L’action Stellantis vient de connaître un spectaculaire regain d’intérêt en Bourse. Le titre a clôturé la séance du 19 août à 4,6395 €, en hausse de 5,90 %, terminant largement en tête du marché automobile européen alors même que la Bourse de Milan reculait de 0,75 %. Le mouvement intervient après plusieurs semaines de forte pression et traduit surtout un soulagement face à l’incertitude commerciale entre les États-Unis et le Canada.
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L’enjeu dépasse la seule séance boursière. Stellantis possède une exposition industrielle majeure à l’Amérique du Nord et toute évolution des droits de douane peut peser directement sur ses coûts, ses marges et ses décisions de production. Une escalade commerciale est également susceptible d’avoir un impact sur les prix des véhicules et des pièces, avec des répercussions possibles sur l’inflation et le coût de la vie. Pour les particuliers qui suivent les actualités financières, cette volatilité remet donc le constructeur au centre de l’attention dans un contexte économique encore très incertain.
Le soulagement commercial déclenche un rebond après plusieurs semaines de pression
Le principal catalyseur de la séance est venu des relations commerciales entre Washington et Ottawa. Donald Trump a suspendu pendant trois jours l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane de 50 % visant certains produits canadiens, initialement prévue le 19 août, en affirmant qu’un accord avait été trouvé. Le Premier ministre canadien Mark Carney a confirmé des « progrès substantiels », tout en soulignant que des travaux restaient nécessaires avant une finalisation.
Cette détente est particulièrement importante pour le secteur automobile. Avant cette annonce, les négociateurs américains et canadiens discutaient déjà d’une réduction potentielle des droits américains sur les véhicules fabriqués au Canada, actuellement soumis à un taux de 25 %, vers un niveau de 15 %, avec un débat sur les déductions liées au contenu nord-américain.
Le mouvement n’a d’ailleurs pas concerné Stellantis uniquement : Renault, Volkswagen, Porsche et BMW ont également progressé le 19 août. Stellantis s’est toutefois nettement distingué avec une hausse de 5,9 %, contre +2,1 % pour Renault, +2,4 % pour Volkswagen et +1 % pour BMW.
Cette réaction intervient après une séquence très difficile. D’après l’historique fourni, l’action est passée de 5,052 € le 20 juillet à 4,381 € le 18 août, soit une baisse d’environ 13,3 % en moins d’un mois. La séance du 17 août avait encore entraîné un recul de 4,11 %, dans le sillage notamment d’un rappel d’environ 955 000 véhicules dans le monde lié à un problème logiciel affectant les caméras de recul.
La situation du site canadien de Brampton a également entretenu les préoccupations du marché. Le syndicat Unifor a indiqué le 14 août avoir été informé que Stellantis étudiait différentes options, dont une éventuelle vente du site. L’usine, autrefois employeur d’environ 2 200 personnes, se trouve directement au cœur des conséquences industrielles des tensions commerciales nord-américaines.
La pression reste donc forte malgré le rebond, ce qui distingue Stellantis de nombreuses valeurs du CAC 40 moins directement exposées aux tensions douanières nord-américaines.
Sur le fond, l’entreprise montre néanmoins quelques signes d’amélioration. Au deuxième trimestre 2026, Stellantis a publié un chiffre d’affaires de 43,5 milliards d’euros, en hausse de 13 % sur un an, tandis que le bénéfice net est revenu à 293 millions d’euros. Les livraisons consolidées ont augmenté de 10 % et les revenus d’Amérique du Nord de 32 %. Le groupe a par ailleurs réaffirmé ses objectifs annuels.
La reprise reste fragile : le résultat opérationnel ajusté de 773 millions d’euros et la marge de 1,8 % avaient déçu les attentes du marché lors de la publication du 30 juillet. La direction estime aussi que la performance du second semestre sera principalement concentrée sur le quatrième trimestre après les arrêts de production estivaux.
Le retour au-dessus de 4,60 € améliore la configuration à très court terme

La clôture à 4,6395 € replace l'action légèrement au-dessus de sa moyenne mobile à 50 jours, actuellement située autour de 4,595 €. En revanche, la moyenne mobile à 200 jours reste plus élevée, à environ 4,885 €, montrant que l'amélioration de la séance n'a pas encore inversé la tendance de fond.
Les dernières analyses techniques disponibles donnent un RSI à 14 jours de 60,3 et un MACD à +0,005. Ces deux données témoignent d'un regain de momentum à court terme sans situation de surachat extrême. Investing.com conserve toutefois une appréciation globale quotidienne « Strong Sell », plusieurs moyennes mobiles restant encore défavorables.
Niveau | Zone | Lecture |
Résistance immédiate | 4,69 € | Plus haut de la séance du 19 août et premier obstacle à franchir |
Résistance majeure | 4,88–4,90 € | Zone des sommets récents et proximité de la MM200 à 4,885 € |
Résistance suivante | 5,02 € | Ancienne zone travaillée fin juillet |
Support immédiat | 4,55–4,60 € | Zone de maintien du rebond et proximité de la MM50 |
Support majeur | 4,38 € | Plus bas récent et seuil défendu le 18 août |
Support secondaire | 4,30 € | Niveau de repli possible en cas de reprise de la pression vendeuse |
MM50 | 4,595 € | Le cours est désormais légèrement au-dessus |
MM200 | 4,885 € | La tendance de fond reste contrainte sous ce niveau |
La zone des 4,69 € est particulièrement importante. Elle correspond pratiquement au plus haut atteint pendant la séance du 19 août. Son franchissement durable ouvrirait un espace vers 4,88–4,90 €, où se trouvent à la fois plusieurs sommets récents et la MM200.
