L’action STMicroelectronics a rebondi d’environ 8,5 % sur une semaine, mais cette reprise intervient après une chute brutale provoquée par des résultats trimestriels jugés insuffisants. Le titre clôture le 5 août à 46,03 euros, en baisse de 1,84 % sur la séance.
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Ce mouvement est important, car le marché tente désormais de déterminer si la demande liée aux centres de données et aux satellites peut compenser la faiblesse persistante des semi-conducteurs automobiles et industriels. L’impact concerne également le secteur technologique européen, dont STMicroelectronics reste l’une des principales valeurs cotées.
Les actionnaires, les investisseurs exposés au CAC 40 et les lecteurs des actualités du trading sont directement concernés. Le potentiel de reprise existe, mais le titre reste confronté à une forte volatilité, à une valorisation élevée et à une résistance majeure proche de 53 euros.
Le titre rebondit après la chute du 23 juillet
STMicroelectronics a commencé la période observée à 63,36 euros le 6 juillet. L’action a ensuite reculé progressivement, avant de subir une baisse de 17,72 % le 23 juillet, à 47,94 euros.
Cette chute a suivi la publication des résultats du deuxième trimestre. Le groupe a enregistré 3,49 milliards de dollars de revenus, soit une hausse de 26 % sur un an et un niveau légèrement supérieur aux attentes. Le bénéfice net a atteint 222 millions de dollars, contre une perte l’année précédente. Le marché s’est toutefois concentré sur un EBITDA inférieur aux prévisions et sur des perspectives de troisième trimestre légèrement décevantes.
STMicroelectronics prévoit environ 3,70 milliards de dollars de chiffre d’affaires au troisième trimestre, avec une marge d’incertitude de 3,5 %. Le consensus cité par Reuters se situait autour de 3,72 milliards, ce qui a suffi à provoquer une forte déception après la progression spectaculaire du titre depuis le début de l’année.
L’action a poursuivi sa baisse jusqu’à 42,90 euros le 29 juillet, puis a repris 6,36 % le lendemain. Elle est remontée à 46,89 euros le 4 août avant de terminer à 46,03 euros le 5 août.
Entre la clôture du 29 juillet et celle du 5 août, le rebond atteint environ 7,3 %. La hausse hebdomadaire de 8,54 % indiquée par la plateforme peut provenir d’un autre horaire de référence ou d’un calcul glissant réalisé avant la clôture définitive.
Malgré le rebond, le titre reste inférieur de plus de 27 % à son niveau du 6 juillet. La reprise actuelle correspond donc davantage à un rattrapage après une correction excessive qu’à un retour complet vers les sommets du mois précédent.
Le titre doit confirmer au-dessus de 48 euros

Les dernières analyses techniques quotidiennes donnent un RSI à 14 périodes de 46,823. Cette valeur est neutre et montre que la pression vendeuse s’est atténuée, sans que les acheteurs aient encore repris un avantage net.
Le MACD à 12 et 26 périodes ressort à +0,180, ce qui représente un signal légèrement favorable. La moyenne mobile à cinq jours se situe cependant à 46,43 euros, légèrement au-dessus de la clôture du 5 août.
La moyenne mobile simple à 50 jours s’établit à 45,69 euros. Le titre évolue juste au-dessus de ce niveau, qui constitue le premier pivot du rebond. La moyenne mobile à 200 jours reste beaucoup plus élevée, à 53,07 euros, et conserve un signal négatif de long terme.
Le résumé quotidien demeure orienté vers une forte pression vendeuse : quatre moyennes mobiles sont favorables contre huit défavorables, tandis que neuf indicateurs techniques sur neuf sont classés vendeurs par la source. Cette lecture contraste avec le MACD positif et souligne la fragilité de la reprise.
Niveau | Zone | Commentaire |
Résistance majeure | 53,00 € | Proximité de la MM200 et ancien support |
Résistance immédiate | 48,00 € | Zone testée après la chute du 23 juillet |
Pivot journalier | 46,12 € | Niveau central calculé par la méthode classique |
MM50 jours | 45,69 € | Premier support dynamique du rebond |
Support principal | 44,00 € | Zone défendue début août |
Support secondaire | 42,50 € | Proximité du plus bas récent |
Support inférieur | 40,00 € | Seuil psychologique en cas de nouvelle correction |
Le premier obstacle se situe entre 47,40 et 48 euros. Une clôture confirmée au-dessus de cette zone permettrait d’envisager une progression vers 50 euros, puis vers la MM200 proche de 53,07 euros.
À l’inverse, un retour sous 45,69 euros fragiliserait immédiatement le rebond. Une baisse sous 44 euros exposerait le creux de 42,90 euros, puis la zone de 40 euros.
L’intelligence artificielle soutient les perspectives de fin d’année
Le principal argument favorable réside dans les centres de données liés à l’intelligence artificielle. STMicroelectronics a relevé son objectif de chiffre d’affaires annuel dans ce domaine à environ 1 milliard de dollars pour 2026, contre une prévision précédente supérieure à 500 millions. Le groupe estime que cette activité pourrait dépasser 2 milliards de dollars en 2027.
La société bénéficie notamment de la demande en photonique sur silicium, en solutions d’alimentation et en composants utilisés pour connecter les processeurs dans les centres de données. STMicroelectronics envisage même une nouvelle extension de son site de Crolles afin de répondre à la progression des besoins dans les interconnexions optiques.
Le groupe est également exposé aux communications par satellites en orbite basse. La direction prévoit plus de 3 milliards de dollars de revenus liés au spatial entre 2026 et 2028, hors éventuelle demande future provenant de centres de données installés dans l’espace.
