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Pétrole Brent : analyse technique, perspectives et niveaux clés

Par Dailyforex équipe

L'équipe de DailyForex.com est composée de traders, d'analystes et de rédacteurs du monde entier, chacun apportant une perspective unique sur le marché Forex et utilisant différentes stratégies pour vous aider à améliorer votre trading Forex. ...

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Le pétrole Brent vient de perdre plus de 4 % en deux séances, mais le marché reste suspendu aux tensions au Moyen-Orient. Le contrat novembre a clôturé le 17 septembre à 103,67 dollars le baril, contre 108,75 dollars deux jours plus tôt. Cette pression intervient alors que l’Arabie saoudite tente de contourner les perturbations de ses infrastructures en augmentant ses expéditions via Oman.

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L’enjeu dépasse largement les marchés de l’énergie. Un Brent durablement supérieur à 100 dollars entretient les tensions sur l’inflation, les coûts de transport et de production ainsi que le coût de la vie. L’impact sur les prix a déjà contribué au changement de ton des banques centrales : la Réserve fédérale américaine vient de relever son taux directeur de 25 points de base, dans un environnement où l’inflation sous-jacente américaine reste supérieure à son objectif.

Pour les consommateurs, les entreprises et les investisseurs exposés aux matières premières, l’incertitude reste donc élevée. Le marché doit désormais arbitrer entre un risque géopolitique susceptible de provoquer de nouveaux problèmes d’approvisionnement et les efforts engagés pour maintenir les flux de brut malgré la crise.

Le Brent recule après une envolée de plus de 20 % depuis la mi-août

Le mouvement des dernières semaines reste spectaculaire. D’après l’historique fourni, le contrat Brent novembre est passé de 89,03 dollars le 17 août à 108,75 dollars le 15 septembre, soit une progression de 22,15 % en moins d’un mois.

La dynamique s’est toutefois inversée lors des deux dernières séances : -2,69 % mercredi 16 septembre puis -2,04 % jeudi 17 septembre. Depuis le sommet de clôture du 15 septembre, le recul atteint ainsi environ 4,7 %.

Le principal facteur de détente vient d’Arabie saoudite. Riyad propose davantage de cargaisons aux raffineurs asiatiques par l’intermédiaire de transferts navire-à-navire au large du port de Sohar, à Oman. Cette solution compense une partie des perturbations provoquées par les attaques ayant touché l’oléoduc Est-Ouest saoudien et son débouché vers Yanbu. Les autorités cherchent parallèlement à remettre une partie des capacités de cet oléoduc en service.

Le risque d’approvisionnement n’a cependant pas disparu. Le trafic visible dans le détroit d’Ormuz reste très inférieur à la normale et les tensions entre l’Arabie saoudite et les Houthis continuent d’exposer les infrastructures énergétiques et les routes maritimes de la mer Rouge à de nouvelles perturbations. Reuters rapporte également que trois stations de pompage de l’oléoduc Est-Ouest ont été endommagées.

Les stocks américains ont apporté une pression supplémentaire sur le cours du pétrole. Les réserves américaines de brut ont diminué d’environ 640 000 barils la semaine dernière, alors que les analystes interrogés par Reuters anticipaient une baisse de 1,62 million de barils. Dans le même temps, les stocks d’essence et de distillats ont augmenté.

Le marché des produits raffinés reste néanmoins extrêmement tendu. Les contrats européens de gasoil et les contrats américains sur le diesel ont récemment atteint des records, tandis qu’une attaque ukrainienne a encore endommagé une raffinerie russe à Yaroslavl.

Cette situation est confirmée par l’Agence internationale de l’énergie. Dans son rapport de septembre, l’AIE estime que la production pétrolière mondiale a chuté de 1,6 million de barils par jour en août, à 100,1 millions de barils par jour. Elle prévoit désormais une diminution de l’offre mondiale de 5,7 millions de barils par jour sur l’ensemble de 2026. Les stocks pétroliers mondiaux observés ont parallèlement diminué de 507 millions de barils depuis février.

L’équation est toutefois complexe : l’AIE anticipe également une baisse de la demande mondiale de 2,5 millions de barils par jour cette année, notamment sous l’effet des prix élevés et des perturbations économiques. Cette destruction de demande constitue un frein potentiel à une nouvelle envolée durable du Brent.

Dans les actualités financières, le pétrole reste également indissociable de la politique monétaire. La Fed vient de relever son taux directeur dans une fourchette de 3,75 % à 4,00 %. Ses projections indiquent qu’une nouvelle hausse pourrait intervenir avant la fin de l’année, alors que la remontée des prix énergétiques nourrit les préoccupations inflationnistes.

Le seuil des 100 dollars redevient déterminant

image

La correction des deux dernières séances a nettement détérioré les signaux de court terme. Au 17 septembre, Investing.com affichait une synthèse « Strong Sell » sur son horizon technique, avec huit signaux vendeurs parmi les indicateurs suivis.

Le RSI à 14 périodes ressortait à 31,87, proche de la zone de survente. Le MACD (12,26) s’établissait à -0,83 et restait orienté à la vente. Ces données montrent que le momentum de court terme s’est considérablement affaibli après le sommet atteint en début de semaine.

La moyenne mobile simple à 50 périodes se situait à 106,71 dollars, au-dessus du marché, tandis que la MM200 ressortait à 103,09 dollars. Avec une clôture à 103,67 dollars, le Brent se retrouve donc presque directement au contact de cette dernière référence de long terme.

