L’EUR/USD aborde la dernière semaine d’août dans un environnement marqué par une forte incertitude sur la trajectoire des taux d’intérêt des deux côtés de l’Atlantique. L’euro bénéficie d’une économie de la zone euro plus résistante qu’attendu et d’anticipations de resserrement de la BCE, alors que le dollar reste sous pression après les turbulences sur le marché obligataire américain et les interrogations concernant les finances publiques des États-Unis.
Les meilleurs courtiers Forex en ligne
Cette situation est importante bien au-delà du marché des changes. Le niveau de l’euro face au dollar influence le prix des importations, l’énergie et donc potentiellement l’inflation et le coût de la vie en Europe. Les entreprises exposées au commerce international, les investisseurs et les particuliers suivant les devises doivent également composer avec une volatilité susceptible de progresser cette semaine, alors que plusieurs publications américaines précéderont le discours très attendu du président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, à Jackson Hole.
L’euro a fortement repris du terrain depuis la fin juillet
La progression de l’euro au cours du dernier mois est particulièrement nette. D’après l’historique fourni, l’EUR/USD clôturait à seulement 1,1368 le 24 juillet. Il a ensuite progressé à 1,1468 le 29 juillet, puis à 1,1528 le 30 juillet.
Après plusieurs séances relativement stables autour de 1,15 pendant la première quinzaine d’août, le mouvement s’est accéléré le 19 août. La paire est passée de 1,1576 le 18 août à 1,1678 le lendemain, soit une progression quotidienne de 0,88 %.
L’EUR/USD a ensuite conservé l’essentiel de cette avancée, terminant les séances des 20 et 21 août à 1,1679. Le 24 août à 20h37, le cours de l'EUR/USD se situait autour de 1,1662-1,1663, en retrait d’environ 0,17 % sur la séance selon les données communiquées.
Entre le 24 juillet et le 24 août, l’euro a ainsi gagné environ 2,6 % contre le billet vert.
Une partie de cette appréciation provient de la faiblesse récente du dollar. Vendredi 21 août, le billet vert avait touché un plus bas de trois mois, les investisseurs réagissant négativement au projet du Trésor américain d’accroître ses rachats d’obligations à long terme. Cette politique a alimenté les inquiétudes autour de la dette publique et de la crédibilité de la stratégie budgétaire américaine.
Lundi 24 août, le dollar a cependant légèrement rebondi. L’indice dollar gagnait environ 0,11 % à 98,94 dans la séance tandis que l’euro reculait légèrement autour de 1,1671 dollar. Les nouvelles sanctions commerciales américaines et les tensions persistantes autour de l’Iran ont également favorisé une demande prudente pour le billet vert.
L’euro profite parallèlement de nouvelles économiques européennes relativement favorables. Le PMI composite flash de la zone euro est monté à 52,1 en août, contre 52,0 en juillet, son rythme de croissance le plus rapide depuis novembre. Le PMI manufacturier a atteint 52,8, un sommet de 54 mois, tandis que les nouvelles commandes ont progressé à leur rythme le plus élevé depuis plus de trois ans.
Ces données renforcent les anticipations d’une BCE plus restrictive. L’inflation de la zone euro a atteint 2,9 % en juillet, toujours nettement supérieure à l’objectif de 2 %, tandis que la hausse des prix de l’énergie provoquée par les tensions au Moyen-Orient entretient les préoccupations du marché. Les opérateurs anticipent désormais largement une nouvelle hausse du taux de dépôt de la BCE, actuellement situé à 2,25 %.
Dans les actualités Forex, le différentiel de politique monétaire entre la BCE et la Fed est ainsi redevenu l’un des principaux facteurs déterminant la direction de la paire.
La zone 1,1650 devient déterminante pour l’EUR/USD

Malgré la forte progression enregistrée depuis juillet, la dynamique de très court terme montre désormais quelques signes d’essoufflement.
Les données d’Investing.com relevées le 24 août à 11h21 EDT donnaient un RSI à 14 périodes de 41,41. Un RSI inférieur à 50 traduit un momentum moins favorable, sans toutefois correspondre à une situation de survente extrême.
Le MACD (12,26) ressortait parallèlement à -0,001, avec une lecture vendeuse. Sur l’ensemble des oscillateurs recensés par la source, neuf donnaient un signal vendeur, deux étaient neutres et aucun n’indiquait un signal d’achat à cet instant.
Les moyennes mobiles montrent néanmoins une configuration moins négative à plus long terme. La moyenne mobile simple à 50 périodes était située autour de 1,1682, légèrement au-dessus du cours, tandis que la moyenne mobile à 200 périodes se situait autour de 1,1607, sous le marché.
Cette configuration place l’EUR/USD entre une résistance intermédiaire et un soutien de plus long terme.
Niveau | Zone | Lecture |
Résistance | 1,1750 | seuil supérieur envisagé en cas de poursuite de la hausse |
Résistance | 1,1712 | sommet intrajournalier récent du 21 août |
MM50 | ≈ 1,1682 | première référence à reconquérir |
Support | 1,1655 | plus bas du 24 août |
MM200 | ≈ 1,1607 | zone de soutien intermédiaire importante |
Support | 1,1570 | ancien pivot du 19 août |
Support secondaire | 1,1525-1,1530 | ancienne zone travaillée début août |
La première résistance importante se trouve donc autour de 1,1680-1,1712. Un retour durable au-dessus de 1,1712 renforcerait la probabilité d’une extension vers 1,1750, voire 1,1800 si le dollar devait à nouveau se déprécier fortement.
