L’euro recule nettement face au dollar à l’approche d’une réunion déterminante de la Réserve fédérale américaine. L’EUR/USD évolue autour de 1,1531 après une baisse de 0,53 % le 14 septembre, son niveau le plus faible depuis environ un mois. La remontée des anticipations de taux américains, la hausse des rendements obligataires et le regain des tensions géopolitiques soutiennent le billet vert et entretiennent une forte incertitude sur le marché des devises.
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Cette évolution est importante car les taux de change influencent directement les coûts d’importation, les prix de l’énergie et, à terme, l’inflation et le coût de la vie des deux côtés de l’Atlantique. Les entreprises européennes exposées au dollar, les investisseurs internationaux et les particuliers actifs sur le Forex sont donc directement concernés par la volatilité actuelle. Le contexte économique reste dominé par les politiques monétaires et par l’impact de la hausse du pétrole sur les prix.
Le dollar reprend l’avantage avant la décision de la Fed
Le cours de l'EUR/USD est passé de 1,1679 le 21 août à 1,1531 le 14 septembre, soit un recul d’environ 1,3 %. Sur la seule période allant du 9 au 14 septembre, la paire a chuté de 1,1633 à 1,1531, effaçant rapidement le rebond observé au début du mois.
Cette baisse s’explique d’abord par une révision spectaculaire des attentes concernant la Réserve fédérale. Une enquête Reuters publiée le 14 septembre montre que 85 % des économistes interrogés anticipent désormais une hausse de 25 points de base lors de la réunion des 15 et 16 septembre, ce qui porterait le taux des fonds fédéraux dans une fourchette de 3,75 % à 4,00 %. Les marchés monétaires attribuaient de leur côté près de 90 % de probabilité à cette décision.
Ce changement intervient après les chiffres d’inflation américains du mois d’août. Les prix à la consommation ont progressé de 0,4 % sur un mois et de 3,4 % sur un an. L’inflation reste donc nettement supérieure à l’objectif de 2 % de la Fed, ce qui limite sa marge de manœuvre pour assouplir sa politique monétaire.
Le pétrole renforce également les pressions. Le Brent a dépassé 108 dollars le baril le 14 septembre sur fond de nouvelles tensions au Moyen-Orient et de perturbations des infrastructures et voies de transport pétrolières. Cette hausse accroît les préoccupations du marché concernant une nouvelle accélération de l’inflation américaine et encourage les investisseurs à privilégier le dollar, qui bénéficie également de son statut de valeur refuge.
L’euro dispose pourtant de ses propres soutiens. Le 10 septembre, la Banque centrale européenne a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base. Le taux de la facilité de dépôt passera ainsi à 2,50 % à compter du 16 septembre. La BCE prévoit désormais une inflation moyenne de 3,0 % en 2026 et de 2,5 % en 2027, signe que la lutte contre les hausses de prix pourrait nécessiter d’autres mesures.
Plusieurs membres de la BCE ont d’ailleurs souligné depuis cette réunion que de nouveaux relèvements pourraient devenir nécessaires si le choc énergétique se transmet davantage aux prix. Cette perspective apporte un soutien relatif à l’euro, mais elle ne suffit pas pour l’instant à compenser l’avantage du dollar.
Ces thèmes devraient donc continuer d’occuper une place centrale dans les prochaines actualités Forex.
Les vendeurs contrôlent encore la paire sous 1,1600

Les dernières analyses techniques disponibles indiquent une configuration fortement dégradée. Un relevé d’Investing.com effectué le 14 septembre affichait un signal global « vente forte », avec la totalité des principales moyennes mobiles orientées à la vente.
Le RSI à 14 périodes se situait autour de 26 sur l’un des relevés les plus récents, contre 24 à 25 plus tôt dans la journée. La paire se trouve donc en zone de survente à très court terme. Cette situation peut favoriser un rebond ponctuel, mais ne constitue pas en elle-même un signal de retournement.
Le MACD à 12 et 26 périodes ressortait autour de -0,002, confirmant un momentum négatif. La moyenne mobile simple à 50 périodes se situait autour de 1,1596 et la MM200 autour de 1,1613 sur le relevé Investing.com du 14 septembre. La paire évolue donc sous ces deux repères, ce qui maintient une pression négative à court terme.
