L’argent reste sous pression au début du mois d’août, après avoir perdu près de 8 % depuis le début de juillet. Le métal évolue autour de 57,47 dollars l’once, loin du sommet de 62,43 dollars enregistré au début de la période observée.
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Cette baisse est importante parce que le cours de l’argent dépend à la fois de son statut de valeur refuge et de son utilisation industrielle. Une politique monétaire durablement restrictive pèse sur les métaux sans rendement, tandis que les besoins des secteurs de l’électronique, de l’automobile, des centres de données et de l’énergie solaire soutiennent la demande physique.
Les investisseurs, les fabricants de composants, les producteurs d’équipements photovoltaïques et les lecteurs des actualités financières sont directement concernés. Le marché reste partagé entre des fondamentaux physiques encore tendus et un environnement économique marqué par l’inflation, les rendements obligataires élevés et une forte volatilité.
Le rebond de fin juillet n’a pas effacé la correction mensuelle
Le XAG/USD a commencé la période à 62,4250 dollars le 3 juillet. Après un passage au-dessus de 63 dollars en séance le 6 juillet, le métal a subi plusieurs journées de baisse et est revenu à 58,32 dollars dès le 8 juillet.
La correction s’est prolongée au milieu du mois. L’argent a atteint un creux de clôture à 55,53 dollars le 16 juillet, avant de rebondir vers 59,73 dollars le 22 juillet. Ce mouvement n’a toutefois pas permis une reprise durable au-dessus de 60 dollars.
La fin du mois a été particulièrement volatile. Le cours a progressé de 2,33 % le 30 juillet, puis reculé de 2,29 % le lendemain. Après un rebond à 58,3095 dollars le 2 août, il a terminé le 3 août à 57,4735 dollars.
Entre le 3 juillet et le 3 août, le recul atteint ainsi environ 7,93 %. L’amplitude intrajournalière a dépassé 7 dollars entre le sommet du 6 juillet et le creux du 16 juillet, ce qui illustre l’instabilité actuelle du marché.
Cette volatilité intervient après une année exceptionnelle. L’argent avait dépassé 100 dollars en janvier 2026, avant de subir une correction majeure. Les analystes interrogés par Reuters anticipent désormais un prix moyen proche de 72 dollars en 2026, contre une estimation de 78 dollars trois mois auparavant. La révision reflète principalement les inquiétudes sur l’activité industrielle et la demande du secteur solaire.
Le métal reste néanmoins soutenu par un déficit physique structurel. Le Silver Institute prévoit que le marché mondial enregistrera en 2026 son sixième déficit annuel consécutif, estimé à 67 millions d’onces. L’offre totale progresserait de 1,5 % à 1,05 milliard d’onces, sans suffire à couvrir la demande.
Le marché reste fragile sous 58,50 dollars

À 57,4735 dollars le 3 août, l’argent évolue sous ses principales moyennes mobiles quotidiennes.
Les dernières analyses techniques disponibles donnent un RSI à 14 périodes de 41,069. Cette valeur traduit un momentum négatif, mais sans situation de survente extrême. Le MACD à 12 et 26 périodes ressort à −0,239, avec un signal vendeur.
La moyenne mobile simple à 50 jours se situe à 58,416 dollars, tandis que la moyenne à 200 jours ressort à 58,509 dollars. Le cours évolue sous ces deux références, qui forment une zone de résistance particulièrement importante entre 58,40 et 58,55 dollars.
Le résumé quotidien reste orienté vers une forte pression vendeuse. Onze des douze principales moyennes mobiles affichent un signal négatif et neuf indicateurs sur onze sont vendeurs. Seule la MM5 simple conserve un signal favorable.
Niveau | Zone | Commentaire |
Résistance majeure | 61,00 $ | Ancienne zone de soutien devenue obstacle |
Résistance principale | 59,30 $ | Sommets testés à plusieurs reprises fin juillet |
MM200 jours | 58,509 $ | Référence de tendance à long terme |
MM50 jours | 58,416 $ | Première barrière dynamique |
Dernier cours | 57,4735 $ | Niveau observé le 3 août |
Support principal | 56,50 $ | Proximité des creux récents |
Support secondaire | 55,50 $ | Creux de clôture du 16 juillet |
Support inférieur | 54,75 $ | Plus bas intrajournalier de la période |
Le premier défi consiste à reconquérir la zone comprise entre 58,40 et 58,55 dollars. Un retour au-dessus de ces moyennes permettrait de viser 59,30, puis 61 dollars.
À l’inverse, une clôture sous 56,50 dollars renforcerait la pression et exposerait 55,50 dollars. La perte de ce niveau pourrait conduire vers 54,75 dollars, puis éventuellement vers 52 dollars.
La Fed et les taux réels restent le principal obstacle
La Réserve fédérale a maintenu le 29 juillet son taux directeur entre 3,50 % et 3,75 %. Trois membres du comité ont voté en faveur d’une hausse de 25 points de base, signe que les préoccupations inflationnistes restent fortes.
La Fed estime que l’activité économique américaine demeure solide, mais que l’inflation reste supérieure à son objectif de 2 %, notamment en raison des chocs d’offre et de la hausse des coûts énergétiques. Cette position augmente le risque de taux élevés plus longtemps, ce qui tend à peser sur les métaux précieux sans rendement.