À l’inverse, la zone de 1,1655 constitue le premier support immédiat. Sa perte exposerait la paire à un retour vers 1,1607, puis 1,1570.
Les analyses techniques restent cependant particulièrement dépendantes du calendrier macroéconomique cette semaine. Les chiffres américains et les messages des banques centrales sont susceptibles de provoquer des mouvements rapides et de rendre temporairement moins fiables les niveaux observés lors des dernières séances.
Quels scénarios pour l’EUR/USD au cours des sept prochains jours ?
Le scénario de la semaine dépend principalement de l’évolution relative des anticipations concernant la Fed et la BCE.
Aux États-Unis, le débat sur une éventuelle nouvelle hausse des taux s’est intensifié. Les minutes de la réunion des 28 et 29 juillet montrent que plusieurs responsables de la Fed étaient déjà favorables à une hausse et que de nombreux membres considéraient qu’un nouveau resserrement serait nécessaire si l’inflation ne ralentissait pas suffisamment. La banque centrale avait maintenu son taux directeur dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %.
La publication du PCE américain constituera donc un rendez-vous majeur. L’indice des prix PCE, mesure d’inflation privilégiée par la Fed, doit être publié mercredi 26 août, en même temps que d’autres statistiques importantes, notamment une nouvelle estimation du PIB et les commandes de biens durables.
Un PCE supérieur aux attentes renforcerait les anticipations de hausse des taux américains. Les rendements des Treasuries pourraient alors repartir à la hausse et soutenir le dollar, faisant peser une pression sur l’EUR/USD.
Dans ce scénario défavorable à l’euro, une perte de 1,1655 ouvrirait la voie à 1,1607. Un mouvement sous cette moyenne de long terme pourrait ensuite ramener la paire vers 1,1570, puis 1,1530.
À l’inverse, une inflation américaine plus modérée réduirait la probabilité d’un resserrement rapide de la Fed. Le marché pourrait à nouveau se concentrer sur les difficultés budgétaires américaines et sur les perspectives plus restrictives de la BCE.
Dans ce scénario, le franchissement de 1,1712 constituerait une première confirmation favorable, avec 1,1750 comme prochain objectif. Au-dessus de cette zone, 1,1800 deviendrait accessible.
Un troisième scénario consiste en une stabilisation entre environ 1,1600 et 1,1710, le marché attendant davantage de visibilité sur les taux.
Le principal risque de fin de semaine sera le discours de Kevin Warsh au symposium de Jackson Hole. Cette première grande intervention du nouveau président de la Fed intervient dans un contexte délicat : inflation supérieure à l’objectif, rendements obligataires élevés et interrogations croissantes sur la politique budgétaire américaine.
Au 24 août, les investisseurs estimaient à environ 60 % la probabilité que la Fed conserve ses taux inchangés en septembre, tout en anticipant au moins une hausse d’ici décembre. Cette incertitude explique pourquoi chaque donnée d’inflation peut provoquer des ajustements importants sur le dollar.
En Europe, les données de croissance allemandes et françaises ainsi que de nouvelles statistiques d’inflation seront également surveillées. Des chiffres robustes ou une inflation persistante conforteraient les anticipations d’une BCE plus restrictive et pourraient soutenir l’euro.
Points clés pour les traders
L’EUR/USD conserve une progression d’environ 2,6 % depuis le 24 juillet malgré son repli du 24 août.
1,1655 représente le premier support à surveiller, suivi de la MM200 autour de 1,1607.
Une reprise au-dessus de 1,1682 améliorerait le momentum de court terme.
Le franchissement de 1,1712 exposerait 1,1750, puis potentiellement 1,1800.
Le RSI à 41,41 et le MACD négatif montrent actuellement un essoufflement après la forte progression de l’euro.
Le PCE américain du 26 août et le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole constituent les principaux risques de volatilité de la semaine.
Pour les traders qui utilisent les meilleurs brokers, cette concentration de publications implique également de surveiller les spreads et les conditions d’exécution : les marchés de change peuvent devenir beaucoup plus volatils dans les secondes suivant une statistique d’inflation ou une déclaration inattendue de banque centrale.
Conclusion
L’EUR/USD commence la semaine du 25 août dans une position plus favorable qu’un mois auparavant, mais la hausse de l’euro rencontre désormais une première zone de résistance autour de 1,1680-1,1712.
Les fondamentaux européens apportent un soutien réel à la monnaie unique. L’activité économique de la zone euro résiste, l’inflation reste supérieure à l’objectif de la BCE et le marché envisage un resserrement monétaire supplémentaire. Dans le même temps, les interrogations budgétaires américaines ont récemment affaibli le dollar.
La situation reste cependant équilibrée car la Fed n’a pas abandonné l’idée de relever elle aussi ses taux. Un PCE américain élevé ou un message ferme de Kevin Warsh pourrait rapidement remettre le billet vert sous tension haussière.
Pour les sept prochains jours, 1,1655 puis 1,1607 représentent donc les principales zones de défense de l’euro. Au-dessus, un franchissement de 1,1712 permettrait d’envisager 1,1750 puis 1,1800. Sous 1,1607, le risque d’un retour vers 1,1570 puis 1,1530 augmenterait sensiblement.