L’EUR/USD entame la semaine autour de 1,1550 dollar, pris entre un affaiblissement récent du marché du travail américain et le retour des préoccupations liées à l’inflation. Le rapport sur l’emploi publié vendredi aux États-Unis a nettement réduit les anticipations d’un relèvement des taux de la Réserve fédérale en septembre, ce qui a pesé sur le dollar et redonné de l’air à l’euro.
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L’enjeu est important car la publication mercredi de l’inflation américaine de juillet peut modifier brutalement ces anticipations. Une nouvelle accélération des prix renforcerait la pression sur la Fed pour maintenir une politique restrictive, tandis qu’un ralentissement pourrait prolonger le recul du dollar. Pour les ménages européens comme pour les entreprises exposées aux échanges internationaux, ces mouvements ont aussi un impact sur les prix des importations, les coûts et, à terme, le coût de la vie.
Les opérateurs sur les devises devront donc composer cette semaine avec un environnement économique marqué par l’incertitude, la volatilité du pétrole et des attentes de politique monétaire encore très mouvantes. L’EUR/USD devrait rester l’une des paires les plus suivies des actualités Forex jusqu’à la publication du CPI américain.
Le dollar a perdu son avantage après le choc sur l’emploi américain
L’EUR/USD a nettement progressé depuis la fin juillet. D’après l’historique fourni, la paire est passée d’un creux proche de 1,1368 dollar le 24 juillet à 1,1559 dollar le 7 août, soit une hausse d’environ 1,7 %. Sur la période comprise entre le 10 juillet et le 10 août, le gain atteint environ 1,2 %.
Le principal catalyseur récent vient des États-Unis. L’économie américaine a détruit 23 000 emplois non agricoles en juillet alors que les économistes interrogés par Reuters anticipaient une création de 80 000 postes. Les chiffres de mai et juin ont également été révisés à la baisse de 103 000 emplois au total. Le taux de chômage a certes reculé de 4,2 % à 4,1 %, mais cette amélioration s’explique notamment par la sortie de 264 000 personnes de la population active, dont le taux de participation est tombé à 61,4 %.
La réaction du marché a été immédiate. Après ces chiffres, la probabilité implicite d’une hausse des taux de la Fed en septembre a diminué. Lundi 10 août, les contrats sur Fed Funds attribuaient environ 48 % de probabilité à une hausse lors de la prochaine réunion, contre 55 % avant le rapport sur l’emploi.
Le contexte reste néanmoins loin d’être favorable à une baisse durable du dollar. Lors de sa réunion du 29 juillet, la Fed a maintenu le taux des Fed Funds entre 3,50 % et 3,75 %. Trois membres du FOMC auraient préféré relever les taux de 25 points de base et la banque centrale continue de considérer l’inflation comme trop élevée par rapport à son objectif de 2 %.
En zone euro, la BCE a également maintenu ses principaux taux inchangés le 23 juillet. Le taux de dépôt reste fixé à 2,25 %, le taux des opérations principales de refinancement à 2,40 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,65 %. L’institution souligne toutefois que l’impact complet du choc énergétique sur l’inflation n’est pas encore connu.
Cette prudence est renforcée par les dernières statistiques européennes. Eurostat estime que l’inflation de la zone euro est remontée à 2,9 % en juillet, contre 2,8 % en juin. L’inflation énergétique a notamment accéléré à 10,0 %, contre 8,5 % le mois précédent. L’inflation hors énergie, alimentation, alcool et tabac est estimée à 2,5 %.
La hausse récente du pétrole ajoute une source d’incertitude supplémentaire. Le 10 août, les cours énergétiques progressaient sur fond de tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz. Un pétrole durablement élevé peut alimenter les anticipations d’inflation aussi bien aux États-Unis qu’en Europe et compliquer les décisions des deux banques centrales.
L’EUR/USD se stabilise autour d’une zone charnière à 1,1550

Le cours de l'EUR/USD se situe autour de 1,1547 dollar à la clôture du 10 août selon les données historiques fournies, après avoir évolué entre 1,1544 et 1,1566 au cours de la séance. Reuters observait également l’euro autour de 1,1546 dollar lundi, en baisse d’environ 0,1 % face au billet vert.
Les analyses techniques publiées par Investing.com au 10 août à 17 h 25 GMT montrent une configuration partagée selon l’horizon considéré. Le RSI à 14 périodes ressort à 42,43, ce qui traduit un momentum plutôt faible à court terme, sans situation de survente classique. Le MACD reste légèrement positif, mais sa valeur arrondie proche de zéro témoigne d’une dynamique peu marquée.
Les moyennes mobiles donnent également une lecture contrastée. La moyenne mobile simple à 50 jours ressort à 1,1543 dollar, pratiquement au niveau du marché, tandis que la MM200 se situe à 1,1519. La paire reste donc au-dessus de sa référence de long terme, mais sans marge importante.
