Le S&P 500 aborde septembre sous une pression croissante alors qu’il reste encore très proche de ses records. La solidité des bénéfices des entreprises américaines et l’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle continuent de soutenir Wall Street, mais le retour des anticipations de hausse des taux de la Réserve fédérale crée une nouvelle source d’incertitude.
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L’enjeu est important pour les investisseurs car des taux durablement élevés augmentent les coûts de financement des entreprises et rendent les obligations plus concurrentielles face aux actions. Dans un contexte économique où l’inflation américaine reste nettement supérieure à l’objectif de la Fed, une politique monétaire plus restrictive pourrait donc peser sur les valorisations et accentuer la volatilité.
Les particuliers investis sur les indices boursiers, les fonds indiciels et les actions américaines sont directement concernés. Les prochains chiffres sur l’emploi permettront notamment de savoir si l’économie américaine reste suffisamment résistante pour permettre à la Fed de poursuivre son combat contre l’inflation.
Wall Street conserve ses records en ligne de mire malgré le retour des taux
Le cours du S&P500 a progressé de 7 437,63 points le 30 juillet à 7 711,76 points à la clôture du 28 août, soit une hausse d’environ 3,7 % en un mois sur la base des données communiquées.
Le mouvement a été particulièrement puissant au début du mois. Après 7 489,72 points le 31 juillet, l’indice a atteint 7 736,52 points dès le 4 août. Le sommet de la période a ensuite été enregistré le 13 août à 7 816,70 points en séance.
Depuis ce record, le marché a perdu une partie de son élan. L’indice est descendu jusqu’à 7 641,16 points le 20 août avant de repartir progressivement. La dernière semaine s’est néanmoins terminée sur une progression d’environ 0,5 % entre les clôtures du 21 et du 28 août.
Les valeurs technologiques continuent d’offrir un soutien important. Le 27 août, Nvidia a bondi de 8,7 % après avoir publié des perspectives de chiffre d’affaires très supérieures aux attentes, avec une croissance prévue de 70 % pour son prochain exercice. Le secteur technologique du S&P 500 avait alors progressé de 3,4 %, permettant à l’indice de gagner 0,72 % sur la séance.
Cette vigueur ne concerne pas seulement quelques titres. Reuters estime que les bénéfices des sociétés du S&P 500 ont augmenté d’environ 34,5 % sur un an au deuxième trimestre, un rythme exceptionnel soutenu notamment par les investissements dans les infrastructures d’intelligence artificielle.
La situation monétaire est toutefois devenue moins favorable en fin de semaine.
Le PCE américain, mesure privilégiée de la Fed pour suivre l’inflation, a progressé de 3,7 % sur un an en juillet, tandis que sa composante hors alimentation et énergie a augmenté de 3,3 %. Les deux mesures restent très éloignées de l’objectif de 2 %.
Vendredi, le président de la Fed Kevin Warsh a réaffirmé à Jackson Hole que l’inflation demeurait trop élevée et que la banque centrale devait être convaincue d’un retour suffisamment rapide vers son objectif avant de considérer sa mission accomplie. Il a également souligné la résilience de l’économie et des bénéfices des entreprises.
Cette intervention a immédiatement modifié les anticipations du marché. La probabilité d’un relèvement de taux en septembre est remontée autour de 56-57 %, contre environ 35 % auparavant. Le S&P 500 a terminé vendredi en baisse de 0,25 % à 7 711,76 points.
Ces éléments devraient rester au centre des actualités financières pendant toute la semaine.
Le seuil des 7 700 points devient le pivot immédiat

Les données publiées par Investing.com à la clôture du 28 août montrent une configuration beaucoup plus équilibrée qu’au début du mois.
Le RSI à 14 séances ressort à 51,525, soit une lecture neutre. Il ne traduit donc ni excès acheteur ni excès vendeur marqué.
Le MACD (12,26) reste quant à lui positif à 9,57, avec un signal d’achat. Ce signal montre que le momentum sous-jacent n’a pas complètement disparu malgré le recul observé depuis le sommet du 13 août.
Les moyennes mobiles restent également importantes. La MM50 simple ressort à 7 686,30 points et la MM200 à 7 632,00 points. La clôture à 7 711,76 points demeure donc supérieure à ces deux références, ce qui préserve pour l’instant la tendance de fond.
Les analyses techniques quotidiennes publiées par Investing.com donnent cependant un signal général neutre : les signaux de court terme sont plus hésitants alors que ceux de plus longue durée restent mieux orientés.
Niveau | Zone | Lecture |
Résistance majeure | 7 817 pts | Sommet historique récent à 7 816,70 |
Résistance | 7 770 pts | Zone testée à plusieurs reprises en août |
Cours au 28 août | 7 711,76 pts | Dernière clôture |
Support | 7 700 pts | Pivot psychologique et zone des récents échanges |
MM50 | 7 686,30 pts | Premier repère de tendance intermédiaire |
MM200 | 7 632,00 pts | Support majeur de tendance longue |
La première zone à surveiller est désormais celle des 7 700 points. Elle correspond à un seuil psychologique et se situe seulement quelques points au-dessus de la MM50.
