L’action Stellantis rebondit fortement à la veille de la publication de ses résultats du deuxième trimestre, mais l’incertitude reste élevée autour de la rentabilité, des droits de douane américains et de la consommation de trésorerie. Le titre a gagné 4,20 % le 29 juillet, après une hausse de 2,22 % la veille, portant son cours à 5,289 €.
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Cette publication est importante parce que l’amélioration des volumes doit désormais se traduire dans les résultats. Les investisseurs veulent savoir si la reprise en Amérique du Nord permet de compenser l’impact sur les prix, la hausse des coûts, les tensions commerciales et la faiblesse persistante de certaines marques.
Les actionnaires, les salariés, les fournisseurs automobiles et les investisseurs exposés au CAC 40 sont directement concernés. Stellantis constitue également un indicateur important de l’état de la demande automobile en Europe et aux États-Unis, dans un contexte économique marqué par l’inflation, le coût de la vie, des financements automobiles encore chers et une forte volatilité sectorielle.
Le groupe publiera ses résultats du deuxième trimestre le jeudi 30 juillet 2026. La conférence avec la direction est programmée à 14 heures, heure de Paris.
Le retour des volumes américains soutient les attentes
Le principal élément positif avant la publication vient des livraisons du deuxième trimestre. Stellantis estime avoir expédié près de 1,6 million de véhicules entre avril et juin, soit une hausse de 10 % sur un an. Cette progression a principalement été portée par l’Amérique du Nord et l’Europe élargie.
Les volumes nord-américains ont augmenté de 38 %, à environ 445 000 véhicules. Cette reprise s’explique notamment par l’arrivée ou le renouvellement de plusieurs modèles importants, dont le Ram 1500, le Jeep Grand Wagoneer, le Jeep Cherokee et le Chrysler Pacifica.
En Europe élargie, les expéditions ont progressé de 5 %, à environ 762 000 unités. La demande pour des modèles plus accessibles, tels que la Citroën C3 et la Fiat Panda, a contribué à cette amélioration. Les volumes incluaient également près de 33 000 véhicules issus du partenariat avec Leapmotor.
Stellantis a parallèlement indiqué avoir immatriculé 1,37 million de véhicules dans la région EU30 au premier semestre, soit une progression de 3,8 %. En intégrant Leapmotor International, la croissance atteignait 7,3 %, pour une part de marché combinée de 17,4 %.
Ces chiffres alimentent l’espoir d’un redressement commercial, après plusieurs exercices marqués par la baisse des parts de marché, des stocks trop élevés aux États-Unis et des retards dans le renouvellement des gammes.
La comparaison avec le premier trimestre reste néanmoins exigeante. Stellantis avait enregistré 38,1 milliards d’euros de revenus sur les trois premiers mois de l’année et un résultat opérationnel ajusté proche de 960 millions d’euros. Le flux de trésorerie industriel disponible était resté négatif de 1,9 milliard d’euros, malgré une amélioration de 37 % sur un an.
La trésorerie constituera donc l’un des points les plus surveillés. À la fin du premier trimestre, la liquidité industrielle disponible atteignait encore 44,1 milliards d’euros, mais la direction avait promis une amélioration progressive du flux de trésorerie trimestre après trimestre.
Pour les lecteurs suivant les actualités financières, la question centrale n’est plus seulement de savoir si Stellantis vend davantage de véhicules. Il faut déterminer si ces ventes sont suffisamment rentables et si elles permettent de réduire la consommation de liquidités.
Le rebond replace le titre au-dessus de ses moyennes de référence

L’action Stellantis a clôturé à 5,289 € le 29 juillet, en hausse de 4,20 %, après avoir atteint un plus haut intrajournalier de 5,338 €. Le volume a dépassé 60 millions de titres, contre environ 37 millions la veille, ce qui renforce la crédibilité du rebond précédant la publication.
Depuis son point bas du 9 juillet à 4,591 €, la valeur a progressé d’environ 15,2 %. Elle reste toutefois proche du bas de sa fourchette sur 52 semaines, comprise entre 4,591 € et 10,494 €. Le titre accuse ainsi encore une perte proche de 50 % par rapport à son sommet annuel.
Le RSI à 14 séances, calculé selon la méthode de Wilder à partir des clôtures fournies, ressort autour de 71,2. Il entre légèrement en zone de surachat après les deux fortes hausses enregistrées avant les résultats. Cette lecture ne signifie pas nécessairement qu’une baisse est imminente, mais elle montre que le potentiel de rattrapage à très court terme est déjà en partie intégré.
Le MACD calculé sur le même historique s’établit autour de 0,054, au-dessus de sa ligne de signal proche de 0,040. Le momentum est donc positif, avec un histogramme encore favorable.
Une source de marché consultée quelques jours avant la clôture du 29 juillet situait la moyenne mobile à 50 séances autour de 5,11–5,12 €, et la moyenne mobile à 200 séances autour de 5,07 €. Le cours actuel évolue donc au-dessus de ces deux références. Ces valeurs peuvent légèrement différer après l’intégration des dernières séances.
Niveau | Zone | Interprétation |
Résistance immédiate | 5,338–5,35 € | Plus haut du 29 juillet |
Résistance suivante | 5,50 € | Seuil psychologique et objectif de rebond |
Résistance majeure | 5,75 € | Zone susceptible d’attirer des prises de bénéfices |
Support immédiat | 5,10 € | Proximité des moyennes de référence |
Support principal | 5,00 € | Pivot psychologique de court terme |
Support secondaire | 4,87 € | Point bas du 27 juillet et ancienne zone d’achat |
Le franchissement de 5,338 € confirmerait que les acheteurs conservent la main après la publication. À l’inverse, un retour sous 5,10 € affaiblirait nettement la reprise récente.
