Le cours de l’EUR/MAD termine la première semaine de juillet à 10,7197 dirhams, partagé entre un euro soutenu par le durcissement monétaire de la Banque centrale européenne et un dirham encadré par le régime de change marocain. Cette pression mérite l’attention, car une appréciation durable de l’euro peut renchérir les importations en provenance de la zone euro et accentuer l’impact sur les prix, l’inflation et le coût de la vie au Maroc.
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La BCE durcit le ton tandis que Bank Al-Maghrib garde le cap
Le principal changement intervenu dans les actualités Forex vient de la BCE. Le 11 juin, l’institution a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base. Le taux de dépôt atteint désormais 2,25 %, le taux de refinancement 2,40 % et celui de la facilité de prêt marginal 2,65 %. La BCE a justifié cette décision par les pressions inflationnistes liées au conflit au Moyen-Orient et à la remontée des coûts énergétiques.
Ce resserrement peut soutenir l’euro, au moins à court terme. La situation reste néanmoins nuancée : l’inflation annuelle de la zone euro a ralenti de 3,2 % en mai à 2,8 % en juin. L’énergie demeure le poste le plus dynamique, avec une hausse annuelle estimée à 8,7 %, mais ce ralentissement général pourrait réduire la nécessité d’une nouvelle hausse rapide des taux.
Au Maroc, Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 23 juin. La banque centrale prévoit une inflation moyenne de 1,5 % en 2026, après environ 0,8 % au cours des deux années précédentes, et une croissance économique de 5,2 %. Elle anticipe toutefois une hausse de 26 % de la facture énergétique, à 135 milliards de dirhams, ainsi qu’un élargissement du déficit courant à 4 % du PIB.
Les dernières données du Haut-Commissariat au Plan montrent que les prix à la consommation ont reculé de 0,9 % en mai par rapport à avril, principalement grâce à une diminution de 2,1 % des prix alimentaires. Sur un an, l’inflation atteint 1,2 %, tandis que l’inflation sous-jacente recule de 0,1 %. Cette modération donne à Bank Al-Maghrib davantage de latitude pour conserver son taux inchangé.
Des forces contradictoires pour le dirham
Les comptes extérieurs marocains présentent deux tendances opposées. Les importations ont augmenté de 11,8 % sur les cinq premiers mois de 2026, à 370,49 milliards de dirhams, alors que les exportations n’ont progressé que de 5,8 %, à 211,41 milliards. Le déficit commercial s’est ainsi accru de 20,8 %, ce qui constitue un facteur de pression potentielle sur le dirham.
À l’inverse, les entrées de devises liées au tourisme, aux transferts des MRE et aux investissements étrangers apportent un soutien important :
Flux extérieurs à fin mai 2026 | Montant | Évolution annuelle |
Recettes voyages | 53,76 Mds MAD | +14,6 % |
Transferts des MRE | 50,22 Mds MAD | +8,8 % |
Recettes d’IDE | 29,8 Mds MAD | +20 % |
Les recettes touristiques ont permis de dégager un excédent de la balance voyages proche de 40 milliards de dirhams. Ces flux augmentent l’offre de monnaies étrangères sur le marché marocain et compensent partiellement le creusement du déficit commercial.
Enfin, l’EUR/MAD ne fonctionne pas comme une paire totalement flottante. Le dirham est rattaché à un panier composé à 60 % d’euros et à 40 % de dollars américains, avec une bande de fluctuation de ±5 % autour d’un cours central établi par Bank Al-Maghrib. Ce mécanisme tend à limiter les mouvements désordonnés et explique la volatilité relativement faible de la paire.
Un équilibre fragile autour de 10,72 MAD
Entre le 4 juin et le 3 juillet, l’EUR/MAD a enregistré un plus bas intrajournalier à 10,6367 et un plus haut à 10,7679, soit une amplitude d’environ 1,23 %. Après le sommet du 15 juin, la paire est revenue vers 10,68 avant de remonter progressivement au-dessus de 10,70.
