Le pétrole Brent se rapproche désormais du seuil symbolique des 100 dollars le baril, porté par une nouvelle escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran et par les inquiétudes croissantes concernant la circulation des navires dans le détroit d’Ormuz. Le contrat novembre 2026 a atteint 98,05 dollars en séance le 7 septembre avant de se maintenir autour de 97-98 dollars.
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Cette poussée est importante bien au-delà du marché pétrolier. Une nouvelle hausse de l’énergie pourrait alimenter l’inflation, augmenter les coûts du transport et de la production et, à terme, peser sur le coût de la vie. Les automobilistes, les entreprises fortement consommatrices d’énergie, les compagnies aériennes et les investisseurs exposés aux matières premières sont donc directement concernés.
La volatilité devrait rester élevée tant que les attaques contre les navires et les infrastructures énergétiques du Golfe feront planer un risque sur l’approvisionnement mondial.
L’escalade autour du détroit d’Ormuz fait bondir la prime de risque
Le Brent a connu une progression spectaculaire en un mois. D’après l’historique fourni, le contrat novembre est passé de 83,55 dollars le 7 août à 97,82 dollars le 7 septembre, soit une hausse d’environ 17,1 %.
L’accélération est particulièrement nette depuis la fin août. Le Brent cotait encore 88,10 dollars le 28 août avant de dépasser 94 dollars le 1er septembre, puis 97 dollars une semaine plus tard.
La principale explication vient du Moyen-Orient. Les forces américaines et iraniennes ont attaqué plusieurs navires dans les eaux proches de l’Iran, notamment des pétroliers, après de nouveaux échanges militaires. L’Iran a parallèlement annoncé son intention de créer une nouvelle zone maritime restreinte dans le Golfe et a averti que des infrastructures énergétiques américaines de la région pourraient être visées en cas de nouvelles frappes.
Le détroit d’Ormuz est désormais au cœur des actualités financières mondiales. Selon des données Kpler rapportées par Reuters, le trafic quotidien de navires transportant des matières premières est tombé à seulement dix passages en moyenne sur les dix derniers jours, son niveau le plus faible depuis mai. Seulement deux navires ont été comptabilisés samedi 5 septembre et aucun très grand pétrolier n’avait quitté le détroit depuis mercredi.
Cette réduction du trafic augmente mécaniquement la prime de risque intégrée dans le cours du pétrole. Reuters signalait le 7 septembre un Brent proche de son plus haut depuis six semaines, après des attaques visant des pétroliers et une raffinerie de Saudi Aramco à Jazan.
La tension se transmet aussi aux produits raffinés. Les prix du diesel américain ont atteint des records tandis que les stocks de fuel dans plusieurs grands hubs mondiaux sont environ 30 % inférieurs à leurs niveaux saisonniers habituels. Reuters estime que le déficit mondial de fuel pourrait atteindre environ 218 000 barils par jour au troisième trimestre.
L’OPEP+ n’a pas apporté de réponse supplémentaire du côté de l’offre. Lors de sa réunion du 6 septembre, l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman ont décidé de maintenir en octobre les niveaux de production requis pour septembre. La prochaine réunion est prévue le 4 octobre.
Quelques éléments modèrent cependant le scénario de pénurie. Les exportations irakiennes ont progressé en août et devraient rester élevées en septembre, tandis que les importations maritimes chinoises demeurent très inférieures à leurs niveaux d’avant le conflit iranien. En août, elles étaient estimées à 7,14 millions de barils par jour, contre 11,41 millions avant la guerre.
Aux États-Unis, les stocks commerciaux de brut ont néanmoins reculé de 4,5 millions de barils sur la semaine terminée le 28 août, à 424,5 millions de barils, soit une baisse nettement supérieure aux attentes du marché.
Le Brent conserve un momentum favorable à proximité de 98 $

Les dernières analyses techniques disponibles sur Investing.com montrent une configuration encore favorable aux acheteurs.
Au 7 septembre à 14h00 GMT, le RSI à 14 périodes ressortait à 58,958, soit une zone positive mais encore éloignée du seuil de surachat généralement situé à 70. Le MACD(12,26) était positif à +0,36 et classé en signal d’achat. Le résumé quotidien de la plateforme affichait « achat fort », avec neuf indicateurs positifs sur onze et douze moyennes mobiles sur douze orientées à l’achat.
La MM50 simple se situe à 96,13 dollars et la MM200 simple à 91,71 dollars. Le Brent évolue donc au-dessus des deux références, confirmant la forte accélération intervenue depuis la fin août.
