L’euro n’a pas réussi à profiter durablement du nouveau relèvement des taux de la Banque centrale européenne. Après la décision de la BCE d’augmenter son taux de dépôt de 25 points de base à 2,50 %, l’EUR/USD a d’abord reculé d’environ 0,3 %, autour de 1,159 dollar, avant de récupérer une partie de ses pertes. La réaction montre que le durcissement monétaire était déjà largement intégré dans les prix et que les préoccupations du marché se déplacent désormais vers l’inflation américaine, la Fed et l’évolution du choc énergétique.
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Cette situation est importante car les deux grandes banques centrales sont confrontées à une pression inflationniste renouvelée. En zone euro, l’envolée des coûts énergétiques pèse sur les ménages et les entreprises, avec un impact potentiel sur les prix, l’inflation et le coût de la vie. Aux États-Unis, des statistiques toujours solides entretiennent également l’incertitude sur la trajectoire des taux. Cette combinaison augmente la volatilité sur le marché des devises et rend la réaction du dollar déterminante pour la prochaine direction de la paire.
Pour les traders qui suivent les actualités Forex, l’enjeu immédiat n’est donc plus simplement le relèvement de taux décidé par Francfort : il s’agit de déterminer si la BCE pourra continuer à resserrer sa politique sans provoquer un ralentissement trop marqué de l’économie européenne, alors que la Réserve fédérale pourrait elle aussi relever ses taux.
La BCE relève ses taux mais l’euro peine à en profiter
La réunion du 10 septembre a confirmé le retour d’une BCE plus restrictive. Son taux de dépôt est passé de 2,25 % à 2,50 %, ce qui constitue la deuxième hausse de taux de l’année. Cette décision répond en grande partie au regain d’inflation provoqué par la hausse des prix de l’énergie et les tensions persistantes au Moyen-Orient.
Le contexte inflationniste s’est nettement dégradé pendant l’été. Selon l’estimation rapide d’Eurostat, l’inflation annuelle de la zone euro a atteint 3,3 % en août contre 2,9 % en juillet. L’énergie constitue la principale source de pression, avec une hausse annuelle estimée à 14,3 %, tandis que l’inflation hors énergie et alimentation reste plus contenue à 2,2 %.
La BCE a parallèlement revu à la hausse ses perspectives économiques. Elle anticipe désormais une croissance de 0,9 % en 2026 contre 0,8 % précédemment, puis 1,4 % en 2027. L’inflation moyenne attendue pour 2027 a été relevée à 2,5 %. Ce mélange de croissance relativement résistante et d’inflation durablement supérieure à l’objectif permet à Francfort de conserver une orientation restrictive.
La difficulté vient du prix de l’énergie. Le Brent évoluait autour de 105 dollars le baril jeudi, tandis que le gaz naturel européen atteignait environ 83 euros/MWh, contre respectivement environ 73 dollars et 44 euros à la fin juin. Un choc prolongé ferait grimper les coûts de production tout en comprimant le pouvoir d’achat, créant un environnement économique particulièrement inconfortable pour la BCE.
C’est notamment pour cette raison que la réaction du cours de l'EUR/USD est restée modérée. La paire est descendue vers 1,159-1,160 juste après la décision avant de revenir autour de 1,1630 en fin de séance européenne. La hausse des taux n’a pas suffi à déclencher une appréciation nette de l’euro, car elle avait été presque entièrement anticipée avant la réunion.
La pression vient également des États-Unis. Les créations d’emplois américaines ont atteint 162 000 en août, largement au-dessus des attentes, tandis que le chômage est resté à 4,1 %. Cette résistance du marché du travail a renforcé la possibilité d’un nouveau durcissement de la Fed.
Jeudi, les prix à la production américains ont ajouté une nouvelle source d’incertitude : le PPI a progressé de 0,4 % sur un mois et de 5,4 % sur un an en août, notamment sous l’effet d’une hausse mensuelle de 4,2 % des prix de l’énergie.
L’EUR/USD reste enfermé entre 1,1590 et 1,1655

Les données fournies montrent une remontée modérée de l’euro depuis le début du mois d’août. Entre le 10 août et le 10 septembre, l’EUR/USD est passé de 1,1543 à 1,1629, soit une progression d’environ 0,75 %. La paire avait atteint 1,1679 les 20 et 21 août avant de retomber à 1,1585 le 28 août.
Depuis le creux du début septembre, le marché a progressivement retrouvé la zone des 1,1630, mais sans réussir à dépasser durablement les sommets récents. Le 10 septembre, après la réunion de la BCE, la paire a évolué entre 1,1592 et 1,1642 selon l’historique fourni.
Les dernières analyses techniques disponibles chez Investing.com donnent un RSI à 52,4, niveau considéré comme neutre. Le MACD conserve un signal d’achat, tandis que la synthèse des moyennes mobiles reste positive. Il faut toutefois préciser que cette photographie des indicateurs a été publiée plus tôt dans la séance du 10 septembre et ne reflète donc pas intégralement les mouvements intervenus après la conférence de presse de la BCE.