Ces activités devraient soutenir une accélération au quatrième trimestre. La direction prévoit un chiffre d’affaires supérieur à 4 milliards de dollars sur cette période, grâce aux centres de données et aux communications satellitaires.
Cette visibilité ne fait cependant pas disparaître les risques. Le segment automobile et les marchés industriels restent affectés par une reprise lente après plusieurs trimestres de déstockage. Les clients avaient accumulé d’importants volumes de composants après la pandémie, puis réduit leurs commandes lorsque la demande finale s’est affaiblie.
Les résultats du deuxième trimestre ont aussi été pénalisés par des dépréciations, des coûts de restructuration, l’arrêt de certaines activités et des effets comptables liés à l’acquisition de l’activité capteurs MEMS de NXP.
Quels scénarios surveiller pendant les prochaines semaines ?
L’horizon adapté à cette actualité exceptionnelle est celui des deux à quatre prochaines semaines. Le scénario central repose sur une évolution comprise entre 44 et 53 euros, avec des mouvements potentiellement rapides autour des valeurs technologiques.
Scénario de poursuite vers 53 euros
Une clôture journalière puis hebdomadaire au-dessus de 48 euros confirmerait l’amélioration du momentum.
Le titre pourrait alors viser 50 euros, puis la MM200 à 53,07 euros. Une reprise durable au-dessus de cette moyenne ouvrirait la voie vers 56 puis 58 euros.
Ce scénario serait soutenu par de nouvelles annonces concernant les centres de données, les contrats satellitaires ou une amélioration du sentiment général envers les semi-conducteurs.
Le secteur bénéficie encore d’investissements massifs dans l’intelligence artificielle, même si les investisseurs deviennent plus exigeants quant à la rentabilité réelle de ces dépenses. Les valeurs mondiales des semi-conducteurs ont encore progressé début août, mais certaines publications ont aussi provoqué de fortes sanctions lorsque les résultats ne justifiaient pas les valorisations.
Scénario de stabilisation entre 44 et 48 euros
Le titre pourrait rester plusieurs semaines dans cette zone après sa chute de juillet.
Une telle évolution permettrait au marché d’évaluer plus calmement les perspectives du troisième trimestre et la crédibilité de l’objectif supérieur à 4 milliards de dollars pour le quatrième trimestre.
Le niveau de 45,69 euros, correspondant à la MM50, serait alors déterminant. Un maintien au-dessus préserverait le rebond, tandis que 48 euros continuerait de limiter les reprises.
Scénario de baisse vers 40 euros
Une clôture sous 44 euros augmenterait le risque d’un retour vers 42,50 puis 40 euros.
Ce scénario pourrait être déclenché par une nouvelle déception sur l’automobile, un ralentissement des investissements dans l’intelligence artificielle ou une correction générale du secteur technologique.
Sous 40 euros, le titre pourrait revenir vers 36 euros. Une telle baisse remettrait nettement en cause le rebond observé depuis la fin juillet.
Évaluation de STMicroelectronics
La valorisation reste élevée malgré la correction. Le PER prospectif de l’ADR coté aux États-Unis se situait autour de 38 fois les bénéfices attendus au début du mois d’août, contre une médiane sectorielle proche de 30 fois selon la source utilisée. Cette comparaison est indicative, car le cours en dollars et la structure de l’ADR diffèrent légèrement de l’action parisienne.
Cette prime reflète l’optimisme concernant les centres de données, la photonique sur silicium et les satellites. Elle laisse toutefois peu de place à de nouvelles déceptions sur les marges ou les perspectives de chiffre d’affaires.
Le consensus de 20 analystes reste orienté à l’achat, avec 13 recommandations positives et huit avis de conservation. L’objectif moyen à douze mois ressort à environ 65,14 euros, avec une fourchette particulièrement large comprise entre environ 29 et 84 euros. Cette dispersion traduit une incertitude élevée sur la vitesse du redressement.
Points clés pour les traders
Le rebond reste constructif tant que le titre conserve la MM50 à 45,69 euros.
Le RSI à 46,823 reste neutre et ne confirme pas encore une domination claire des acheteurs.
Le MACD positif signale une amélioration, mais le résumé quotidien demeure globalement vendeur.
Un dépassement de 48 euros ouvrirait la voie à 50 puis 53,07 euros.
Une baisse sous 44 euros exposerait 42,50 puis 40 euros.
Les centres de données, les satellites, l’automobile et les marges du troisième trimestre resteront les principaux catalyseurs.
Les signaux de trading restent partagés : amélioration de court terme, mais tendance longue encore fragilisée sous la MM200.
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Conclusion
STMicroelectronics rebondit après une correction particulièrement violente, mais la reprise reste incomplète. Le titre évolue juste au-dessus de sa moyenne à 50 jours, tandis que sa moyenne à 200 jours reste située beaucoup plus haut, autour de 53 euros.
La résistance de 48 euros constitue le prochain test. Son dépassement permettrait d’envisager une progression vers 50 puis 53 euros. À l’inverse, une baisse sous 44 euros ramènerait le risque vers 42,50 puis 40 euros.
Les fondamentaux sont partagés : la demande liée à l’intelligence artificielle et aux satellites offre un relais de croissance puissant, mais l’automobile, l’industrie et les coûts de restructuration continuent de peser. Le titre reste donc adapté à une approche prudente, avec une attention particulière portée aux niveaux de 44, 48 et 53 euros.