Le 3 août, les métaux précieux ont également été affectés par les incertitudes concernant la politique monétaire et les tensions au Moyen-Orient. L’argent au comptant a reculé de 0,8 % vers 57,18 dollars, tandis que les investisseurs attendaient de nouvelles statistiques américaines sur l’emploi pour évaluer la trajectoire des taux.
Une hausse durable des rendements obligataires ou du dollar constituerait donc un risque supplémentaire. À l’inverse, des données économiques plus faibles ou un reflux de l’inflation pourraient réduire les anticipations de resserrement et soutenir un rebond.
Le déficit mondial limite le potentiel de baisse
La demande mondiale d’argent devrait rester globalement stable en 2026. Le Silver Institute prévoit une hausse de 20 % de l’investissement physique, à 227 millions d’onces, son meilleur niveau depuis trois ans. Cette progression compenserait en partie la faiblesse de la bijouterie et de certains usages industriels.
La fabrication industrielle devrait néanmoins reculer de 2 %, à environ 650 millions d’onces. La diminution est principalement attribuée au secteur photovoltaïque, où les fabricants réduisent la quantité d’argent utilisée par cellule et développent des solutions de substitution.
Cette faiblesse ne concerne pas tous les usages. Les centres de données, l’intelligence artificielle, l’électronique automobile et les véhicules électriques continuent de soutenir la consommation d’argent dans les applications électriques.
L’offre minière devrait progresser d’environ 1 % à 820 millions d’onces, tandis que le recyclage augmenterait de 7 % et dépasserait 200 millions d’onces. Malgré ces hausses, le marché devra encore puiser dans les stocks disponibles au-dessus du sol pour équilibrer l’offre et la demande.
L’Inde constitue également un facteur important. Les restrictions imposées sur les importations ont provoqué une forte diminution des volumes entrants et une hausse des primes domestiques. Les importations de mai sont tombées à 46,8 tonnes, contre 534,3 tonnes un an plus tôt.
Quels scénarios surveiller pendant le mois d’août ?
Le scénario central repose sur une évolution comprise entre 55,50 et 59,30 dollars. La configuration de court terme reste fragile, mais le déficit mondial et la demande d’investissement limitent le risque d’un effondrement immédiat.
Scénario de reprise vers 61 dollars
Une clôture au-dessus de 58,50 dollars améliorerait la configuration et permettrait de tester 59,30 dollars. Le franchissement de ce second niveau ouvrirait la voie à 60, puis 61 dollars.
Ce scénario pourrait être soutenu par un recul du dollar, une détente des rendements obligataires ou des statistiques américaines réduisant la probabilité d’une hausse des taux.
Au-dessus de 61 dollars, la prochaine zone importante se situerait autour de 62,40 à 63,30 dollars.
Scénario de stabilisation entre 56,50 et 59,30 dollars
L’argent pourrait rester plusieurs semaines dans cette zone, le temps que les investisseurs évaluent les prochaines statistiques d’inflation et d’emploi.
Un tel mouvement serait cohérent avec un RSI proche de 41 et un MACD négatif, mais sans accélération vendeuse extrême. Les prix resteraient alors soutenus par le déficit physique tout en étant limités par la Fed et la faiblesse de certains débouchés industriels.
Scénario de baisse vers 52 dollars
Une clôture sous 56,50 dollars augmenterait le risque d’un retour vers 55,50 puis 54,75 dollars.
La perte de 54,75 dollars ouvrirait ensuite une zone de baisse vers 52 dollars, voire 50 dollars en cas de forte remontée du dollar ou des rendements américains.
Ce scénario deviendrait plus probable si les statistiques économiques américaines restaient solides et si les marchés renforçaient leurs anticipations d’une nouvelle hausse des taux.
Points clés pour les traders
L’argent reste sous pression tant qu’il évolue sous les MM50 et MM200 proches de 58,50 dollars.
Le RSI à 41,069 traduit un momentum négatif sans signal de survente extrême.
Le MACD à −0,239 confirme l’avantage actuel des vendeurs.
Une clôture au-dessus de 59,30 dollars ouvrirait la voie à 61 dollars.
Une baisse sous 56,50 dollars exposerait 55,50 puis 54,75 dollars.
Les décisions de la Fed, le dollar, les taux réels et les statistiques d’emploi resteront les principaux catalyseurs.
Parmi les matières premières, l’argent conserve une sensibilité particulière aux cycles industriels et aux mouvements des métaux précieux.
La sélection des meilleurs brokers doit tenir compte des spreads, des horaires de cotation, des frais de financement et du produit utilisé pour s’exposer au métal.
Conclusion
L’argent aborde le mois d’août dans une configuration affaiblie. Le cours évolue sous ses moyennes à 50 et 200 jours, avec un RSI inférieur à 50 et un MACD négatif.
La zone de 58,40 à 58,55 dollars constitue le premier obstacle. Une reprise au-dessus de ce seuil permettrait de viser 59,30 puis 61 dollars. À l’inverse, une baisse sous 56,50 dollars exposerait les supports de 55,50 et 54,75 dollars.
Le marché reste néanmoins soutenu par un déficit mondial attendu pour la sixième année consécutive et par la reprise de l’investissement physique. L’équilibre du mois dépendra donc principalement de la politique monétaire américaine, de la trajectoire du dollar et de la capacité de la demande industrielle à résister au ralentissement économique.