Schneider Electric subit une violente prise de bénéfices le 18 août, avec un recul d’environ 4 % après avoir récemment inscrit un record à 312,30 €. La baisse intervient dans une séance particulièrement défavorable aux valeurs technologiques et aux entreprises exposées au thème de l’intelligence artificielle : la remontée des rendements obligataires, le pétrole proche de 90 dollars et les tensions au Moyen-Orient poussent les investisseurs à réduire leur exposition aux valeurs de croissance.
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Cette pression mérite l’attention car elle frappe l’une des valeurs les plus performantes du CAC 40, alors que les fondamentaux de Schneider Electric restent solides. Le groupe vient de relever ses objectifs annuels grâce à la demande des data centers et avait gagné plus de 10 % le 30 juillet après ses résultats. La séance actuelle ressemble donc davantage à une brusque réévaluation du risque et de la valorisation qu’à une détérioration nouvelle de l’activité.
Les actionnaires, les investisseurs exposés à l’IA et les particuliers utilisant les meilleurs brokers sont directement concernés. La hausse des taux longs renchérit le coût du capital et réduit la valeur actuelle accordée aux bénéfices futurs, tandis que la remontée de l’énergie alimente l’inflation et les préoccupations du marché. Dans cet environnement économique, la volatilité peut rester élevée même pour les entreprises affichant une croissance robuste.
La remontée des taux casse brutalement la dynamique
Le mouvement du 18 août est spectaculaire au regard de la progression enregistrée depuis fin juillet.
Selon l’historique fourni, Schneider Electric était tombé à 256,80 € le 29 juillet avant de bondir de 10,83 % le lendemain, à 284,60 €. L’action a ensuite poursuivi sa progression jusqu’à un sommet de 312,30 € le 13 août.
Le 18 août, le mouvement s’inverse brutalement. Votre historique indique une clôture à 296,35 €, soit -4,02 %, avec un plus bas à 295,30 €. Le relevé temps réel communiqué séparément indiquait 295,30 € et -4,36 % à 17h08. Boursorama affichait de son côté 296,70 € et -3,90 % lors de notre vérification. Ces écarts proviennent donc de l’heure et de la source de cotation ; ils ne remettent pas en cause l’ampleur du décrochage.
Surtout, aucune annonce négative propre à Schneider Electric publiée ce 18 août n’a pu être identifiée dans les sources fiables consultées. Le contexte de marché constitue donc l’explication la plus directement vérifiable du mouvement.
Les actions européennes reculent alors que le Brent remonte autour de 90 dollars. Les discussions entre les États-Unis et l’Iran se sont détériorées, ravivant les inquiétudes concernant l’approvisionnement énergétique. Le STOXX 600 perdait 0,5 % dans la matinée et se dirigeait vers une cinquième séance consécutive de baisse.
Le problème pour Schneider Electric vient surtout des taux.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a atteint son niveau le plus élevé depuis 2011, tandis que le rendement français à dix ans a touché un sommet de seize ans. Le marché redoute que la hausse du pétrole entretienne l’inflation et limite la capacité des banques centrales à assouplir leurs politiques.
Ces conditions affectent particulièrement les valeurs technologiques et les entreprises fortement valorisées pour leur croissance future. Le secteur technologique européen perdait 1,8 % le 18 août. À Wall Street, le Nasdaq reculait également, tandis que les semi-conducteurs américains étaient fortement sanctionnés.
Schneider Electric est désormais directement associé au thème de l’IA grâce à son rôle dans les infrastructures électriques des data centers. Cette exposition a largement participé à la revalorisation récente du titre, mais elle le rend également sensible aux prises de bénéfices lorsque les investisseurs réduisent leur exposition aux valeurs liées à l’intelligence artificielle.
Les fondamentaux restent pourtant solides.
Le 30 juillet, Schneider Electric a relevé ses objectifs 2026 grâce à l’accélération spectaculaire de la demande provenant des data centers. Le groupe vise désormais une croissance de l’EBITA ajusté comprise entre 14 % et 19 %, contre 10 % à 15 % précédemment. La croissance du chiffre d’affaires est attendue entre 10 % et 13 %, contre une précédente fourchette de 7 % à 10 %.
L’EBITA ajusté du premier semestre a atteint 4,09 milliards d’euros, supérieur au consensus de 3,8 milliards. Le chiffre d’affaires du deuxième trimestre s’est élevé à 11,46 milliards d’euros.
