L’euro reste sous pression face au dollar. L’EUR/USD évolue autour de 1,1206 lundi 19 octobre en fin de séance européenne, après avoir rebondi jusqu’à 1,1269 vendredi. La paire reste ainsi proche de ses plus bas annuels, dans un environnement dominé par l’écart de politique monétaire entre la Réserve fédérale et la BCE, les tensions sur les marchés obligataires et les inquiétudes entourant la croissance européenne.
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Cette situation est importante pour les ménages comme pour les entreprises. Un euro plus faible augmente notamment le coût des importations libellées en dollars, en particulier l’énergie et certaines matières premières, avec un impact potentiel sur les prix, l’inflation et le coût de la vie. La volatilité des devises reflète ainsi directement les incertitudes du contexte économique actuel.
Pour les traders, le rapport de force reste défavorable à la monnaie unique tant que le marché estime que les taux américains devront rester élevés plus longtemps que prévu. L’évolution des rendements obligataires et les prochains commentaires des banques centrales devraient donc rester au centre des actualités Forex cette semaine.
Le dollar conserve l’avantage face à un euro fragilisé
Le cours de l'EUR/USD a fortement reculé depuis la deuxième moitié de septembre.
La paire évoluait encore à 1,1464 le 21 septembre. Elle se négocie autour de 1,1206 le 19 octobre, soit une baisse d’environ 2,3 % en moins d’un mois.
Le mouvement s’est accéléré au début du mois. Après 1,1330 le 30 septembre, l’euro est tombé à 1,1242 dès le lendemain. La paire a ensuite continué à perdre du terrain jusqu’à toucher 1,1113 le 14 octobre, son plus bas de la période fournie.
Un rebond s’est alors développé. L’EUR/USD a retrouvé 1,1220 le 15 octobre puis 1,1240 le 16 octobre, avec un sommet intrajournalier à 1,1269. Mais ce mouvement n’a pas permis à la monnaie unique de retrouver ses niveaux de septembre.
Le différentiel de politique monétaire constitue l’un des principaux facteurs explicatifs.
Aux États-Unis, la persistance des pressions inflationnistes et les variations importantes des prix de l’énergie compliquent la tâche de la Réserve fédérale. Une politique monétaire restrictive pendant une période plus longue soutient généralement le dollar en maintenant les rendements américains à des niveaux attractifs.
En zone euro, la situation est différente. La BCE doit elle aussi contenir l’inflation, mais elle évolue dans un environnement de croissance plus faible.
Christine Lagarde a récemment souligné que la hausse des rendements obligataires resserrait déjà les conditions financières et contribuait à ralentir la demande. Dans le même temps, le FMI estime qu’au moins une hausse supplémentaire de 25 points de base pourrait encore être nécessaire en 2026 pour ramener durablement l’inflation vers l’objectif de la BCE.
Le risque politique européen ajoute une source de volatilité.
En France, les tensions politiques et sociales ont provoqué lundi une nouvelle hausse des rendements obligataires. Le rendement de l’OAT à dix ans s’est approché de 4,9 %, tandis que l’écart avec le Bund allemand a atteint environ 146 points de base.
Un élargissement durable des spreads souverains européens peut devenir négatif pour l’euro s’il ravive les interrogations concernant la stabilité financière et budgétaire de la zone.
À court terme, l’EUR/USD se retrouve donc pris entre une BCE qui ne peut pas relâcher trop rapidement sa politique monétaire et une économie européenne dont la faiblesse limite le potentiel de remontée des taux.
La zone de 1,1180 protège encore l’euro

Les analyses techniques restent orientées avec prudence à la baisse.
À environ 1,1206 lundi soir, l’EUR/USD évolue toujours nettement sous les niveaux observés en septembre. Le RSI à 14 périodes se situe autour de 43 dans les relevés intraday, ce qui traduit un momentum inférieur à la zone neutre de 50 sans signaler encore une situation de survente.
Le MACD reste négatif, confirmant que la dynamique de fond récente continue de favoriser le dollar.
Les moyennes mobiles renforcent cette lecture. Les données techniques consultées situent la MM50 dans une région proche de 1,1280-1,1300 selon l’heure et la méthodologie de calcul, soit au-dessus du cours actuel. La MM200 se situe encore sensiblement plus haut, autour de 1,1550-1,1600.
