Le cuivre revient près de ses plus hauts récents, soutenu par des tensions persistantes sur l’approvisionnement disponible hors des États-Unis et par les incertitudes entourant de possibles droits de douane américains sur le métal raffiné. Cette pression intervient alors que la demande liée aux réseaux électriques, aux véhicules électriques et aux centres de données reste structurellement élevée.
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Cette évolution est importante car le cuivre est présent dans de nombreux secteurs industriels et constitue un coût essentiel pour les infrastructures électriques, la construction et les technologies numériques. Une hausse durable peut se répercuter sur les coûts de production et, indirectement, sur les prix finaux. Les industriels, investisseurs et opérateurs exposés aux matières premières sont donc directement concernés.
L’incertitude reste néanmoins élevée. La Chine demeure le principal consommateur mondial, mais son économie intérieure manque encore de dynamisme, tandis que les flux massifs de métal vers les États-Unis modifient artificiellement la disponibilité du cuivre entre les différentes régions.
Les flux vers les États-Unis resserrent le marché hors d’Amérique
Le cours du cuivre a progressé sur le mois écoulé. D’après l’historique fourni, le contrat décembre 2026 est passé de 6,5910 dollars par livre le 7 août à 6,7188 dollars le 7 septembre, soit une hausse d’environ 1,9 %.
Cette progression relativement modérée masque une forte volatilité. Le contrat est tombé à 6,4690 dollars en clôture le 20 août avant de rebondir au-dessus de 6,71 dollars le 25 août. Le plus haut intrajournalier du mois a atteint 6,8795 dollars le 26 août.
Le principal facteur fondamental est actuellement la recomposition des stocks mondiaux. Les acteurs du marché anticipent toujours la possibilité de droits de douane américains sur le cuivre raffiné à partir de 2027. Cette perspective a encouragé des volumes considérables de métal à être expédiés vers les États-Unis afin de sécuriser les approvisionnements avant une éventuelle taxe.
Les stocks de cuivre dans les entrepôts agréés COMEX ont ainsi atteint un record de plus de 675 000 tonnes fin août. Parallèlement, près de 885 000 tonnes de cathodes raffinées avaient été importées aux États-Unis au premier semestre 2026. Cette accumulation réduit mécaniquement les quantités disponibles dans les autres régions.
Le phénomène est important car, sur le papier, le marché mondial ne manque pas nécessairement de cuivre. CRU estimait encore un surplus global d’environ 639 000 tonnes en 2026. Mais si une grande partie de ce métal reste immobilisée aux États-Unis, le marché effectivement disponible en Europe et en Asie peut se comporter comme s’il était beaucoup plus tendu.
Cette distorsion s’est encore confirmée début septembre. Les importations américaines de cuivre en provenance de République démocratique du Congo ont atteint un record de 53 290 tonnes en juillet, contre moins de 32 000 tonnes sur l’ensemble de 2024. Le Congo représentait ainsi près de 24 % des importations américaines de cuivre ce mois-là.
En parallèle, les importations chinoises de cuivre congolais ont reculé de 4,3 % sur les sept premiers mois de l’année. Cette redistribution des flux entre la Chine et les États-Unis devient donc l’un des thèmes majeurs des actualités financières concernant le cuivre.
Les contraintes minières restent également un facteur de soutien. En Indonésie, Freeport a repoussé à 2028 le retour à pleine capacité de la mine souterraine de Grasberg, après les importantes perturbations liées à l’accident de 2025. La production n’était encore qu’à environ 40 % à 50 % de sa capacité au printemps.
La demande chinoise est plus difficile à interpréter. L’économie continue de souffrir d’une demande intérieure et d’investissements relativement faibles, même si les exportations restent solides et que le secteur manufacturier montre quelques signes d’amélioration. Un sondage Reuters publié le 7 septembre anticipait une hausse de 30 % des importations chinoises totales en août sur un an, mais signalait toujours une consommation intérieure peu dynamique.
Le cuivre reste donc pris entre une demande chinoise cyclique encore incertaine et des besoins structurels élevés liés à l’électrification, aux réseaux électriques et aux infrastructures destinées à l’intelligence artificielle.
Le contrat décembre revient au contact de 6,73 dollars

Les dernières analyses techniques disponibles le 7 septembre montrent une configuration constructive.
Investing.com affichait à 12h15 GMT un RSI à 14 périodes de 53,315. Ce niveau reste neutre, légèrement supérieur à 50, et ne traduit aucune situation d’excès acheteur. Le MACD(12,26) ressortait à +0,007, associé à un signal d’achat. La synthèse quotidienne était classée « achat fort ».
Les moyennes mobiles offrent également un soutien. La MM50 simple se situait à 6,6649 dollars et la MM200 simple à 6,6323 dollars. Le contrat évolue donc au-dessus de ces deux références, tandis que neuf des douze moyennes mobiles recensées par la plateforme donnaient un signal d’achat lors de cette observation.
Niveau | Zone | Lecture |
Résistance immédiate | 6,733 $ | proximité du plus haut du 7 septembre |
Résistance majeure | 6,880 $ | sommet mensuel et proximité du record 52 semaines |
MM50 | 6,6649 $ | pivot intermédiaire |
MM200 | 6,6323 $ | référence de fond |
Support immédiat | 6,640 $ | zone proche des moyennes mobiles |
Support majeur | 6,580 $ | ancienne zone de rebond |
Le premier obstacle se situe autour de 6,733 dollars, niveau correspondant au sommet atteint le 7 septembre. Un franchissement durable placerait rapidement la zone de 6,80 dollars puis le sommet mensuel proche de 6,88 dollars au centre de l’attention.
