L’argent subit une nouvelle vague de ventes à l’approche de la réunion de la Réserve fédérale américaine. Le métal évolue autour de 63 dollars l’once le 14 septembre après avoir dépassé 67 dollars quelques jours plus tôt, tandis que la vigueur du dollar, la remontée des rendements obligataires et les anticipations de hausse des taux exercent une pression directe sur les métaux précieux. Reuters indique que l’argent reculait d’environ 2,5 % lundi, dans le sillage de l’or.
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Cette baisse est importante car l’argent possède un double statut : actif financier et métal industriel. Son prix réagit donc à la fois au niveau des taux réels, au dollar et aux tensions géopolitiques, mais aussi aux perspectives de demande industrielle. Les investisseurs actifs sur les matières premières, les entreprises utilisatrices de métaux et les particuliers exposés aux métaux précieux sont directement concernés par cette forte volatilité.
Le contexte économique reste particulièrement instable. La flambée du pétrole ravive les préoccupations liées à l’inflation et au coût de la vie, tandis qu’une Fed plus restrictive augmenterait le coût du financement et réduirait l’attrait relatif des actifs ne versant pas de rendement. Les prochaines actualités financières américaines devraient donc continuer de provoquer des mouvements importants sur l’argent.
Le rebond d’août a laissé place à une correction brutale
Le cours de l'argent a connu des variations particulièrement importantes depuis la mi-août. D’après les données historiques fournies, l’once est passée de 64,6819 dollars le 14 août à un sommet de clôture de 69,2701 dollars le 27 août, avant de retomber à 63,0115 dollars le 14 septembre.
La correction s’est accélérée fin août. Après avoir atteint un plus haut intrajournalier de 71,1932 dollars le 28 août, l’argent a clôturé cette séance à 66,3785 dollars, soit une chute de 4,17 %. Le métal a ensuite tenté de rebondir début septembre, atteignant 67,2840 dollars le 9 septembre, mais la reprise n’a pas tenu.
La séance du 10 septembre a marqué un nouveau décrochage de 5,51 %, suivi d’un rebond de 1,43 % le 11 septembre. Les ventes ont repris le 14 septembre, avec un plus bas journalier à 62,3385 dollars.
Cette pression s’inscrit dans un contexte macroéconomique devenu moins favorable aux métaux précieux. Reuters rapporte que le dollar a atteint le 14 septembre son niveau le plus élevé depuis environ deux semaines, alors que les marchés anticipent fortement une hausse des taux de la Fed. La progression du Brent vers 108 dollars alimente en parallèle les craintes d’une inflation durablement élevée.
Le rendement du Treasury américain à dix ans a même franchi brièvement 5 %, son niveau le plus élevé depuis octobre 2023. Des rendements obligataires plus élevés augmentent le coût d’opportunité de la détention d’argent, qui ne génère aucun revenu régulier.
La réunion de la Fed des 15 et 16 septembre constitue désormais le principal rendez-vous macroéconomique. Une enquête Reuters publiée le 14 septembre montre que 85 % des économistes interrogés anticipent une hausse de 25 points de base, qui porterait la fourchette des Fed Funds à 3,75 %-4,00 %.
La zone des 62 dollars devient décisive

Les analyses techniques montrent une configuration devenue fragile après les baisses successives de septembre.
À partir des clôtures quotidiennes fournies, le RSI à 14 périodes ressort autour de 44,4 après la séance du 14 septembre. Le momentum est donc négatif, mais le marché n’est pas encore en situation de survente extrême selon ce calcul basé sur les données transmises.
Le dernier relevé technique d’Investing.com que nous avons pu vérifier publiquement date du 11 septembre. À cette date, le MACD à 12 et 26 périodes ressortait à -0,205, avec un signal de vente. La moyenne mobile simple à 50 périodes se situait autour de 66,0573 dollars et la MM200 autour de 65,9152 dollars.
La clôture du 14 septembre à 63,0115 dollars se situe désormais nettement sous ces deux moyennes. Il faut toutefois souligner que les valeurs de MM50, MM200 et MACD proviennent du dernier relevé vérifiable du 11 septembre et non d’un calcul effectué après la séance du 14 septembre.
Niveau | Zone | Lecture |
Résistance majeure | 67,30 $ | Zone du sommet du 9 septembre |
Résistance | 64,50 $ | Ancienne zone de rebond et niveau proche de la clôture du 11 septembre |
MM50 publiée | 66,0573 $ | Relevé Investing.com du 11 septembre |
MM200 publiée | 65,9152 $ | Relevé Investing.com du 11 septembre |
Support immédiat | 62,34 $ | Plus bas du 14 septembre |
Support majeur | 60,00 $ | Seuil psychologique |
Le premier seuil à surveiller se situe donc à 62,34 dollars, correspondant précisément au plus bas observé le 14 septembre. Une clôture sous cette zone augmenterait le risque de prolongation du mouvement vers 60 dollars.