La demande des grands opérateurs cloud constitue le principal moteur. Schneider fournit notamment les systèmes de refroidissement, les racks serveurs et les équipements de distribution électrique indispensables aux centres de données. L’Amérique du Nord concentre encore la majorité de cette activité, mais le groupe constate également une accélération en Asie du Sud-Est.
Deux risques fondamentaux subsistent cependant.
Le premier vient des devises. Le deuxième trimestre a subi un impact négatif de 124 millions d’euros provenant principalement de la faiblesse du dollar américain et de la roupie indienne. Schneider estime désormais que l’effet de change pourrait réduire son chiffre d’affaires annuel de 400 à 500 millions d’euros.
Le second concerne justement le Moyen-Orient. Schneider avait déjà averti fin juillet que les perturbations régionales pourraient affecter le second semestre par l’intermédiaire des chaînes d’approvisionnement et de l’inflation. L’aggravation des tensions observée le 18 août donne donc davantage de poids à ce risque.
Enfin, le groupe poursuit son offensive dans les logiciels industriels. Schneider a conclu fin juin un accord pour racheter Cognite, spécialiste des logiciels d’intelligence artificielle et des données industrielles, pour 3,1 milliards de dollars. Cognite doit être intégré à AVEVA.
Cette combinaison entre forte croissance, IA, taux d’intérêt et tensions géopolitiques place Schneider Electric au cœur des actualités financières du moment.
Les 295 euros deviennent le premier test après le décrochage

La chute du 18 août détériore brutalement la configuration de court terme sans encore remettre en cause la tendance de fond.
Le premier constat concerne 295 €. Le titre a atteint 295,30 € au plus bas de la séance dans les données fournies. Cette région constitue donc le premier support à surveiller.
En dessous, 290 € représente un deuxième seuil important. Il correspond à une ancienne zone travaillée à la fin juillet et au début août.
À la hausse, 306,50 € devient la première résistance significative. Le sommet historique récent à 312,30 € constitue ensuite l’obstacle majeur.
Niveau | Zone | Lecture |
Résistance majeure | 312,30 € | Sommet récent |
Résistance immédiate | 306–306,50 € | Zone à reconquérir après la chute |
Support immédiat | 295 € | Creux de la séance |
Support secondaire | 290 € | Ancienne zone de prix |
MM50 | 280,43 € | Référence intermédiaire publiée par Boursorama |
MM200 | 272,60 € | Dernière valeur vérifiable trouvée, relevé Investing.com du 6 août |
Boursorama affiche actuellement une MM50 à 280,432 €. Malgré le recul du 18 août, Schneider Electric reste donc encore environ 5,7 % au-dessus de cette moyenne. Le RSI14 publié par la même source ressort à 74,20, ce qui montre que le titre sort d’une phase de forte tension acheteuse.
Ce RSI relativement élevé malgré la correction explique en partie la vulnérabilité du titre aux prises de bénéfices : Schneider sort d’une progression extrêmement rapide depuis le creux du 29 juillet.
Pour la MM200, je n’ai pas trouvé de valeur actualisée au 18 août provenant d’une source suffisamment fiable. Le dernier relevé vérifiable d’Investing.com consulté la situe à 272,60 € au 6 août. Il faut donc considérer ce chiffre comme une référence indicative et non comme la MM200 exacte de clôture du 18 août.
Même prudence concernant le MACD : l’historique fourni ne contient que 22 clôtures, alors qu’un calcul MACD standard 12/26 nécessite davantage de données pour obtenir une valeur suffisamment robuste. Aucune valeur MACD quotidienne datée du 18 août n’a pu être vérifiée dans les sources consultées. Elle n’est donc pas inventée dans cette analyse.
La structure de fond reste néanmoins positive tant que le titre conserve les zones 290 €, puis 280–281 €. Le décrochage actuel ressemble pour l’instant davantage à une correction violente après un sommet qu’à un renversement complet de la tendance de plusieurs mois.
Quels scénarios pour Schneider Electric au cours des prochains jours ?
À l’horizon d’une semaine, 295 € constitue le pivot immédiat.
Si les acheteurs défendent cette zone et que les rendements obligataires se stabilisent, un rebond vers 306–306,50 € est envisageable. Une reprise de cette résistance permettrait ensuite de tester de nouveau 312,30 €.
Le franchissement de 312,30 € signifierait l’inscription d’un nouveau sommet et réactiverait la dynamique qui avait suivi les résultats du 30 juillet.
À l’inverse, une clôture sous 295 € augmenterait le risque d’un retour vers 290 €. Ce niveau représente une zone beaucoup plus importante compte tenu du comportement du titre au tournant juillet-août.