Niveau
Zone
Lecture
Résistance majeure
109,50 $
proximité des sommets des 14 et 15 septembre
Première résistance
106,00 $
ancien seuil intrajournalier et zone à reconquérir
MM50
106,71 $
pression de court/moyen terme
Cours du 17 septembre
103,67 $
recul de 2,04 %
MM200
103,09 $
référence majeure de long terme
Premier support
101,50 $
proximité du plus bas du 17 septembre
Support inférieur
98,80 $
ancien creux du 9 septembre

La zone 101,50-103 dollars devient particulièrement importante. Le plus bas de jeudi à 101,54 dollars a déjà montré que les acheteurs restaient présents à l'approche de ce seuil. La MM200, à 103,09 dollars, renforce l’importance de cette zone.

Au-dessus du marché, 106 dollars constitue le premier obstacle. Un retour au-dessus de cette zone placerait rapidement la MM50 à 106,71 dollars dans le viseur, avant les sommets récents situés autour de 109,50-110 dollars.

Les analyses techniques doivent néanmoins être replacées dans le contexte exceptionnel du marché pétrolier actuel : une nouvelle attaque contre une infrastructure ou une modification des flux au Moyen-Orient peut rapidement rendre secondaires les signaux observés sur les cours.

Quels scénarios pour le Brent au cours de la prochaine semaine ?

À l’horizon d’une semaine, la bataille devrait principalement se jouer entre le soulagement lié au rétablissement partiel des flux saoudiens et la prime de risque toujours attachée au Moyen-Orient.

Le premier scénario à surveiller est une stabilisation au-dessus de 101,50-103 dollars. Dans cette configuration, le Brent pourrait tenter de revenir vers 106 dollars puis 106,70 dollars. Un franchissement durable de cette zone ouvrirait de nouveau la voie vers 109,50-110 dollars.

Un retour au-dessus de 110 dollars nécessiterait probablement un nouveau catalyseur sur l’offre : nouvelles attaques contre les infrastructures, difficultés supplémentaires autour de Yanbu ou dégradation des conditions de transport maritime. Le marché physique reste suffisamment tendu pour qu’un tel événement provoque une réaction rapide. L’AIE souligne notamment que les exportations pétrolières des pays du Golfe restent très inférieures à leur niveau d’avant-guerre et que les stocks mondiaux ont fortement diminué.

À l’inverse, une clôture sous 101,50 dollars fragiliserait davantage la dynamique. Le seuil psychologique des 100 dollars deviendrait alors immédiatement exposé, puis la zone de 98,80 dollars correspondant au creux du 9 septembre.

Une détente géopolitique plus franche pourrait accentuer ce scénario. DBS Bank estime par exemple que, dans son scénario central intégrant une réduction des tensions entre les États-Unis et l’Iran, le Brent pourrait se stabiliser entre 85 et 95 dollars au quatrième trimestre. Il s’agit d’un scénario externe, et non d’une anticipation certaine, qui dépend notamment de l’évolution du conflit.

La politique monétaire constitue l’autre variable importante. Des taux américains durablement élevés peuvent ralentir l’activité et donc la consommation d’énergie, tandis que le dollar peut bénéficier d’une politique monétaire plus restrictive. À l’inverse, une nouvelle poussée du pétrole renforcerait les pressions inflationnistes qui ont précisément contribué au changement de politique de la Fed.

Pour les traders passant par les meilleurs brokers, les niveaux de 101,50 et 106 dollars constituent ainsi les premières bornes à surveiller. La volatilité actuelle impose cependant de prendre en compte les mouvements intrajournaliers particulièrement larges : le Brent a parcouru plus de 4 dollars entre son plus bas et son plus haut durant chacune des trois dernières séances.

Points clés pour les traders

  • Le Brent novembre clôture à 103,67 dollars le 17 septembre, soit environ 4,7 % sous son sommet de clôture du 15 septembre.

  • La zone 101,50-103 dollars constitue le principal support immédiat, avec la MM200 relevée à 103,09 dollars.

  • Un retour au-dessus de 106-106,70 dollars améliorerait la dynamique et replacerait 109,50-110 dollars dans le viseur.

  • Le RSI à 31,87 signale une forte dégradation du momentum, tandis que le MACD à -0,83 demeure négatif.

  • Les flux saoudiens via Oman font actuellement baisser la prime de risque, mais les perturbations dans le Golfe, en mer Rouge et sur les infrastructures russes entretiennent un marché physique tendu.

Conclusion

Le recul du Brent depuis 108,75 dollars ne signifie pas que les tensions sur le marché pétrolier ont disparu. Il traduit surtout un soulagement après les initiatives de l’Arabie saoudite pour maintenir ses exportations via Oman et la perspective d’un rétablissement partiel de son oléoduc Est-Ouest. Les données américaines sur les stocks ont également renforcé la pression à court terme.

Le contexte fondamental reste pourtant exceptionnellement tendu. L’AIE estime que l’offre mondiale diminuera fortement en 2026 et que plus de 500 millions de barils ont déjà été retirés des stocks observés depuis février. Face à cette raréfaction, le ralentissement de la demande provoqué par les prix élevés constitue l’un des principaux mécanismes susceptibles de rééquilibrer le marché.

Pour la semaine à venir, 101,50-103 dollars représente donc la zone charnière. Sa préservation maintiendrait la possibilité d’un retour vers 106 puis 109,50 dollars. Une baisse sous 101,50 dollars replacerait en revanche le seuil des 100 dollars, puis 98,80 dollars, au centre de l’attention. Plus que jamais, l’évolution des infrastructures saoudiennes, du détroit d’Ormuz et du conflit régional devrait dicter la volatilité du Brent.

L'équipe de DailyForex.com est composée de traders, d'analystes et de rédacteurs du monde entier, chacun apportant une perspective unique sur le marché Forex et utilisant différentes stratégies pour vous aider à améliorer votre trading Forex.

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