Niveau | Zone | Commentaire |
Résistance majeure | 1,1680 | Zone des sommets d’août |
Résistance | 1,1600 | Seuil psychologique et ancienne zone d’appui |
MM200 | 1,1613 | Moyenne mobile long terme |
MM50 | 1,1596 | Résistance dynamique de court terme |
Support immédiat | 1,1520 | Proche du plus bas du 14 septembre |
Support majeur | 1,1500 | Seuil psychologique important |
Le premier niveau décisif se situe autour de 1,1520, très proche du plus bas journalier du 14 septembre à 1,1523. Une cassure durable de cette zone placerait immédiatement 1,1500 dans le viseur.
À la hausse, 1,1600 constitue désormais une barrière importante. Cette zone correspond à la fois à un seuil psychologique et à une ancienne zone de prix régulièrement travaillée au cours des dernières semaines. Au-dessus, les niveaux de 1,1613 puis 1,1680 constitueraient les prochains obstacles.
Quels scénarios pour l’EUR/USD au cours de la semaine ?
La décision de la Fed du mercredi 16 septembre devrait constituer le principal moteur de l’EUR/USD cette semaine. Si la banque centrale relève effectivement ses taux de 25 points de base et adopte un discours laissant envisager de nouveaux relèvements, le différentiel de rendement pourrait continuer de favoriser le dollar.
Dans ce scénario, une cassure de 1,1520 ouvrirait la voie à un test de 1,1500. Une rupture de ce seuil psychologique pourrait ensuite accentuer la pression en direction de la zone 1,1450-1,1470 au cours des séances suivantes.
Le scénario inverse dépendrait surtout d’une Fed moins restrictive que prévu. Si Jerome Powell et le FOMC, ou, dans le contexte actuel, le président de la Fed Kevin Warsh, signalent que la hausse de septembre pourrait rester isolée, les positions longues sur le dollar pourraient être partiellement débouclées. Un retour au-dessus de 1,1600 permettrait alors de viser 1,1615 puis 1,1680.
La BCE pourrait aussi limiter la baisse de l’euro. Elle vient de relever son taux de dépôt à 2,50 % et plusieurs responsables évoquent déjà la possibilité de nouvelles hausses si l’inflation énergétique persiste. La divergence de politique monétaire entre les États-Unis et la zone euro est donc moins marquée qu’elle ne l’était quelques mois auparavant, ce qui pourrait freiner une chute prolongée de la paire.
Les traders devront toutefois surveiller de près les rendements obligataires américains, le prix du pétrole et toute nouvelle escalade au Moyen-Orient. Ces facteurs peuvent provoquer des mouvements rapides et rendre les conditions de marché plus difficiles. Pour les investisseurs qui souhaitent intervenir sur la paire avec effet de levier, comparer les spreads, les frais et les protections proposés par les meilleurs brokers reste particulièrement important dans ce type d’environnement.
Points clés pour les traders
Le support immédiat se situe autour de 1,1520, juste au-dessus du seuil psychologique de 1,1500.
Le RSI autour de 26 signale une situation de survente qui pourrait provoquer des rebonds techniques de court terme.
Le MACD reste négatif et la paire évolue sous ses MM50 et MM200.
Un retour durable au-dessus de 1,1600 réduirait la pression vendeuse et remettrait 1,1680 en ligne de mire.
Une baisse sous 1,1500 renforcerait le risque d’une extension vers 1,1450-1,1470.
La décision de la Fed du 16 septembre reste le catalyseur principal de la semaine.
Conclusion
L’EUR/USD entre dans une semaine décisive sous une pression clairement favorable au dollar. La paire a chuté vers 1,1530 alors que les marchés anticipent désormais très largement une hausse des taux de la Réserve fédérale, soutenue par une inflation américaine persistante et une nouvelle flambée du pétrole.
La BCE adopte elle aussi une politique plus restrictive, mais le marché estime pour le moment que la dynamique américaine offre davantage de soutien au dollar. À court terme, le comportement de l’EUR/USD autour de 1,1520 puis de 1,1500 sera déterminant.
Un maintien de cette zone pourrait permettre un rebond vers 1,1600 puis 1,1680. À l’inverse, une nouvelle accélération du dollar après la Fed exposerait la paire à une extension de son recul sous 1,1500. Dans ce contexte, le risque de volatilité reste particulièrement élevé autour de la décision et de la conférence de presse de la banque centrale américaine.