La moyenne mobile simple à 50 périodes ressortait autour de 1,1630 et la moyenne à 200 périodes autour de 1,1612. Le dernier cours de 1,1629 se situe ainsi pratiquement sur la moyenne courte et légèrement au-dessus de la moyenne longue.
Niveau | Zone | Lecture |
Résistance principale | 1,1655 | Sommet de la zone travaillée depuis fin août |
Résistance suivante | 1,1700 | Seuil psychologique et objectif supérieur |
MM50 | 1,1630 | Zone d’équilibre immédiate |
MM200 | 1,1612 | Repère de fond |
Support principal | 1,1590 | Zone défendue à plusieurs reprises début septembre |
Support suivant | 1,1565 | Creux intermédiaires d’août et zone de repli |
La zone 1,1650-1,1655 est particulièrement importante. Elle correspond aux sommets récents et avait déjà été identifiée comme une résistance déterminante avant la réunion de la BCE. Au-dessus, les prochains objectifs se situeraient vers 1,1680 puis 1,1700. À l’inverse, une perte de 1,1590 ramènerait rapidement l’attention sur 1,1565 puis sur 1,1525.
Les prochaines séances dépendront surtout de l’inflation américaine
À horizon d’une semaine, la principale variable pour l’EUR/USD devrait être l’évolution des anticipations de taux aux États-Unis.
Le rapport sur les prix à la consommation américains publié vendredi 11 septembre constituera le dernier grand rendez-vous inflationniste avant la réunion de la Réserve fédérale des 15 et 16 septembre. Le consensus Reuters prévoit une inflation globale de 0,4 % sur un mois et 3,4 % sur un an, contre 0,2 % et 2,4 % respectivement pour l’inflation sous-jacente.
Une inflation supérieure aux attentes renforcerait la probabilité d’un relèvement des taux américains. Les marchés évaluaient jeudi la probabilité d’une hausse de 25 points de base autour de 62 à 65 %, tandis qu’une majorité d’économistes interrogés par Reuters anticipait encore un statu quo. Cette divergence explique pourquoi le CPI pourrait provoquer un mouvement particulièrement important sur le dollar.
Dans un scénario où l’EUR/USD se maintient au-dessus de 1,1590, une nouvelle attaque de 1,1655 reste possible. Un franchissement confirmé de cette zone ouvrirait la voie vers 1,1680 puis 1,1700. Au-delà de 1,1700, la paire pourrait retrouver une dynamique plus favorable en direction des sommets d’août.
À l’inverse, un retour sous 1,1590 signalerait une perte de momentum à court terme. Le marché pourrait alors revenir vers 1,1565, puis 1,1525 en cas de renforcement marqué du dollar.
Le scénario le plus défavorable à l’euro serait celui d’une combinaison entre inflation américaine supérieure aux attentes, remontée supplémentaire des rendements obligataires américains et poursuite du choc pétrolier. L’Europe étant importatrice nette d’énergie, une nouvelle hausse des hydrocarbures représente à la fois une source d’inflation et un frein potentiel à la croissance.
Un reflux de l’énergie accompagné d’un CPI américain plus modéré aurait l’effet inverse : les anticipations de hausse de taux de la Fed pourraient diminuer tandis que le différentiel de politique monétaire redeviendrait plus favorable à l’euro.
Les niveaux à retenir pour les traders
Tant que l’EUR/USD conserve 1,1590, la reprise observée depuis le début septembre reste défendue.
Un passage durable au-dessus de 1,1655 renforcerait le scénario d’une progression vers 1,1680 puis 1,1700.
Sous 1,1590, les prochains supports importants se situent à 1,1565 et 1,1525.
Le RSI proche de 52 traduit un momentum équilibré, sans situation extrême à court terme.
Le CPI américain du 11 septembre puis la décision de la Fed des 15-16 septembre constituent les deux principaux catalyseurs de volatilité.
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Conclusion
La hausse de taux de la BCE n’a pas suffi à faire décoller l’euro. Le mouvement était attendu et le marché cherche désormais à mesurer jusqu’où Francfort pourra durcir sa politique face à une inflation énergétique élevée sans trop peser sur la croissance.
Autour de 1,1630, l’EUR/USD se trouve entre un support important à 1,1590 et une résistance décisive autour de 1,1655. Le prochain mouvement significatif pourrait surtout dépendre des statistiques d’inflation américaines et de leur impact sur les attentes concernant la Fed.
Pour les prochaines séances, 1,1590 et 1,1655 constituent donc les deux bornes essentielles : une sortie durable de cet intervalle donnerait un signal beaucoup plus clair sur la direction que pourrait prendre l’EUR/USD avant la réunion de la Réserve fédérale.