Le cours de l’or vient de subir un violent retour de pression. Après avoir approché 4 700 dollars l’once en début de semaine, le métal précieux a terminé vendredi à 4 455,15 dollars selon les données fournies, avec une chute quotidienne de 3,18 %. Ce retournement intervient alors que la Réserve fédérale américaine réaffirme sa détermination à combattre une inflation encore trop élevée.
Les meilleurs courtiers Forex en ligne
L’enjeu dépasse largement le seul marché des métaux précieux. Des taux américains durablement élevés augmentent le rendement des obligations et peuvent renforcer le dollar, deux facteurs généralement défavorables à l’or, qui ne verse aucun intérêt. À l’inverse, l’incertitude géopolitique, les tensions sur les marchés obligataires et les inquiétudes entourant la politique budgétaire américaine continuent d’alimenter la demande pour les actifs refuges.
Les investisseurs, les particuliers exposés aux matières premières et les traders vont donc suivre une semaine particulièrement chargée. La publication vendredi du rapport américain sur l’emploi pourrait modifier à nouveau les anticipations de taux et provoquer une forte volatilité sur le métal jaune.
D’un sommet de trois mois à une correction brutale
Le mois d’août a d’abord été marqué par une progression spectaculaire du cours de l'or. D’après l’historique fourni, l’once valait 4 103,58 dollars le 30 juillet avant d’atteindre une clôture de 4 658,59 dollars le 25 août, soit une appréciation d’environ 13,5 %.
Le mouvement s’est accéléré à plusieurs reprises. L’or a gagné 4,15 % le 5 août, puis 4,34 % le 19 août. Le 25 août, son plus haut intrajournalier a atteint 4 697,66 dollars.
Reuters signalait alors que l’or venait d’atteindre son niveau le plus élevé depuis plus de trois mois. Plusieurs facteurs alimentaient les achats : faiblesse du dollar, tensions géopolitiques avec l’Iran, inquiétudes sur le marché obligataire américain et attentes entourant la politique monétaire. Les importations nettes d’or de la Chine via Hong Kong avaient également augmenté de 11 % en juillet par rapport au mois précédent.
La situation a commencé à changer mercredi. L’indice PCE américain a progressé de 3,7 % sur un an en juillet, légèrement davantage que les 3,6 % attendus, tandis que le PCE sous-jacent est resté à 3,3 %. L’inflation demeure ainsi très supérieure à l’objectif de 2 % de la Fed. Le dollar a progressé après la publication et l’or a commencé à perdre du terrain.
Le principal choc est toutefois intervenu vendredi à Jackson Hole. Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, a indiqué que la banque centrale aurait encore du travail à accomplir si elle n’obtenait pas suffisamment de garanties concernant le retour de l’inflation vers 2 %. Les investisseurs ont interprété ses propos comme un signal ouvrant davantage la porte à une hausse des taux.
Dimanche, les marchés attribuaient environ 56 à 57 % de probabilité à un relèvement des taux américains en septembre, contre environ 35 % avant l'intervention de Warsh.
Cette réévaluation a poussé les rendements obligataires à la hausse et pesé sur l’or. Les contrats à terme ont enregistré leur plus forte baisse hebdomadaire depuis la fin juin, interrompant une série de trois semaines de progression.
Pour les actualités financières, la question centrale est désormais de savoir si les prochains chiffres américains confirmeront le scénario d’un resserrement monétaire ou obligeront le marché à revoir une nouvelle fois ses anticipations.
Le passage sous les moyennes mobiles dégrade la configuration

La clôture à 4 455,15 dollars du 28 août place désormais le marché dans une configuration très différente de celle observée quelques jours auparavant.
Les données techniques publiées par Investing.com à 20h58 GMT vendredi donnent un RSI à 14 périodes de 21,623. Un niveau inférieur à 30 caractérise généralement une situation de survente. La baisse a donc été particulièrement rapide, ce qui augmente la possibilité de rebonds ponctuels sans pour autant invalider la pression vendeuse.
Le MACD (12,26) ressort parallèlement à -36,14, avec un signal de vente. Les moyennes mobiles disponibles renforcent cette lecture : la MM50 simple se situe à 4 585,26 dollars et la MM200 à 4 554,77 dollars, toutes deux au-dessus de la dernière cotation.
Les analyses techniques publiées par Investing.com donnaient ainsi vendredi un signal global de « vente forte » sur les moyennes mobiles.