Les analyses techniques disponibles au 3 juillet donnent un signal quotidien neutre. Le RSI à 14 séances ressort à 50,34, ce qui traduit un équilibre presque parfait entre acheteurs et vendeurs. Le MACD reste légèrement négatif à -0,009, tandis que l’ATR à 0,0132 confirme une volatilité limitée.
Mesure | Valeur | Lecture |
Dernier cours | 10,7197 | Au centre des niveaux de juin |
MM20 | 10,6951 | Soutien de court terme |
MM50 | 10,7249 | Premier obstacle immédiat |
MM200 | 10,7505 | Seuil majeur de moyen terme |
RSI 14 | 50,34 | Momentum neutre |
MACD | -0,009 | Biais encore légèrement négatif |
Le cours se situe au-dessus des moyennes mobiles à 5, 10 et 20 séances, mais reste légèrement inférieur à la MM50 et à la MM200. Cette configuration explique pourquoi le signal global reste neutre malgré le rebond observé depuis la fin juin.
Niveaux à surveiller
Niveau | Zone | Commentaire |
Résistance | 10,7500 | MM200 et seuil psychologique |
Résistance | 10,7700 | Sommet intrajournalier de juin |
Extension supérieure | 10,8500 | Objectif en cas de franchissement confirmé |
Support | 10,6800 | Pivot testé à plusieurs reprises |
Support | 10,6500 | Zone des creux de juin |
Extension inférieure | 10,5800 | Objectif en cas d’affaiblissement marqué |
La proximité entre la MM200 à 10,7505 et le sommet de juin à 10,7679 renforce la zone de résistance comprise entre 10,75 et 10,77. À l’inverse, les nombreux passages autour de 10,68 et les creux proches de 10,65 en font les principaux soutiens pour juillet.
Les scénarios à privilégier pour le mois à venir
Scénario central : maintien entre 10,68 et 10,77
Le scénario le plus cohérent reste une évolution comprise entre 10,68 et 10,77. Le RSI neutre, le MACD légèrement négatif et la faible amplitude observée en juin ne montrent pas encore de déséquilibre durable.
Dans ce scénario, les replis vers 10,68 pourraient être absorbés, tandis que les mouvements vers 10,75–10,77 rencontreraient des ventes. Le régime de change marocain et les recettes en monnaies étrangères devraient continuer à limiter les variations excessives.
Scénario favorable à l’euro : dépassement de 10,77
Une clôture quotidienne nettement supérieure à 10,77 modifierait la configuration. L’EUR/MAD pourrait alors viser 10,85, puis éventuellement 10,90 au cours du mois.
Ce mouvement deviendrait plus crédible en cas de nouveau message ferme de la BCE, de hausse des prix énergétiques ou d’aggravation des tensions géopolitiques. Une facture pétrolière plus lourde pèserait sur les comptes extérieurs marocains et pourrait réduire le soutien apporté au dirham.
Scénario favorable au dirham : retour sous 10,65
Un passage durable sous 10,65 ouvrirait la voie vers 10,58, puis 10,50. Ce scénario pourrait être favorisé par un reflux supplémentaire de l’inflation européenne, une attitude plus prudente de la BCE ou une accélération des recettes touristiques et des transferts des MRE pendant l’été.
Pour les traders comparant les meilleurs brokers, le spread et la qualité d’exécution sont particulièrement importants sur l’EUR/MAD. Cette paire est moins liquide que les grandes paires internationales et les écarts entre prix d’achat et de vente peuvent s’élargir en dehors des heures actives du marché marocain.
Conclusion : un mois décisif autour de 10,75
L’EUR/MAD aborde juillet dans une configuration équilibrée mais sensible aux décisions de la BCE. Le resserrement monétaire européen apporte un soutien à l’euro, alors que la modération de l’inflation marocaine, les recettes touristiques et les transferts des MRE contribuent à la stabilité du dirham.
La zone 10,75–10,77 constitue le principal seuil du mois. Tant qu’elle n’est pas dépassée, une évolution entre 10,68 et 10,77 reste le scénario dominant. Le franchissement de l’une de ces deux bornes donnerait une indication plus claire sur le prochain mouvement mensuel.
