L’argent reste extrêmement volatil autour de 66 dollars l’once après avoir dépassé 69 dollars fin août. Le métal est pris entre deux forces opposées : les tensions géopolitiques et un marché physique toujours déficitaire soutiennent les prix, tandis que le retour des anticipations de hausse des taux américains pèse sur les métaux précieux.
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Cette situation est importante pour les investisseurs, mais aussi pour les industries fortement consommatrices d’argent. Le métal intervient notamment dans l’électronique, l’automobile, les infrastructures électriques et les technologies liées à l’intelligence artificielle. Les variations de prix peuvent donc avoir un impact sur les coûts industriels, alors que l’inflation énergétique et l’incertitude monétaire augmentent déjà les préoccupations du marché.
Les investisseurs exposés aux métaux précieux et aux matières premières doivent ainsi composer avec un environnement économique dans lequel la demande d’investissement reste forte, mais où la politique de la Réserve fédérale pourrait continuer à alimenter la volatilité.
Les taux américains freinent un métal encore soutenu par la demande d’investissement
Le cours de l'argent affiche malgré les récents mouvements une progression sur le dernier mois. D’après l’historique fourni, le XAG/USD est passé de 63,5766 dollars le 7 août à 66,3650 dollars le 7 septembre, soit une hausse d’environ 4,4 %.
Cette performance masque cependant des fluctuations spectaculaires. L’argent est tombé à 63,3243 dollars en clôture le 18 août avant de bondir de 5,7 % dès le lendemain. Le mouvement s’est ensuite prolongé jusqu’à 69,2701 dollars le 27 août, avec un sommet intrajournalier supérieur à 71 dollars le 28 août.
Depuis, le métal a reperdu une partie de son avance et évolue autour de 66 dollars.
L’un des principaux facteurs de pression à court terme vient des États-Unis. Les chiffres de l’emploi publiés début septembre ont été plus solides que prévu et ont renforcé les anticipations d’une hausse des taux de la Réserve fédérale. Reuters indiquait le 7 septembre que les marchés attribuaient environ 60 % de probabilité à un relèvement des taux lors de la prochaine réunion de la Fed, contre environ 50 % avant la publication des statistiques.
Cette perspective constitue un frein pour les métaux précieux, qui ne versent aucun rendement. Des taux obligataires plus élevés augmentent le coût d’opportunité de la détention d’argent et peuvent également soutenir le dollar.
Le marché attend désormais les données d’inflation américaines. Le CPI doit jouer un rôle particulièrement important : une inflation supérieure aux attentes renforcerait encore la possibilité d’un resserrement monétaire, tandis qu’une surprise plus faible pourrait réduire la pression sur l’argent.
Le contexte géopolitique agit toutefois dans le sens opposé. Les tensions entre les États-Unis et l’Iran autour du détroit d’Ormuz ont fait fortement monter les prix du pétrole et ravivé les inquiétudes sur l’inflation mondiale. Le Brent évoluait autour de 97 dollars le 7 septembre, après de nouvelles attaques contre des navires et infrastructures énergétiques.
Cette incertitude soutient traditionnellement la demande pour les métaux précieux. Reuters relevait d’ailleurs le 7 septembre que l’argent progressait légèrement autour de 66,30 dollars alors même que l’or reculait sous l’effet des anticipations de taux américains.
Le marché physique apporte également un soutien important. Selon le World Silver Survey 2026 du Silver Institute, l’offre mondiale devrait rester inférieure à la demande pour la sixième année consécutive. La dernière estimation publiée en avril fait état d’un déficit d’environ 46,3 millions d’onces en 2026.
La situation est néanmoins plus nuancée du côté industriel. Le Silver Institute prévoit une baisse d’environ 3 % de la demande industrielle en 2026, principalement en raison d’une utilisation plus efficiente de l’argent et de substitutions dans le photovoltaïque. Cette faiblesse devrait être partiellement compensée par la croissance des centres de données, des infrastructures liées à l’intelligence artificielle, des réseaux électriques et de l’automobile.
La demande d’investissement reste beaucoup plus dynamique. Le Silver Institute prévoit une forte progression des achats de pièces et de lingots en 2026 et souligne que les risques géopolitiques, l’incertitude sur la politique américaine et les tensions physiques sur certaines places de marché continuent de soutenir les actualités financières liées à l’argent.
Le XAG/USD se heurte à une zone décisive autour de 67 dollars

Les dernières analyses techniques montrent un marché sans direction parfaitement établie à très court terme.
Au cours des premières heures du 7 septembre, Investing.com affichait un RSI(14) compris autour de 46-49 selon l’heure du relevé. Une lecture à 01h46 GMT ressortait à 46,64, soit une zone neutre. Le MACD(12,26) était légèrement négatif à -0,055, signalant un momentum encore fragile malgré le rebond récent.
Les moyennes mobiles dessinent un obstacle supplémentaire. Une lecture disponible le 7 septembre situait la MM50 simple autour de 66,35 dollars et la MM200 simple autour de 67,00 dollars. L’argent évolue donc pratiquement sur sa moyenne intermédiaire mais reste sous la référence longue.
Niveau | Zone | Lecture |
Résistance immédiate | 67,50 $ | zone travaillée à plusieurs reprises fin août |
Résistance majeure | 70,00 $ | seuil psychologique et proximité des sommets récents |
MM200 | 67,00 $ | obstacle de long terme |
MM50 | 66,35 $ | pivot proche du cours |
Support immédiat | 65,40 $ | proximité du plus bas du 7 septembre |
Support majeur | 63,30 $ | zone de réaction observée en août |
Le seuil situé entre 67 et 67,50 dollars est désormais essentiel. La MM200 se situe dans cette zone et le XAG/USD a déjà rencontré plusieurs difficultés à conserver ses gains au-dessus.