Le plus haut sur 52 semaines fourni par Investing.com se situe à 6,8795 dollars. La zone 6,88 dollars possède donc une importance particulière : son dépassement placerait le contrat en territoire de nouveaux sommets annuels.
À l’inverse, un repli sous 6,64 dollars ramènerait le marché vers sa MM200 proche de 6,63 dollars. Une perte de cette zone pourrait ouvrir la voie à 6,58 dollars.
Pour les investisseurs qui évaluent les meilleurs brokers, il faut également tenir compte du produit utilisé. Les CFD, contrats futures et ETF liés au cuivre peuvent présenter des coûts, échéances et écarts de prix différents, notamment pendant les périodes de forte volatilité ou lors du passage d’un contrat futures à l’autre.
Quels scénarios pour le cuivre au cours du prochain mois ?
À horizon d’un mois, le premier scénario repose sur la poursuite des tensions concernant les stocks disponibles hors des États-Unis.
Si les flux continuent d’être attirés vers les entrepôts américains en anticipation de droits de douane, le marché européen et asiatique pourrait rester relativement tendu malgré un surplus global théorique. Les importantes annulations de warrants dans les entrepôts LME illustrent déjà cette compétition pour le métal disponible.
Dans ce scénario, un passage au-dessus de 6,733 dollars pourrait permettre au cuivre de tester 6,80 puis 6,88 dollars. Au-delà de 6,88 dollars, le marché entrerait dans une zone de découverte de prix plus délicate à anticiper.
La décision américaine concernant les droits de douane représente cependant un risque dans les deux sens. Les analystes cités par Reuters estiment qu’une confirmation de taxes pourrait provoquer une forte réaction initiale. À l’inverse, une clarification de la politique commerciale pourrait également faire disparaître une partie de la prime d’incertitude actuellement intégrée dans les cours.
Le deuxième facteur déterminant reste la Chine. Une amélioration des investissements industriels et immobiliers apporterait un soutien supplémentaire à la demande. À l’inverse, une nouvelle dégradation de l’activité intérieure chinoise pourrait affaiblir le métal, même si les exportations du pays restent dynamiques.
Le dollar américain constitue aussi un élément à surveiller. La hausse récente du pétrole augmente les inquiétudes inflationnistes et renforce les anticipations de hausse des taux américains. Des taux plus élevés et un dollar plus fort peuvent généralement peser sur les métaux industriels libellés en dollars.
Plusieurs scénarios se dégagent donc pour septembre :
Au-dessus de 6,733 $, le cuivre pourrait viser 6,80 puis 6,88 $.
Un dépassement de 6,88 $ signalerait un nouveau sommet sur 52 semaines et pourrait accentuer la volatilité.
Entre 6,64 et 6,73 $, le marché conserverait une configuration relativement équilibrée.
Sous 6,64 $, la MM200 autour de 6,63 $ deviendrait le prochain niveau important.
Une baisse sous 6,58 $ fragiliserait nettement la dynamique mensuelle et pourrait provoquer un retour vers 6,50 $.
Le principal risque baissier reste une combinaison d’affaiblissement de la demande chinoise, de hausse du dollar et de clarification défavorable des droits de douane américains. Le principal risque haussier serait au contraire une nouvelle baisse des stocks disponibles hors des États-Unis accompagnée de perturbations minières supplémentaires.
Points clés pour les traders
Le cuivre a progressé d’environ 1,9 % entre le 7 août et le 7 septembre.
Le RSI à 53,315 reste neutre tandis que le MACD à +0,007 conserve un signal positif.
La MM50 se situe à 6,6649 dollars et la MM200 à 6,6323 dollars.
La résistance immédiate se situe à 6,733 dollars, avant le sommet annuel proche de 6,88 dollars.
Les supports les plus importants se trouvent autour de 6,64 et 6,58 dollars.
Les stocks COMEX ont atteint des niveaux records sous l’effet des anticipations de droits de douane américains.
La demande chinoise et la politique commerciale américaine restent les deux principaux catalyseurs du mois.
Conclusion
Le cuivre aborde septembre dans une configuration solide mais complexe. Le contrat décembre évolue au-dessus de ses MM50 et MM200, le MACD reste positif et le RSI ne montre pas encore de surchauffe. Le marché dispose donc encore d’une certaine marge avant d’atteindre une situation d’excès acheteur.
La dynamique fondamentale repose toutefois moins sur une véritable pénurie mondiale que sur une redistribution exceptionnelle des stocks. L’accumulation massive de cuivre aux États-Unis en anticipation de possibles droits de douane réduit la disponibilité du métal dans d’autres régions, tandis que les perturbations minières continuent d’ajouter une prime de risque.
Pour septembre, la zone de 6,733 dollars constitue le premier test. Un dépassement ouvrirait la voie vers 6,80 puis 6,88 dollars. À l’inverse, une baisse sous 6,64 dollars remettrait la MM200 à 6,63 dollars sous pression et replacerait 6,58 dollars au centre de l’attention.
La décision américaine sur les tarifs, la demande chinoise et l’évolution des stocks physiques devraient donc rester les principaux moteurs du cuivre au cours des prochaines semaines.