L’action Alphabet évolue autour de 355 $ après plusieurs séances agitées, prise entre deux forces contraires : des résultats trimestriels solides, portés par Google Cloud et l’intelligence artificielle, et de nouvelles inquiétudes liées aux dépenses d’investissement ainsi qu’à la réorganisation de Google DeepMind. Le marché tente désormais de déterminer si la croissance accélérée de l’IA compense suffisamment les coûts engagés pour maintenir Google au premier rang de cette course.
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L’enjeu est important pour l’ensemble du Nasdaq, car Alphabet fait partie de ses plus grandes capitalisations et reste très exposée aux anticipations de croissance technologique. Les investisseurs qui suivent le titre via les meilleurs brokers doivent aussi composer avec un contexte économique sensible aux taux américains, tandis que les contraintes réglementaires en Europe continuent de peser sur la visibilité à moyen terme.
Google Cloud soutient les résultats, mais les dépenses et DeepMind inquiètent
Alphabet a publié le 22 juillet des résultats particulièrement solides pour le deuxième trimestre 2026. Le chiffre d’affaires a progressé de 24 % sur un an à 119,8 milliards de dollars, tandis que le résultat opérationnel a augmenté de 30 %, avec une marge opérationnelle portée à 34 %. Google Services a généré 94,5 milliards de dollars de revenus, soit une hausse de 15 %, grâce notamment à la progression de Search et de YouTube.
La véritable accélération est toutefois venue de Google Cloud. Les revenus de la division ont bondi de 82 % sur un an à 24,8 milliards de dollars, soutenus par la demande en infrastructures d’IA et en solutions d’intelligence artificielle pour les entreprises. Gemini Enterprise est désormais utilisé par près de 90 % des entreprises du Fortune 100, tandis que l’application Gemini atteint 950 millions d’utilisateurs actifs mensuels selon Alphabet.
La croissance s’accompagne cependant d’un coût considérable. Reuters indique qu’Alphabet a enregistré un cash burn de 5,9 milliards de dollars au deuxième trimestre et relevé de 15 milliards de dollars ses prévisions de dépenses pour 2026. Cette hausse des investissements dans les infrastructures d’IA a ravivé le débat sur la vitesse de retour sur capital des grands groupes technologiques.
Cette préoccupation explique en partie les mouvements très brusques observés en juillet. Selon l’historique fourni, Alphabet a chuté de 7,13 % le 23 juillet à 317,69 $, avant de rebondir jusqu’à 377,65 $ le 4 août. La hausse entre ces deux points atteint près de 18,9 %.
Le sentiment s’est ensuite détérioré avec une nouvelle source d’incertitude : la direction de Google DeepMind. Le 5 août, Google a annoncé que Demis Hassabis quittait la gestion quotidienne de DeepMind pour devenir Chief Scientist d’Alphabet et président de DeepMind. Koray Kavukcuoglu reprend les responsabilités opérationnelles, tandis que plusieurs figures importantes de l’IA, dont Jeff Dean, ont quitté Google pour lancer une nouvelle entreprise. L’action Alphabet a reculé d’environ 4 % après l’annonce.
Cette réorganisation intervient alors que le lancement du modèle phare de nouvelle génération de Gemini a pris du retard et que la concurrence avec OpenAI et Anthropic s’intensifie. Alphabet dispose toujours d’un vaste réservoir de talents et d’une infrastructure technologique majeure, mais ces départs alimentent les préoccupations du marché quant à la capacité du groupe à conserver son avance scientifique.
Les contraintes réglementaires restent également présentes. En juillet, la Commission européenne a imposé à Google de faciliter l’accès de certains concurrents de l’IA à des fonctionnalités Android et de partager certaines données liées à la recherche afin de respecter le Digital Markets Act. Plusieurs mesures doivent entrer en vigueur à partir de 2027.
Ces développements placent Alphabet au cœur des actualités financières technologiques cette semaine.
Le titre défend une zone charnière autour de 353 dollars

À 19h47 le 10 août dans les données fournies, Alphabet Class A évolue autour de 354,60 $, pratiquement stable sur la séance. Le plus bas du jour se situe à 352,78 $ et le plus haut à 357,14 $.
Les analyses techniques disponibles le 10 août mettent en évidence un affaiblissement du momentum à court terme. Investing.com affiche un RSI à 14 jours de 36,101 et un MACD de -2,270, deux lectures qui traduisent une pression vendeuse persistante après le recul observé depuis le sommet du 4 août.
La moyenne mobile à 50 jours se situe à 361,65 $, tandis que la moyenne mobile à 200 jours ressort à 352,88 $. Alphabet se trouve donc coincée entre ces deux références : légèrement au-dessus de la MM200, mais toujours sous la MM50.