Niveau | Zone | Lecture |
Résistance immédiate | 98,05 $ | sommet atteint le 7 septembre |
Résistance majeure | 100,00 $ | seuil psychologique majeur |
Support immédiat | 95,00 $ | zone défendue depuis début septembre |
MM50 | 96,13 $ | référence de moyen terme |
Support secondaire | 91,50 $ | ancienne zone de passage |
MM200 | 91,71 $ | référence de long terme |
La zone des 98,05 dollars constitue maintenant le premier obstacle. Un franchissement durable placerait immédiatement les 100 dollars au centre de l’attention. Ce seuil est autant psychologique que financier : son dépassement pourrait renforcer les anticipations inflationnistes et accentuer la volatilité sur les obligations et les actions.
À l’inverse, un retour sous 95 dollars affaiblirait le mouvement actuel et pourrait ramener le Brent vers 91,50-92 dollars, à proximité de sa MM200.
Pour les investisseurs qui comparent les meilleurs brokers, il faut également surveiller le contrat utilisé. Les futures Brent présentent différentes échéances et leurs cotations peuvent différer du prix spot ou du contrat le plus proche, notamment lorsque la courbe des prix intègre une forte prime géopolitique.
Jusqu’où le Brent peut-il monter au cours du prochain mois ?
Le scénario de septembre dépend presque entièrement de l’évolution du trafic pétrolier au Moyen-Orient.
Dans un scénario d’escalade, un franchissement des 98,05 dollars puis des 100 dollars ouvrirait une nouvelle phase de hausse. Goldman Sachs estime que le pétrole pourrait atteindre 120 dollars le baril si les attaques contre les navires au Moyen-Orient s’intensifient et réduisent davantage les exportations régionales.
Cette estimation ne constitue pas le scénario central mais illustre l’ampleur de la prime de risque actuelle. Le sommet de 52 semaines fourni par Investing.com se situe d’ailleurs à 126,41 dollars.
Le scénario inverse est tout aussi important. Goldman Sachs estime qu’une normalisation des exportations régionales pourrait ramener le pétrole vers 80 dollars. Le marché actuel intègre donc une prime géopolitique particulièrement élevée.
À court terme, trois scénarios se dégagent :
Au-dessus de 98,05 $, une attaque des 100 $ devient le scénario immédiat.
Au-dessus de 100 $, la dynamique pourrait s’étendre vers 105 $, puis vers des niveaux supérieurs si le trafic à Ormuz se détériore encore.
Sous 95 $, le risque d’un retour vers 91,50-92 $ augmenterait nettement.
Une détente diplomatique crédible pourrait provoquer une correction beaucoup plus profonde, les estimations de normalisation allant jusqu’à environ 80 $.
L’OPEP+ constitue un autre facteur à surveiller. Sa décision de maintenir sa politique de production pour octobre signifie qu’aucun afflux supplémentaire important de barils n’est actuellement prévu pour compenser une éventuelle détérioration des exportations du Golfe.
La demande pourrait néanmoins empêcher une envolée incontrôlée. La faiblesse des importations chinoises et les prix élevés commencent à exercer un effet de destruction de la demande dans certaines régions.
Le marché pétrolier présente ainsi une asymétrie inhabituelle : l’offre peut être fortement perturbée en quelques heures par une attaque ou une restriction à Ormuz, alors qu’une baisse durable des prix nécessiterait vraisemblablement une amélioration politique et logistique plus tangible.
Points clés pour les traders
Le Brent a gagné environ 17,1 % entre le 7 août et le 7 septembre.
Le seuil des 100 dollars est désormais la principale résistance psychologique.
Le RSI à 58,958 reste positif sans signaler encore un excès acheteur.
Le MACD à +0,36 et les moyennes mobiles conservent des signaux d’achat.
La zone de 95 dollars constitue le premier support important.
L’OPEP+ a maintenu inchangée sa politique de production pour octobre.
Le détroit d’Ormuz reste le principal risque susceptible de provoquer une nouvelle accélération des prix.
Conclusion
Le Brent arrive à proximité des 100 dollars avec une dynamique très différente de celle observée début août. La hausse d’environ 17 % en un mois reflète avant tout la montée de la prime géopolitique provoquée par les échanges de frappes entre les États-Unis et l’Iran et les attaques contre la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz.
Les signaux de marché restent pour l’instant favorables aux acheteurs : le RSI est proche de 59, le MACD est positif et le Brent évolue au-dessus de ses MM50 et MM200. La zone de 98,05 dollars constitue toutefois le dernier obstacle immédiat avant le seuil particulièrement sensible des 100 dollars.
Pour septembre, la trajectoire pourrait devenir très volatile. Une nouvelle perturbation importante à Ormuz placerait 100 puis 105 dollars au centre de l’attention, avec un scénario extrême autour de 120 dollars évoqué par Goldman Sachs. À l’inverse, une détente géopolitique pourrait faire disparaître rapidement une partie de la prime de risque et provoquer un retour vers 95 puis 91,50 dollars.
Plus que les statistiques économiques traditionnelles, ce sont donc désormais les flux physiques de pétrole dans le Golfe et l’évolution du conflit entre Washington et Téhéran qui devraient déterminer la direction du Brent au cours des prochaines semaines.