Les analyses techniques doivent toutefois être interprétées avec prudence autour d’une publication financière. Un écart important à l’ouverture peut neutraliser temporairement les niveaux intermédiaires et provoquer des mouvements rapides dans les deux directions.
Les scénarios à surveiller au cours de la prochaine semaine
La publication devra confirmer que la croissance des expéditions s’accompagne d’une amélioration des revenus et de la marge opérationnelle. Le marché surveillera en priorité l’Amérique du Nord, qui constitue historiquement la principale source de profits du groupe.
La comparaison sera particulièrement importante avec le premier trimestre, durant lequel Stellantis avait dégagé environ 960 millions d’euros de résultat opérationnel ajusté, tout en consommant 1,9 milliard d’euros de trésorerie industrielle.
Le groupe avait indiqué au début de l’année qu’il anticipait une amélioration de ses revenus, de sa marge opérationnelle ajustée et de sa génération de trésorerie en 2026, avec une performance attendue plus forte au second semestre qu’au premier. Le maintien de cette trajectoire sera déterminant.
Les droits de douane restent une source de pression majeure. Stellantis avait estimé au premier trimestre pouvoir bénéficier d’un allègement d’environ 400 millions d’euros sur certains coûts tarifaires américains, mais l’environnement commercial demeure changeant et difficile à anticiper.
La situation au Moyen-Orient représente un autre facteur d’incertitude. Les expéditions du deuxième trimestre ont reculé dans la région Moyen-Orient et Afrique, principalement en raison du conflit régional. L’Amérique du Sud a également pesé, notamment à cause d’un marché argentin plus faible.
Scénario favorable
Des résultats montrant une amélioration de la marge, une réduction de la consommation de trésorerie et une bonne discipline commerciale en Amérique du Nord pourraient permettre au titre de dépasser 5,35 €.
Une clôture au-dessus de ce seuil ouvrirait la voie vers 5,50 €, puis 5,75 €. Le mouvement serait plus convaincant si les volumes restaient élevés et si la direction confirmait une poursuite du redressement au second semestre.
Dans ce scénario, les signaux de trading resteraient positifs tant que le cours conserverait la zone de 5,10–5,15 €.
Scénario neutre
Des résultats proches des attentes, mais accompagnés de commentaires prudents sur les tarifs douaniers ou la demande, pourraient maintenir l’action entre 5,00 € et 5,50 €.
Le titre pourrait alors connaître une forte volatilité intrajournalière sans dégager de direction durable. La zone de 5,10 € servirait de pivot entre acheteurs et vendeurs.
Scénario défavorable
Une marge décevante, une nouvelle dégradation du flux de trésorerie ou des perspectives prudentes pour l’Amérique du Nord pourraient ramener le titre sous 5,10 €.
Une clôture sous 5,00 € exposerait ensuite 4,87 €, puis le plus bas annuel de 4,591 €. La perte de cette dernière zone signalerait une reprise de la tendance négative de fond.
Les utilisateurs des meilleurs brokers devront prendre en compte le risque de glissement, d’élargissement des écarts de cotation et d’exécution à un prix différent de celui attendu au moment de l’ouverture.
Une valorisation faible qui reflète des risques élevés
Sur la base d’une estimation de bénéfice par action 2026 d’environ 1,21 €, le cours de 5,289 € correspond à un ratio cours sur bénéfices prévisionnel proche de 4,4 fois. Cette estimation de bénéfice a cependant été fortement révisée au cours des derniers mois et reste entourée d’une incertitude importante.
Le consensus de 24 analystes recensé par une autre source fait ressortir un objectif moyen à douze mois d’environ 6,95 €, avec une fourchette extrêmement large comprise entre 4 € et 12,50 €. Cette dispersion illustre le manque de visibilité sur la normalisation des profits.
La valorisation paraît basse par rapport aux multiples historiques du marché, mais elle intègre des risques spécifiques : rentabilité nord-américaine, transition énergétique, concurrence chinoise, coûts sociaux, tarifs douaniers et faiblesse de certaines marques.
Une comparaison sectorielle précise n’est pas retenue, car les écarts de méthodes comptables et de prévisions entre constructeurs rendent les moyennes disponibles insuffisamment homogènes.
Points clés pour les traders
Les expéditions mondiales ont progressé de 10 % au deuxième trimestre, avec une hausse de 38 % en Amérique du Nord.
Le flux de trésorerie industriel était encore négatif de 1,9 milliard d’euros au premier trimestre.
Le RSI proche de 71 traduit un momentum fort, mais également un risque de prises de bénéfices.
Le seuil de 5,35 € constitue la première résistance à franchir après les résultats.
Le maintien au-dessus de 5,10 € préserverait le scénario de reprise vers 5,50 €, puis 5,75 €.
Une clôture sous 5,00 € augmenterait le risque d’un retour vers 4,87 €, puis 4,591 €.
Conclusion
Stellantis aborde ses résultats avec un signal commercial encourageant : les expéditions ont nettement progressé, notamment en Amérique du Nord, et le cours a rebondi avec des volumes importants. Cette amélioration doit maintenant se traduire dans la marge et dans la génération de trésorerie.
Le marché ne se contentera probablement pas d’une hausse des ventes. Il cherchera des preuves que le redressement américain est rentable, que les coûts tarifaires restent maîtrisables et que la consommation de liquidités diminue.
Au cours de la prochaine semaine, 5,35 € constituera le principal seuil positif. Son franchissement pourrait prolonger le mouvement vers 5,50 €, puis 5,75 €. À l’opposé, un retour sous 5,10 €, puis sous 5,00 €, indiquerait que les préoccupations du marché restent dominantes malgré la reprise des volumes.