Le cours de l’EUR/USD aborde cette nouvelle semaine autour de 1,1470, après une nette dégradation depuis la mi-septembre. La vigueur du dollar reste le principal facteur de pression : la Réserve fédérale américaine vient de relever ses taux de 25 points de base et les marchés envisagent désormais la possibilité d’un nouveau resserrement, tandis que l’euro doit composer avec les tensions énergétiques et l’incertitude politique en Allemagne.
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Cette situation est importante car le différentiel de taux entre les États-Unis et la zone euro, l’inflation et les coûts de l’énergie ont un impact direct sur les prix des devises. Pour les entreprises comme pour les particuliers, les variations de change peuvent également se transmettre aux prix des produits importés et, plus largement, au coût de la vie. Dans cet environnement économique, la volatilité pourrait rester élevée à mesure que les investisseurs réévaluent les trajectoires monétaires américaine et européenne.
Le dollar reprend l’avantage après le resserrement de la Fed
L’EUR/USD a nettement reculé au cours des dernières semaines. D’après l’historique fourni, la paire est passée de 1,1679 le 21 août à 1,1471 le 21 septembre, soit une baisse d’environ 1,8 %. Le mouvement s’est surtout accéléré à partir du 14 septembre : après 1,1549 le 14 septembre, l’euro est tombé à 1,1466 le 16 septembre.
Le catalyseur majeur a été la Réserve fédérale. Le 16 septembre, le FOMC a relevé de 25 points de base la fourchette cible des Fed Funds, désormais comprise entre 3,75 % et 4,00 %. La Fed a justifié cette décision par une inflation toujours élevée et une économie américaine qui continue de progresser à un rythme solide.
Cette décision a renforcé le dollar. Le 21 septembre, l’indice du dollar évoluait autour de 100,39 et le marché accordait une attention croissante à la possibilité d’un nouveau relèvement des taux américains en octobre. L’euro évoluait parallèlement autour de 1,147 dollar.
La BCE n’est pourtant pas inactive. Le 10 septembre, elle a également relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base, portant le taux de dépôt à 2,50 %. Ses nouvelles projections tablent sur une inflation moyenne de 3,0 % en 2026 et une croissance limitée à 0,9 %. La banque centrale souligne elle-même que les risques restent orientés à la hausse pour l’inflation et à la baisse pour la croissance, notamment en raison du choc énergétique provoqué par le conflit au Moyen-Orient.
Les dernières actualités financières montrent cependant un léger apaisement sur le front pétrolier : le Brent reculait d'environ 2 % lundi, alors que les marchés surveillent les flux pétroliers du Moyen-Orient et les efforts diplomatiques. Une détente durable de l’énergie serait plutôt favorable à la zone euro, fortement dépendante de ses importations énergétiques.
L’EUR/USD tente de se stabiliser près d’une zone charnière

Le tableau reste fragile. Le 21 septembre, l’EUR/USD évolue autour de 1,1470-1,1480 selon l’heure et la source de cotation. Reuters rapportait un euro à 1,1468 durant la séance, tandis que les données fournies placent le dernier cours à 1,1471.
Les analyses techniques de court terme sont particulièrement sensibles à l’unité de temps utilisée. Les relevés intrajournaliers d’Investing.com du 21 septembre affichaient par exemple un RSI(14) de 55,877 et un MACD(12,26) légèrement positif, alors que l’analyse journalière de Sucden Financial situait le RSI autour de 33. Cette divergence rappelle qu’un signal intrajournalier ne doit pas être confondu avec la tendance du graphique journalier.
Sur une base journalière, la structure de fond demeure affaiblie : Sucden Financial situait la moyenne mobile à 50 jours autour de 1,1560 et la MM200 vers 1,1600, toutes deux au-dessus du marché. Les données techniques disponibles sur Investing.com placent également les moyennes longues au-dessus du cours, même si leurs valeurs exactes varient avec l’unité de temps et l’heure de calcul.