Cette configuration rend la zone 352–353 $ particulièrement importante. Elle correspond à la fois au plus bas de la séance du 10 août et à la moyenne mobile à 200 jours. Une stabilisation au-dessus de cette région préserverait la possibilité d’un rebond vers la zone 359–365 $.
Niveau | Zone | Lecture |
Résistance majeure | 365 $ | Seuil supérieur de court terme |
Résistance immédiate | 358,90 $ | Plus haut du 7 août |
MM50 | 361,65 $ | Première référence dynamique supérieure |
Support immédiat | 352,80 $ | Plus bas du 10 août et proximité MM200 |
Support secondaire | 340 $ | Zone intermédiaire travaillée fin juillet |
MM200 | 352,88 $ | Référence de long terme |
La volatilité récente est élevée. Le titre est passé de 377,65 $ le 4 août à 354,60 $ le 10 août, soit un repli d’un peu plus de 6 % en quelques séances.
La zone 358,90–365 $ constitue maintenant la principale barrière supérieure. De l’autre côté, une perte de 352,80 $ rendrait la structure plus fragile et remettrait progressivement la zone des 340 $ au centre de l’attention.
Quels scénarios pour Alphabet au cours de la semaine ?
À l’horizon d’une semaine, la capacité du titre à préserver 352–353 $ devrait être déterminante.
Dans un scénario de stabilisation, un retour au-dessus de 358,90 $, puis de la MM50 située à 361,65 $, améliorerait nettement le momentum. Le marché pourrait alors viser 365 $, puis 377–380 $, zone correspondant aux sommets du début du mois d’août.
Ce scénario bénéficierait du soutien fondamental apporté par Google Cloud. Une croissance de 82 % du chiffre d’affaires trimestriel de cette activité montre qu’Alphabet commence à monétiser efficacement la demande d’infrastructures IA. Search reste également solide, avec des revenus en hausse de 17 % sur un an au deuxième trimestre.
À l’inverse, une clôture nette sous 352–353 $ fournirait des signaux de trading plus défensifs. Le titre pourrait alors revenir vers 340 $, puis 333–334 $, avant éventuellement la zone 318–320 $ observée après les résultats.
Le principal risque macroéconomique de la semaine viendra également des statistiques d’inflation américaines. Une remontée des rendements obligataires exercerait probablement une pression supplémentaire sur les grandes valeurs technologiques, tandis qu’un environnement de taux plus favorable pourrait soutenir leur valorisation.
Le risque propre à Alphabet reste cependant concentré autour de deux sujets : le montant des investissements en IA et la capacité de Google à maintenir son leadership dans les modèles Gemini après les récents départs chez DeepMind.
Points clés pour les traders
La zone 352–353 $ constitue le support central de la semaine, renforcé par la MM200 située à 352,88 $.
Un retour au-dessus de 358,90 $, puis 361,65 $, améliorerait la dynamique et remettrait 365 $ en ligne de mire.
Le RSI à 36,101 et le MACD à -2,270 montrent que le momentum reste fragile malgré la stabilisation récente.
Une valorisation relativement modérée malgré la hausse de l’IA
Au cours d’environ 354,83 $ relevé le 10 août, Alphabet affiche une capitalisation proche de 4 339 milliards de dollars et un ratio cours/bénéfice d’environ 17,8 fois les bénéfices.
Cette valorisation reste relativement contenue au regard de la croissance affichée par Google Cloud et des perspectives de l’IA, mais elle doit être mise en balance avec l’augmentation très rapide des dépenses d’investissement et les risques réglementaires.
Le niveau de bénéfice du deuxième trimestre a par ailleurs bénéficié d’un gain exceptionnel de 98 milliards de dollars lié principalement à des plus-values latentes sur des participations financières. Le bénéfice net trimestriel de 112,1 milliards de dollars ne doit donc pas être interprété comme un niveau de rentabilité opérationnelle normalisé.
Conclusion : 353 dollars devient le niveau à défendre cette semaine
Alphabet se trouve dans une configuration plus fragile qu’au début du mois. Le groupe continue d’afficher des fondamentaux solides, avec une croissance de 24 % de son chiffre d’affaires et une accélération spectaculaire de Google Cloud, mais la perception des investisseurs a changé face à l’explosion des investissements dans l’IA et aux bouleversements chez DeepMind.
Pour cette semaine, trois zones ressortent clairement : 352–353 $ comme support principal, 358,90–365 $ comme première zone de reprise et 340 $ comme niveau de repli en cas de nouvelle pression vendeuse.
La dynamique de fond dépendra toujours de la capacité de Google à convertir ses investissements dans Gemini et le Cloud en croissance durable. À très court terme, toutefois, la réaction du titre autour de sa MM200 devrait fournir l’indication la plus utile sur la prochaine impulsion.
Le graphique ci-dessous reprend exclusivement votre historique de clôtures du 10 juillet au 10 août. Les valeurs RSI, MACD, MM50 et MM200 correspondent aux données techniques consultées le 10 août.