Un passage durable au-dessus de 67,50 dollars améliorerait sensiblement le profil du marché et permettrait d’envisager un retour vers 69 puis 70 dollars.
Le seuil de 70 dollars joue un rôle psychologique important. Une nouvelle poussée au-dessus remettrait également en ligne de mire le sommet intrajournalier de 71,1932 dollars enregistré le 28 août.
À l’inverse, un retour sous 65,40 dollars fragiliserait le rebond. Le prochain niveau important se situerait autour de 63,30 dollars, zone testée à plusieurs reprises en août et au début de septembre.
La volatilité reste considérable : le plus haut sur 52 semaines fourni par Investing.com atteint 121,67 dollars, alors que le point bas correspondant n’est que de 40,51 dollars. Cette amplitude illustre le caractère particulièrement spéculatif du marché depuis le début de 2026.
Pour les investisseurs comparant les meilleurs brokers, il est aussi essentiel de vérifier le produit réellement négocié. Le XAG/USD spot, les CFD, les futures COMEX et les ETF liés à l’argent peuvent présenter des frais, des horaires, un effet de levier et des écarts de prix sensiblement différents.
Quels scénarios pour l’argent au cours du prochain mois ?
À horizon d’un mois, la politique de la Réserve fédérale devrait constituer l’un des principaux moteurs.
Une nouvelle accélération de l’inflation américaine renforcerait les anticipations de hausse des taux et pourrait maintenir le dollar et les rendements obligataires sous pression haussière. Pour l’argent, ce scénario augmenterait le risque d’un retour sous 65,40 dollars.
Une baisse sous ce niveau replacerait la zone de 63,30 dollars au centre de l’attention. En dessous, le marché pourrait revenir vers le seuil psychologique de 60 dollars, même si le déficit physique structurel pourrait progressivement attirer de nouveaux acheteurs.
Le scénario favorable repose au contraire sur une modération des anticipations de taux, associée à une poursuite de la demande d’investissement.
Le Silver Institute estime que le marché devrait rester déficitaire en 2026 malgré une légère progression de l’offre mondiale. La production minière devrait rester globalement stable ou n’augmenter que modestement, tandis que le recyclage progresse sous l’effet des prix élevés. Le marché continue donc de dépendre d’une mobilisation des stocks déjà existants.
Cette situation peut devenir particulièrement importante si les flux d’investissement restent soutenus. Les détenteurs d’ETP liés à l’argent représentent déjà des volumes considérables, tandis que la demande de pièces et lingots est attendue en forte hausse cette année.
La demande industrielle constitue en revanche une variable moins favorable qu’au cours des années précédentes. Les fabricants de panneaux solaires réduisent progressivement la quantité d’argent utilisée par cellule et accélèrent certaines substitutions. Le Silver Institute estime cependant que l’IA, les centres de données, l’automobile et les infrastructures électriques continuent d’apporter une demande structurelle significative.
Les scénarios pour septembre peuvent ainsi être résumés :
Au-dessus de 67,50 $, une reprise vers 69 puis 70 $ deviendrait plus probable.
Un dépassement de 70 $ pourrait remettre 71,20 $ puis des niveaux supérieurs au centre de l’attention.
Entre 65,40 et 67,50 $, le marché resterait dans une phase d’hésitation autour de ses moyennes mobiles.
Sous 65,40 $, le risque d’un retour vers 63,30 $ augmenterait.
Sous 63,30 $, le seuil psychologique de 60 $ constituerait le prochain grand repère.
La volatilité pourrait également être amplifiée par le Moyen-Orient. La hausse du pétrole entretient actuellement les inquiétudes inflationnistes et complique le travail des banques centrales. Elle peut simultanément soutenir la demande de refuge pour l’argent tout en renforçant les anticipations de taux élevés, créant ainsi deux forces contradictoires.
Points clés pour les traders
L’argent a gagné environ 4,4 % entre le 7 août et le 7 septembre.
Le marché évolue actuellement autour de 66,36 dollars l’once.
Le RSI récent proche de 46-49 reste neutre et le MACD demeure légèrement négatif.
La MM50 se situe autour de 66,35 dollars et la MM200 autour de 67 dollars.
67,50 puis 70 dollars constituent les principales résistances mensuelles.
Les supports à surveiller sont situés autour de 65,40 et 63,30 dollars.
Le marché mondial de l’argent devrait rester déficitaire pour une sixième année consécutive en 2026.
Les taux américains, l’inflation, les tensions géopolitiques et les flux d’investissement restent les principaux catalyseurs.
Conclusion
L’argent conserve une configuration fondamentale favorable à moyen terme, mais le marché manque encore d’un catalyseur suffisant pour reprendre durablement sa progression vers les sommets d’août.
Le déficit physique attendu pour une sixième année consécutive, la croissance des investissements dans les pièces et lingots et les besoins structurels liés à l’IA, aux réseaux électriques et à l’automobile apportent un soutien au métal. En revanche, la perspective de taux américains plus élevés et la baisse de la demande liée au photovoltaïque limitent actuellement le potentiel de hausse.
Pour septembre, la zone située entre 67 et 67,50 dollars constitue le principal test. Un dépassement ouvrirait la voie à 70 puis 71,20 dollars. À l’inverse, une baisse sous 65,40 dollars augmenterait le risque d’un retour vers 63,30 dollars.
La prochaine impulsion dépendra donc essentiellement des chiffres d’inflation américains, de la décision de la Réserve fédérale et de l’évolution des tensions géopolitiques. Dans cet environnement, l’argent devrait rester l’un des métaux précieux les plus volatils du marché.