Niveau | Zone | Lecture |
Résistance majeure | 4 600 $ | Ancienne zone de cours et seuil psychologique |
MM50 | 4 585,26 $ | Résistance dynamique |
MM200 | 4 554,77 $ | Premier obstacle majeur au rebond |
Cours au 28 août | 4 455,15 $ | Clôture fournie |
Support immédiat | 4 445 $ | Proche du plus bas de vendredi à 4 445,39 $ |
Support majeur | 4 330 $ | Zone des creux des 18-19 août |
Le premier enjeu est donc la zone de 4 445 dollars. Le marché a touché 4 445,39 dollars vendredi avant de terminer seulement une dizaine de dollars plus haut. Une baisse nette sous ce seuil exposerait à nouveau la région de 4 330 dollars, qui correspond aux creux observés autour des 18 et 19 août.
Dans l’autre sens, un rebond devra d’abord reconquérir la MM200 autour de 4 555 dollars. La zone comprise entre 4 555 et 4 600 dollars devrait alors constituer une résistance importante, puisqu’elle regroupe la MM200, la MM50 et l’ancien seuil psychologique de 4 600 dollars.
Une semaine décisive entre 4 445 et 4 600 dollars
À l’horizon d’une semaine, les statistiques américaines sur l’emploi devraient devenir le principal moteur du marché.
Les premières données importantes arriveront mardi avec l’enquête JOLTS sur les offres d’emploi et les indices d’activité manufacturière. Les investisseurs surveilleront ensuite l’emploi privé ADP, les inscriptions hebdomadaires au chômage et les indices de services.
Le rendez-vous central est prévu vendredi 4 septembre avec le rapport officiel sur l’emploi américain. Après une perte inattendue de 23 000 emplois en juillet, le consensus cité par Reuters table sur environ 58 000 créations de postes en août et un taux de chômage de 4,1 %.
Ces chiffres seront particulièrement importants parce que la Fed doit rendre sa prochaine décision de politique monétaire à la mi-septembre.
Un marché de l’emploi plus robuste que prévu, combiné à l'inflation élevée observée en juillet, renforcerait probablement les arguments en faveur d’une hausse des taux. Ce scénario pourrait maintenir la pression sur l’or et provoquer un test des 4 445 dollars. Une baisse confirmée sous ce seuil exposerait la région de 4 330 dollars.
À l’inverse, des créations d’emplois nettement inférieures aux attentes pourraient tempérer les anticipations de resserrement monétaire. Dans ce scénario, un rebond au-dessus de 4 555 dollars permettrait de viser la région des 4 585-4 600 dollars. Une reprise durable de 4 600 dollars améliorerait sensiblement la configuration de court terme et pourrait replacer 4 650 puis 4 700 dollars dans le viseur.
L’incertitude géopolitique reste parallèlement un facteur de soutien potentiel. Les tensions avec l’Iran, les perturbations entourant le détroit d’Ormuz et les désaccords commerciaux internationaux entretiennent une prime de risque susceptible de favoriser la demande de valeur refuge.
Les préoccupations entourant la dette américaine constituent un autre élément à surveiller. Le Trésor américain multiplie les initiatives sur le marché obligataire alors que les rendements élevés et la dette fédérale alimentent les inquiétudes. Ce contexte peut soutenir l’or à moyen terme, même lorsque les anticipations de hausse des taux pèsent sur son prix à court terme.
Pour les traders passant par les meilleurs brokers, cette opposition entre politique monétaire restrictive et demande de valeur refuge implique un risque de mouvements particulièrement rapides autour des statistiques américaines de la semaine.
Points clés pour les traders
Le support de 4 445 dollars constitue le premier seuil à défendre après la chute de vendredi ; une baisse durable sous cette zone exposerait environ 4 330 dollars.
Le RSI de 21,623 indique une situation de survente, mais le MACD négatif et le passage sous les MM50 et MM200 montrent que la pression vendeuse reste dominante.
Un retour au-dessus de 4 555 dollars constituerait une première amélioration, mais une reprise de la zone 4 585-4 600 dollars serait nécessaire pour restaurer une dynamique plus favorable à court terme.
Conclusion
L’or commence la semaine dans une position fragile après un mois d’août extrêmement volatil. La chute de 3,18 % enregistrée vendredi ne résulte pas d’une disparition des facteurs favorables au métal précieux, mais principalement d’une réévaluation brutale de la trajectoire des taux américains après le discours de Kevin Warsh.
Le marché se retrouve donc pris entre deux forces. D’un côté, une Fed plus restrictive, des rendements obligataires élevés et un dollar ferme pèsent sur le métal. De l’autre, les tensions géopolitiques, les interrogations sur la dette américaine et l’incertitude économique continuent d’entretenir son rôle de valeur refuge.
Pour la semaine qui débute, 4 445 dollars représente le seuil défensif majeur, tandis que la zone 4 555-4 600 dollars constitue l’obstacle principal à une reprise. Le rapport américain sur l’emploi du 4 septembre pourrait déterminer lequel de ces deux niveaux cédera en premier.