Sous 290 €, la correction pourrait s’étendre vers 280–281 €, soit la région de la MM50 actuellement publiée par Boursorama.
Cette dernière zone constituerait un test nettement plus sérieux de la tendance intermédiaire.
Le comportement des taux obligataires devrait jouer un rôle essentiel. Si le pétrole reste proche de 90 dollars et que les inquiétudes inflationnistes continuent de pousser les rendements européens vers le haut, les multiples de valorisation des valeurs de croissance pourraient rester sous pression.
Le marché surveillera également les minutes de la réunion de juillet de la Réserve fédérale. Aux États-Unis, la hausse des rendements pénalise déjà les valeurs technologiques et les titres liés à l’IA, ce qui peut avoir un impact indirect sur Schneider compte tenu de son exposition croissante au même thème d’investissement.
À moyen terme, la demande des data centers reste cependant un puissant soutien fondamental. Le relèvement des objectifs 2026 montre que cette croissance se traduit déjà dans les résultats, et pas seulement dans les anticipations des investisseurs.
Points clés pour les traders
295 € constitue le premier support après le décrochage du 18 août ; une perte de ce niveau exposerait 290 €, puis la MM50 autour de 280,43 €.
306–306,50 € devient la première résistance à reconquérir, avant le record récent de 312,30 €.
Le RSI14 à 74,20 reste élevé selon Boursorama et confirme que la correction intervient après une période de forte tension acheteuse.
Les signaux de trading de court terme se dégradent avec le retour sous 300 €, mais la tendance intermédiaire reste soutenue par une MM50 nettement inférieure au cours.
Les taux obligataires, le pétrole et les tensions au Moyen-Orient constituent les principaux risques immédiats, tandis que la demande des data centers demeure le principal soutien fondamental.
Une valorisation exigeante malgré la correction
La baisse du 18 août ne suffit pas à rendre Schneider Electric bon marché en comparaison historique.
Les données FactSet reprises par Boursorama au 18 août font ressortir un bénéfice net par action attendu de 10,26 € en 2026 et de 12,33 € en 2027. Le PER correspondant est estimé à 29,8 fois pour 2026 et 24,8 fois pour 2027.
Cette valorisation élevée traduit les anticipations de croissance liées aux data centers, à l’électrification et à l’IA. Elle explique également pourquoi une hausse rapide des rendements obligataires peut déclencher des prises de bénéfices particulièrement importantes.
Le consensus reste toutefois favorable. Au 16 août, FactSet recensait via Boursorama un objectif de cours moyen à trois mois de 330,44 €, avec une opinion moyenne située entre « acheter » et « renforcer ». Un objectif d’analyste reste évidemment une estimation et non une garantie de performance.
Les analyses techniques doivent donc être mises en regard d’une contradiction importante : le momentum de très court terme vient de subir un choc, mais les analystes continuent d’anticiper une croissance significative des bénéfices et les objectifs opérationnels du groupe ont été relevés moins de trois semaines auparavant.
Conclusion : la chute de Schneider Electric teste surtout sa valorisation
La baisse de Schneider Electric du 18 août est spectaculaire, mais les informations disponibles ne montrent pas de détérioration fondamentale soudaine propre au groupe.
Le facteur dominant est le changement brutal d’environnement de marché. La remontée du pétrole, les tensions entre les États-Unis et l’Iran et l’envolée des rendements obligataires européens ont pénalisé les valeurs technologiques et les entreprises fortement exposées au thème de l’IA.
Schneider Electric arrive en outre après une progression exceptionnelle. Entre le creux de 256,80 € du 29 juillet et le sommet de 312,30 € du 13 août, l’action avait gagné plus de 21 %. Une partie du recul actuel correspond donc aussi à des prises de bénéfices après cette accélération.
Les fondamentaux restent solides : EBITA ajusté semestriel de 4,09 milliards d’euros, objectifs 2026 relevés et demande particulièrement forte des data centers. En contrepartie, la valorisation proche de 30 fois les bénéfices 2026, les effets de change et les risques liés au Moyen-Orient réduisent la marge d’erreur accordée par les investisseurs.
Pour les prochaines séances, 295 € devient le niveau central. Une stabilisation au-dessus de ce seuil pourrait favoriser un retour vers 306–306,50 €. Une perte de 295 € exposerait 290 €, puis la région de 280 €, où se situe actuellement la MM50 publiée par Boursorama.
La réaction autour de ces niveaux permettra de déterminer si le mouvement du 18 août reste une correction après le rallye de l’été ou marque le début d’une réévaluation plus profonde de Schneider Electric.