À la hausse, 64,50 dollars constitue la première barrière. Un retour au-dessus de ce niveau atténuerait la pression immédiate, mais une amélioration plus convaincante nécessiterait ensuite un franchissement de la zone 65,90-66,10 dollars, où se situaient les deux grandes moyennes mobiles lors du dernier relevé disponible.
La résistance supérieure se trouve vers 67,30 dollars. Elle correspond approximativement au sommet atteint le 9 septembre avant l’importante baisse de la séance suivante.
Quels scénarios pour l’argent au cours de la semaine ?
L’évolution du marché au cours des prochains jours dépendra largement du message envoyé par la Fed mercredi 16 septembre.
Si la banque centrale relève ses taux de 25 points de base et maintient un discours restrictif, le dollar et les rendements obligataires pourraient rester soutenus. Une baisse de l’argent sous 62,34 dollars placerait alors le seuil des 60 dollars en ligne de mire.
Une réaction particulièrement négative à la Fed pourrait même provoquer ponctuellement un passage sous 60 dollars. Ce scénario nécessiterait probablement une nouvelle progression du dollar ou des rendements américains après la décision.
Le scénario plus favorable commencerait par une stabilisation au-dessus de 62,34 dollars. Un retour au-dessus de 64,50 dollars permettrait ensuite d’envisager un rebond vers 65,90-66,10 dollars. Au-delà, 67,30 dollars redeviendrait le principal objectif de la semaine.
La volatilité peut toutefois rester élevée même après la réunion de la Fed. Les tensions au Moyen-Orient ont poussé le Brent vers 108 dollars le 14 septembre, ce qui alimente l’inflation mais accroît également la demande pour certains actifs refuges. Ces deux effets peuvent agir dans des directions opposées sur les métaux précieux.
Les fondamentaux de plus long terme restent par ailleurs différents de la dynamique de court terme. Le Silver Institute prévoit un sixième déficit annuel consécutif du marché mondial de l’argent en 2026. La production minière devrait rester globalement stable et le déficit structurel pourrait atteindre environ 46,3 millions d’onces.
La demande physique d’investissement devrait progresser d’environ 20 % cette année pour atteindre 227 millions d’onces. À l’inverse, la consommation industrielle est attendue en baisse de 2 %, autour de 650 millions d’onces, principalement en raison de la réduction de l’utilisation d’argent dans le photovoltaïque. Le développement des centres de données, de l’intelligence artificielle et du secteur automobile devrait néanmoins soutenir certaines utilisations industrielles.
Ces éléments peuvent limiter la pression à moyen terme, mais ils ne neutralisent pas nécessairement l’effet immédiat d’un dollar fort et de taux américains élevés.
Pour les traders qui souhaitent intervenir sur XAG/USD ou via des CFD, la volatilité récente rend également la comparaison des spreads, des frais de financement et des mécanismes de protection proposés par les meilleurs brokers particulièrement importante.
Points clés pour les traders
Le support principal à très court terme se situe à 62,34 dollars, correspondant au plus bas du 14 septembre.
Le RSI(14) recalculé sur les clôtures fournies ressort autour de 44,4 et traduit une perte de momentum sans situation de survente extrême.
Le dernier MACD vérifiable reste négatif à -0,205 sur le relevé Investing.com du 11 septembre.
La zone 64,50 dollars constitue la première résistance en cas de rebond.
Les MM50 et MM200 du dernier relevé disponible étaient situées autour de 66,06 et 65,92 dollars.
Une clôture sous 62,34 dollars augmenterait le risque d’une extension vers le seuil psychologique de 60 dollars.
Une reprise de 67,30 dollars modifierait sensiblement la dynamique de court terme.
La décision de la Fed du 16 septembre devrait être le principal catalyseur de volatilité de la semaine.
Conclusion
L’argent entame la semaine du 15 septembre dans une configuration fragile. Après avoir approché 68 dollars quelques jours auparavant, XAG/USD est retombé vers 63 dollars sous l’effet conjoint d’un dollar plus fort, de rendements obligataires proches de leurs plus hauts depuis plusieurs années et d’anticipations croissantes de hausse des taux américains.
La zone de 62,34 dollars constitue désormais le premier test important. Tant qu’elle tient, un rebond vers 64,50 puis 66 dollars reste possible. En revanche, un passage durable sous ce niveau augmenterait nettement le risque d’une extension vers 60 dollars.
La décision de la Fed devrait déterminer la direction immédiate. À plus long terme, le déficit structurel du marché de l’argent et la hausse attendue de l’investissement physique continuent d’offrir un soutien fondamental, même si la demande industrielle devrait légèrement diminuer en 2026.