Une baisse sous 7 686 points ouvrirait la possibilité d’un retour vers 7 632 points, où passe la MM200. Le creux du 20 août à environ 7 641 points renforce l’importance de cette région.
Dans l’autre sens, un retour au-dessus de 7 770 points permettrait au marché de se rapprocher du sommet de 7 816,70. Le franchissement de ce dernier niveau placerait l’indice en territoire de nouveaux records.
Une semaine dominée par l’emploi américain et les anticipations de taux
La semaine du 31 août au 4 septembre devrait être essentiellement dominée par le marché du travail américain.
Le premier rendez-vous important interviendra mardi 1er septembre avec la publication des offres d’emploi JOLTS pour juillet. Vendredi 4 septembre, le Bureau of Labor Statistics publiera ensuite le rapport officiel sur l’emploi d’août à 8h30, heure de la côte Est américaine.
Le consensus cité par Reuters table sur environ 58 000 créations d’emplois en août, après une perte inattendue de 23 000 postes en juillet, avec un taux de chômage attendu à 4,1 %.
Ce chiffre pourrait provoquer un mouvement important sur Wall Street.
Un rapport nettement supérieur aux attentes confirmerait la résistance de l’économie américaine. Dans le contexte actuel, cette bonne nouvelle économique pourrait toutefois être interprétée négativement par les actions, car elle donnerait davantage de marge à la Fed pour relever ses taux en septembre.
Dans ce scénario, une baisse sous 7 700 puis 7 686 points placerait 7 632 points au centre de l’attention. Une perte de la MM200 augmenterait sensiblement le risque de correction à court terme.
À l’inverse, des créations d’emplois très faibles ou négatives pourraient réduire les anticipations de hausse de taux. Tant qu'elles ne provoquent pas simultanément des craintes de récession, elles pourraient permettre au S&P 500 de revenir vers 7 770 puis 7 817 points.
La réaction du marché dépendra donc autant du chiffre lui-même que de son impact sur la politique monétaire.
Le secteur technologique restera un deuxième moteur. Après les résultats solides de Nvidia, les investisseurs surveilleront notamment Broadcom au cours de la semaine. La poursuite de dépenses élevées dans l’intelligence artificielle pourrait continuer de soutenir le marché, alors que tout signe de ralentissement des investissements augmenterait les préoccupations concernant les valorisations élevées.
Les investisseurs utilisant les meilleurs brokers devront également tenir compte du retour potentiel de la volatilité autour des publications américaines, après plusieurs semaines durant lesquelles les mouvements de Wall Street sont restés relativement contenus.
Points clés pour les traders
Tant que le S&P 500 reste au-dessus de la zone 7 686-7 700 points, la structure de fond conserve un biais favorable malgré la perte de momentum observée depuis le sommet d’août.
Un retour au-dessus de 7 770 points replacerait le record de 7 816,70 points dans le viseur ; un dépassement de ce sommet ouvrirait une nouvelle phase de découverte de prix.
Une clôture sous la MM50 à 7 686 points augmenterait le risque d’un recul vers la région 7 632-7 640 points, particulièrement si les anticipations de hausse des taux continuent de progresser.
Une valorisation toujours exigeante
La vigueur des résultats contribue à justifier une partie de la hausse du marché, mais les valorisations laissent moins de marge à une déception.
Dans sa dernière estimation disponible début août, FactSet situait le ratio cours/bénéfices anticipé à douze mois du S&P 500 à environ 20,0 fois les bénéfices, contre une moyenne sur cinq ans de 19,9 fois et une moyenne sur dix ans de 19,0 fois.
Cette prime reste relativement limitée par rapport à la moyenne récente, mais elle signifie que le marché intègre déjà une croissance robuste des bénéfices. FactSet anticipait alors une croissance des bénéfices de 27,4 % au troisième trimestre et de 30 % sur l’ensemble de 2026.
Les bons résultats constituent donc un soutien majeur, mais ils rendent également l’indice plus sensible à tout ralentissement des perspectives de croissance ou à une remontée durable des rendements obligataires.
Conclusion
Le S&P 500 commence la semaine du 31 août dans une situation d’équilibre fragile : les bénéfices des entreprises restent exceptionnellement solides et le boom de l’intelligence artificielle soutient encore Wall Street, mais le retour d’une Fed plus restrictive limite désormais le potentiel immédiat.
La zone des 7 686-7 700 points sera déterminante. Tant qu’elle tient, un retour vers 7 770 puis le record de 7 816,70 points reste envisageable. Une baisse sous cette région placerait en revanche la MM200 à 7 632 points au centre du scénario de correction.
Le rapport sur l’emploi américain de vendredi 4 septembre devrait être le principal catalyseur de la semaine. Plus que la vigueur absolue des créations d’emplois, les traders chercheront surtout à déterminer si ces chiffres confortent ou réduisent la probabilité d’une hausse des taux de la Fed en septembre.