Niveau | Zone | Lecture |
Résistance majeure | 1,1600 | Seuil psychologique au-dessus des sommets récents |
Résistance immédiate | 1,1580 | Proche du sommet du 7 août à 1,1581 |
Support principal | 1,1515 | Zone des creux des 6 et 7 août et proche de la MM200 |
Support secondaire | 1,1450 | Ancienne zone de transition observée fin juillet |
MM50 | 1,1543 | Marché quasiment au contact |
MM200 | 1,1519 | Référence de fond encore préservée |
La première zone à surveiller se situe à 1,1580. L’EUR/USD a inscrit un sommet à 1,1581 le 7 août avant de refluer. Le seuil de 1,1600 constitue ensuite une barrière psychologique importante : une progression durable au-delà de cette zone renforcerait le potentiel de poursuite du mouvement en direction de 1,1650.
À l’inverse, 1,1515 représente le premier support significatif. Ce niveau correspond à plusieurs creux récents et se situe à proximité immédiate de la MM200 à 1,1519. Une baisse plus marquée replacerait 1,1450 au centre de l’attention.
Les pivots journaliers publiés par Investing.com confirment cette concentration des échanges autour de 1,1550, avec un pivot classique à 1,1549, une première résistance à 1,1553 et un premier support à 1,1543. Ces repères très rapprochés soulignent la faible marge de manœuvre du marché avant les statistiques américaines.
Quels scénarios pour l’EUR/USD au cours de la semaine ?
La publication de l’indice des prix à la consommation américain mercredi 12 août devrait constituer le principal catalyseur. Reuters indique que cette publication pourrait modifier une nouvelle fois les anticipations de taux de la Fed. Elle sera suivie du PPI jeudi puis des ventes au détail vendredi, ce qui promet plusieurs séances potentiellement volatiles sur le marché des changes.
Scénario positif pour l’euro : une inflation américaine plus faible que prévu pourrait réduire encore la probabilité d’une hausse des taux en septembre. Dans ce cas, un maintien de l’EUR/USD au-dessus de 1,1515 favoriserait un retour vers 1,1580 puis 1,1600. Un dépassement durable de 1,1600 pourrait ouvrir la voie vers 1,1650, puis 1,1700 si le dollar poursuivait son repli.
Scénario intermédiaire : des statistiques d’inflation conformes au consensus pourraient maintenir la paire entre 1,1515 et 1,1600. Cette hypothèse serait cohérente avec le RSI proche de 42 et le positionnement du marché autour de la MM50, qui montrent actuellement une absence de domination nette.
Scénario négatif pour l’euro : une inflation américaine supérieure aux attentes renforcerait la possibilité d’une hausse de taux de la Fed. Le dollar pourrait alors regagner du terrain. Un passage sous 1,1515 et la MM200 à 1,1519 fragiliserait la dynamique de reprise récente, avec 1,1450 puis 1,1400 comme objectifs potentiels.
Le pétrole constitue un second facteur à suivre. Une prolongation de la hausse des prix énergétiques pourrait soutenir les anticipations de taux des deux côtés de l’Atlantique. L’impact sur l’EUR/USD dépendrait alors surtout de la banque centrale que les investisseurs jugeraient la plus susceptible de durcir sa politique monétaire. La Fed part actuellement d’un taux directeur plus élevé, situé entre 3,50 % et 3,75 %, contre un taux de dépôt de 2,25 % pour la BCE.
Points clés pour les traders
La zone 1,1515-1,1520 constitue le pivot majeur de la semaine, renforcé par la présence de la MM200 à 1,1519.
Le RSI à 42,43 montre un momentum relativement faible, tandis que le MACD reste légèrement positif mais proche de zéro.
Un passage au-dessus de 1,1580 puis 1,1600 renforcerait le scénario d’une poursuite du rebond de l’euro.
Un recul sous 1,1515 exposerait 1,1450, puis potentiellement 1,1400.
Le CPI américain du 12 août, le PPI du 13 août et les ventes au détail du 14 août sont les principaux événements macroéconomiques susceptibles de provoquer de la volatilité.
Pour les investisseurs utilisant des CFD ou d’autres produits à effet de levier, la comparaison des meilleurs brokers doit notamment tenir compte des spreads appliqués à l’EUR/USD, de la qualité d’exécution et des risques liés aux mouvements rapides observés pendant les publications macroéconomiques.
Conclusion : l’inflation américaine devrait départager l’euro et le dollar
L’EUR/USD commence la semaine dans une position d’équilibre fragile. La faiblesse du rapport sur l’emploi américain du mois de juillet a retiré une partie du soutien dont bénéficiait le dollar, tandis que la BCE reste elle aussi confrontée à une inflation européenne encore supérieure à son objectif.
Autour de 1,1550, la paire se situe néanmoins entre deux zones très proches : le support de 1,1515-1,1520 et la résistance de 1,1580-1,1600. Cette configuration laisse peu de marge avant que le marché ne choisisse une direction plus nette.
La publication de l’inflation américaine mercredi devrait être déterminante. Des prix moins dynamiques pourraient prolonger la pression sur le dollar et permettre à l’euro de tester 1,1600. À l’inverse, une surprise inflationniste positive renforcerait les arguments en faveur d’une Fed plus restrictive et augmenterait le risque d’un retour sous 1,1515.
Pour cette analyse hebdomadaire, 1,1515 et 1,1600 constituent donc les deux bornes essentielles à surveiller.