À l’inverse, un retour rapide sous 4,55 €, puis surtout sous 4,38 €, affaiblirait fortement le rebond. Pour les traders utilisant les outils des meilleurs brokers, l’évolution des volumes autour de ces seuils sera aussi importante que le passage ponctuel d’un niveau : les 60,37 millions de titres échangés le 19 août montrent que la hausse s’est accompagnée d’une activité nettement supérieure aux 34,11 millions de la veille.
Quels scénarios pour Stellantis au cours de la prochaine semaine ?
À l’horizon d’une semaine, le scénario positif dépend d’abord de la capacité du titre à conserver la zone 4,55–4,60 €. Un maintien au-dessus de cette région permettrait aux acheteurs de tester de nouveau 4,69 €. Une clôture convaincante au-delà de ce seuil placerait ensuite 4,88–4,90 € au centre de l’attention, avant éventuellement 5,02 €.
Un scénario intermédiaire verrait Stellantis évoluer entre 4,55 € et 4,69 €. Après une progression quotidienne proche de 6 %, une phase d’hésitation serait cohérente avec une normalisation de la volatilité et ne remettrait pas immédiatement en cause le rebond.
Le scénario défavorable réapparaîtrait sous 4,38 €. Une baisse sous le récent point bas signalerait que le mouvement du 19 août n’a constitué qu’un rebond temporaire et exposerait de nouveau la zone de 4,30 €.
Le facteur déterminant restera cependant fondamental. La suspension américaine des nouveaux droits de douane n’est que temporaire et la finalisation de l’accord entre Washington et Ottawa doit encore être surveillée. Un échec des discussions pourrait raviver immédiatement les inquiétudes sur les coûts de production de Stellantis en Amérique du Nord.
Le groupe estime déjà que les droits de douane devraient représenter un impact net compris entre 1 et 1,2 milliard d’euros sur l’ensemble de 2026. Au premier semestre, leur coût net avait atteint environ 300 millions d’euros après prise en compte d’un remboursement de droits de 400 millions.
La situation industrielle reste également à surveiller. Les résultats du deuxième trimestre ont confirmé une amélioration en Amérique du Nord, avec une hausse de 6 % des ventes et une progression de la part de marché américaine à 7,4 %, mais les marges européennes restent négatives et la concurrence chinoise continue d’exercer une forte pression.
Valorisation de Stellantis
La valorisation paraît faible par rapport à de nombreux acteurs automobiles, mais cette décote reflète aussi le niveau élevé d’incertitude. GuruFocus estime le ratio cours/bénéfices anticipé de Stellantis à environ 10,15 fois les bénéfices au 19 août, contre une médiane de 13,68 fois pour le secteur « Vehicles & Parts ».
Le ratio historique est moins pertinent après la perte nette exceptionnelle de 22,3 milliards d’euros enregistrée en 2025, liée principalement à 25,4 milliards d’euros de charges associées au repositionnement stratégique du groupe.
Le consensus disponible auprès de 23 analystes reste « neutre », avec un objectif moyen à douze mois de 5,778 €, contre 4,6395 € à la clôture du 19 août. L'amplitude des objectifs, comprise entre 4 € et 10 €, illustre toutefois à quel point les estimations restent dispersées.
Points clés pour les traders
Le maintien au-dessus de 4,55–4,60 € préserverait le rebond, tandis qu'un passage au-dessus de 4,69 € renforcerait les signaux de trading en direction de 4,88–4,90 €.
Le RSI à 60,3 traduit un momentum redevenu favorable à court terme, mais l'action reste encore sous sa MM200 à 4,885 €, ce qui limite la portée du rebond pour le moment.
Un retour sous 4,38 € invaliderait une grande partie de l'amélioration observée le 19 août et replacerait 4,30 € au centre du risque à court terme.
Conclusion
La hausse de 5,90 % de Stellantis constitue un changement de rythme important après plusieurs semaines de forte pression, mais elle ne suffit pas encore à confirmer un retournement durable. Le soulagement lié à la suspension temporaire des nouveaux droits de douane américains sur le Canada a déclenché un rebond de l'ensemble du secteur automobile européen, avec une réaction particulièrement forte de Stellantis en raison de son exposition industrielle nord-américaine.
À court terme, 4,69 € représente le premier test décisif. Au-dessus, la zone 4,88–4,90 € deviendrait l'objectif naturel suivant. Sous 4,38 €, au contraire, la pression vendeuse reprendrait clairement l'avantage.
Les fondamentaux restent partagés : l'activité et les résultats se redressent en Amérique du Nord, mais les marges demeurent faibles, l'Europe reste difficile et les droits de douane pourraient encore coûter jusqu'à 1,2 milliard d'euros cette année. Le rebond du 19 août mérite donc d'être suivi, mais son prolongement dépendra autant des prochaines décisions commerciales entre les États-Unis et le Canada que de la capacité de Stellantis à poursuivre son redressement opérationnel.