup plus rapidement que l’or.
La Fed devient le principal catalyseur immédiat
La Réserve fédérale se réunit les 28 et 29 juillet. La décision monétaire sera publiée mercredi 29 juillet à 20 heures, heure de Paris, avant la conférence de presse programmée à 20 h 30.
Les investisseurs restent partagés sur l’issue de cette réunion. Le 27 juillet, les contrats de taux attribuaient environ 33 % de probabilité à un relèvement de 25 points de base.
Une hausse des taux serait en principe défavorable à l’argent. Le métal ne verse aucun revenu, tandis qu’un rendement obligataire plus élevé augmente le coût d’opportunité de sa détention. Un durcissement monétaire pourrait également soutenir le dollar.
À l’inverse, un maintien des taux accompagné d’un discours prudent pourrait favoriser un retour vers 60 dollars. Le recul du pétrole observé lundi réduit le risque d’un choc inflationniste immédiat et pourrait donner davantage de marge à la Fed.
Le marché surveillera aussi l’indice PCE d’inflation et la première estimation du PIB américain du deuxième trimestre. Les anticipations disponibles avant la semaine tablaient sur une inflation PCE annuelle proche de 3,7 % et une croissance annualisée d’environ 2,1 %.
Des statistiques supérieures aux attentes renforceraient le scénario de taux durablement élevés. Des chiffres plus faibles pourraient au contraire peser sur le dollar et soutenir les métaux précieux.
Le momentum s’améliore sans confirmer une reprise complète

L’argent termine la période fournie à 59,183 dollars. La moyenne des cinq dernières clôtures ressort à 58,893 dollars, tandis que la moyenne à 20 séances s’établit autour de 58,915 dollars.
Le cours évolue légèrement au-dessus de ces deux repères. Cette configuration traduit une stabilisation après la baisse du milieu du mois, mais l’écart reste trop faible pour indiquer une tendance clairement installée.
Le RSI à 14 séances ressort autour de 55,3. Cette valeur se situe dans une zone neutre, sans surachat ni survente.
Le MACD s’établit à environ –0,037, contre une ligne de signal proche de –0,139. Le MACD reste légèrement négatif, mais il a dépassé son signal. Ce croisement montre une amélioration du momentum après les creux enregistrés autour de 55,50 dollars.
Niveau | Zone | Commentaire |
Résistance immédiate | 60,00–60,10 $ | Seuil psychologique et sommet récent |
Résistance intermédiaire | 60,90–61,05 $ | Sommets du 8 et du 22 juillet |
Résistance majeure | 63,25–63,30 $ | Plus haut de la période |
Support immédiat | 57,90–58,00 $ | Zone de stabilisation récente |
Support intermédiaire | 57,00–57,10 $ | Creux des 23 et 24 juillet |
Support majeur | 55,50 $ | Base du rebond de juillet |
Moyenne sur 5 séances | 58,893 $ | Repère de très court terme |
Moyenne sur 20 séances | 58,915 $ | Point d’équilibre mensuel |
Les données fournies couvrent seulement 22 observations, dont une cotation dominicale. Elles ne permettent pas de calculer de manière fiable les moyennes mobiles à 50 et 200 jours.
Les analyses techniques montrent donc une configuration en amélioration, mais encore fragile. Le MACD se redresse et le prix retrouve ses moyennes courtes, tandis que la zone des 60 à 61 dollars reste un obstacle majeur.
Quels scénarios pour le cours de l’argent cette semaine ?
Scénario de reprise
Un maintien au-dessus de 58 dollars, suivi d’une clôture au-dessus de 60,10 dollars, renforcerait la dynamique.
Le métal pourrait alors viser 60,90–61,05 dollars, puis le sommet de la période situé près de 63,30 dollars. Ce scénario serait favorisé par un statu quo de la Fed, un dollar plus faible et de nouvelles tensions sur l’offre physique.
Scénario de stabilisation
Le scénario central correspond à une évolution comprise entre 58 et 60,10 dollars.
La paire XAG/USD pourrait rester dans cette zone si la Fed maintient ses taux sans fournir d’indication claire sur la suite de sa politique. Le marché continuerait alors d’opposer le déficit structurel à la réduction de la demande dans certaines applications industrielles.
Scénario de correction
Une clôture sous 57,90 dollars fragiliserait la reprise et exposerait le support de 57 dollars.
Sous 57 dollars, le marché pourrait revenir vers 55,50 dollars. Une perte de ce niveau augmenterait le risque d’une baisse vers 54 puis 52,50 dollars.
Ce scénario deviendrait plus probable en cas de relèvement des taux américains, de hausse du dollar ou de nouvelle détente géopolitique.
Scénario d’accélération
Un dépassement confirmé de 63,30 dollars modifierait nettement la configuration. Le métal pourrait alors viser 65 dollars, puis la zone des 68 dollars.
Une telle progression nécessiterait probablement une combinaison de dollar faible, de rendements obligataires en baisse et de retour massif des flux d’investissement.
Scénario hebdomadaire | Condition | Niveaux envisagés |
Reprise | Clôture au-dessus de 60,10 $ | 61,00 $, puis 63,30 $ |
Stabilisation | Maintien entre 58,00 et 60,10 $ | Évolution sans direction nette |
Correction | Clôture sous 57,90 $ | 57,00 $, puis 55,50 $ |
Accélération positive | Dépassement de 63,30 $ | 65,00 $, puis 68,00 $ |
Points clés pour les traders
L’argent évolue autour de 59,18 dollars après plusieurs séances très volatiles.
Le déficit mondial devrait se poursuivre pour une sixième année en 2026.
La demande d’investissement physique devrait augmenter, mais certains usages industriels reculent.
Le RSI proche de 55 reste neutre.
Le MACD dépasse sa ligne de signal, mais demeure légèrement négatif.
Une clôture au-dessus de 60,10 dollars renforcerait les signaux de trading.
Une perte de 57,90 dollars exposerait 57 puis 55,50 dollars.
La décision de la Fed sera le principal catalyseur de la semaine.
Une volatilité supérieure à celle de l’or
L’argent est généralement plus volatil que l’or en raison de la taille plus réduite de son marché et de son exposition industrielle. La variation de 3 à 4 % observée sur plusieurs séances de juillet illustre ce risque.
Les investisseurs doivent également distinguer le métal au comptant, les contrats à terme, les ETF, les actions minières et les CFD. Ces instruments ne présentent ni la même liquidité, ni les mêmes frais, ni le même niveau de levier.
Le choix des meilleurs brokers doit intégrer la qualité d’exécution, les spreads, les frais de financement et la réglementation. Les écarts peuvent s’élargir rapidement pendant les décisions de banques centrales ou lors d’une forte variation du dollar.
Conclusion
L’argent aborde la réunion de la Fed dans une configuration plus solide qu’au milieu du mois, mais le seuil des 60 dollars continue de bloquer les tentatives de reprise.
Une clôture au-dessus de 60,10 dollars permettrait d’envisager un mouvement vers 61 puis 63,30 dollars. Le dépassement de ce dernier niveau ouvrirait la voie vers 65 dollars.
À l’inverse, une baisse sous 57,90 dollars fragiliserait le rebond et exposerait 57 puis 55,50 dollars.
À moyen terme, le déficit structurel du marché reste favorable. À court terme, la direction dépendra surtout des taux américains, du dollar et de la capacité de la demande industrielle à résister aux efforts de substitution dans le secteur solaire.