Niveau | Zone | Lecture |
Résistance majeure | 1,1710 | Proche du sommet du 21 août à 1,1712 |
Résistance | 1,1600 | Ancienne zone de prix et secteur des moyennes longues |
Zone intermédiaire | 1,1490-1,1500 | Premier obstacle à une reprise |
Support | 1,1450 | Zone actuellement défendue par les acheteurs |
Support majeur | 1,1325 | Plus bas de la plage de 52 semaines fournie |
La zone 1,1435-1,1450 mérite une attention particulière. Reuters relevait récemment une divergence haussière du RSI autour des récents creux et identifiait cette zone comme un soutien structurel important. Une stabilisation au-dessus de ce seuil pourrait permettre un retour vers 1,1630-1,1650, tandis qu’un passage sous 1,1435 fragiliserait davantage la configuration.
Quels scénarios surveiller cette semaine sur l’EUR/USD ?
Pour la semaine à venir, le premier scénario repose sur la capacité de l’euro à préserver 1,1450. La zone 1,1490-1,1500 constitue alors le premier test. Son franchissement durable améliorerait la dynamique de court terme et replacerait 1,1535-1,1560 dans le viseur, avant la résistance plus importante de 1,1600. Plusieurs analyses publiées le 21 septembre identifient justement des obstacles intermédiaires entre 1,1500 et 1,1580.
Le scénario opposé prendrait de l’importance en cas de passage durable sous 1,1450. Les zones de 1,1410-1,1380 deviendraient alors les premiers repères avant le support majeur de 1,1325 issu des données de marché fournies. La vigueur persistante du dollar, de nouvelles anticipations de hausse des taux américains ou une remontée des tensions énergétiques pourraient favoriser ce scénario.
Le principal facteur à surveiller reste donc le différentiel de politique monétaire. Les deux banques centrales ont relevé leurs taux en septembre, mais les Fed Funds se situent désormais à 3,75 %-4,00 %, contre 2,50 % pour le taux de dépôt de la BCE. Les anticipations concernant les prochaines décisions seront susceptibles de déplacer rapidement ce rapport de force.
La géopolitique constitue l’autre source majeure d’incertitude. Les prix de l’énergie restent particulièrement importants pour la zone euro et la BCE reconnaît explicitement que le conflit au Moyen-Orient alimente les tensions inflationnistes. Toute nouvelle hausse importante du pétrole pourrait peser sur les perspectives de croissance européennes tout en entretenant l’inflation.
Pour les traders qui comparent les meilleurs brokers, cette semaine impose donc surtout de tenir compte du risque de volatilité autour des annonces macroéconomiques et des déclarations de responsables monétaires, plutôt que de s’appuyer sur un seul signal de marché.
Points clés pour les traders
1,1450 constitue le principal support immédiat à surveiller ; une perte durable de cette zone exposerait 1,1410 puis des niveaux plus bas.
La zone 1,1490-1,1500 forme le premier obstacle à une reprise, avant 1,1535-1,1560 puis 1,1600.
Les signaux de momentum divergent selon l’horizon observé : certaines données intrajournalières montrent un RSI neutre à positif, tandis que la lecture journalière reste nettement plus fragile.
Conclusion
L’EUR/USD commence la semaine dans une position délicate. La paire a perdu environ 1,8 % depuis le 21 août selon l’historique fourni et reste proche du support de 1,1450 après le récent resserrement monétaire de la Fed. Le dollar bénéficie toujours de taux américains élevés et des anticipations d’un éventuel nouveau tour de vis, tandis que l’euro doit composer avec une croissance modérée, l’inflation, les coûts énergétiques et les incertitudes politiques.
La réaction autour de 1,1450 devrait ainsi contribuer à définir le ton des prochaines séances. Une reprise au-dessus de 1,1500 allégerait une partie de la pression immédiate, tandis qu’un passage sous 1,1450 augmenterait le risque d’une extension du recul. Dans un contexte où banques centrales, énergie et géopolitique peuvent rapidement modifier les anticipations, le suivi du cours de l’EUR/USD et des nouvelles macroéconomiques restera central cette semaine.