Niveau | Zone | Lecture |
Résistance majeure | 1,1330 | Ancienne zone de prix de fin septembre |
Résistance | 1,1285 | Premier objectif en cas de reprise |
Résistance immédiate | 1,1245 | Zone travaillée récemment |
Cours indicatif 19/10 | ≈ 1,1206 | Niveau intraday |
Support immédiat | 1,1180 | Première défense |
Support majeur | 1,1113 | Plus bas du 14 octobre |
La première résistance se situe autour de 1,1245. Cette zone a été travaillée à plusieurs reprises depuis le début du mois et se trouve à proximité du sommet de vendredi à 1,1269.
Un retour durable au-dessus de 1,1245 permettrait donc de viser 1,1285. Une reprise de 1,1285-1,1300 serait beaucoup plus significative puisqu’elle replacerait la paire au contact de sa MM50.
Au-dessus, 1,1330 représente la prochaine résistance majeure.
À la baisse, 1,1180 constitue le premier support. La paire a déjà trouvé des acheteurs autour de cette région à plusieurs reprises.
Une perte de 1,1180 exposerait 1,1150 puis surtout 1,1113, le plus bas enregistré le 14 octobre. Ce dernier seuil constitue la principale défense avant la zone psychologique de 1,1100.
Quels scénarios pour l’EUR/USD cette semaine ?
Pour la semaine du 20 au 23 octobre, le scénario central repose sur une évolution comprise entre 1,1180 et 1,1285.
Dans un scénario favorable à l’euro, la paire conserve 1,1180 puis repasse au-dessus de 1,1245. Ce mouvement permettrait de viser 1,1285-1,1300.
Une clôture au-dessus de 1,1300 améliorerait sensiblement le profil de court terme et ouvrirait la voie vers 1,1330, puis potentiellement 1,1380.
Pour qu’un tel scénario se concrétise, une détente des rendements américains ou des anticipations plus accommodantes concernant la Fed seraient probablement nécessaires.
Le scénario favorable au dollar commencerait au contraire par une perte de 1,1180.
La paire pourrait alors retrouver 1,1150 puis le support majeur de 1,1113. Une baisse sous 1,1113 placerait immédiatement 1,1100 sous pression et pourrait ouvrir une extension vers 1,1050.
Les traders utilisant les meilleurs brokers devront particulièrement surveiller l’évolution des rendements américains et européens. Sur le marché des changes, une modification des anticipations de taux peut provoquer un mouvement important avant même une décision officielle des banques centrales.
Les prix de l’énergie constituent une deuxième variable importante. Une nouvelle flambée du pétrole ou du gaz pourrait avoir des conséquences différentes des deux côtés de l’Atlantique, notamment en raison de la dépendance énergétique plus importante de la zone euro aux importations.
Enfin, le risque politique européen reste à surveiller. Une nouvelle aggravation des tensions sur les obligations françaises pourrait peser sur la monnaie unique, surtout si elle s’accompagne d’un élargissement supplémentaire des spreads avec l’Allemagne.
Points clés pour les traders
Le support de 1,1180 constitue la première zone à défendre ; sous ce seuil, 1,1113 redevient la cible principale.
Le RSI proche de 43 et le MACD négatif montrent que le momentum reste fragile malgré le rebond observé depuis le 14 octobre.
Une reprise durable de 1,1245 puis de 1,1285-1,1300 serait nécessaire pour améliorer sensiblement la dynamique de court terme.
Conclusion
L’EUR/USD reste sous pression malgré le rebond observé depuis son plus bas du 14 octobre à 1,1113. À environ 1,1206 lundi, la paire évolue toujours nettement sous ses niveaux de septembre et sous ses principales moyennes mobiles.
Le principal facteur reste le différentiel de politique monétaire. La Fed doit composer avec des pressions inflationnistes qui entretiennent la possibilité de taux américains élevés, tandis que la BCE fait face simultanément à l’inflation et à une économie européenne fragile.
La hausse récente des rendements français ajoute une nouvelle source d’incertitude. Si les tensions sur les marchés obligataires européens s’intensifient, l’euro pourrait avoir davantage de difficultés à retrouver durablement 1,13 dollar.
Cette semaine, 1,1180 constitue donc le premier niveau déterminant. Sa conservation laisserait ouverte la possibilité d’un rebond vers 1,1245 puis 1,1285-1,1300. Une perte de ce support exposerait au contraire 1,1113, avec un risque de retour sous 1,1100.
Le rapport de force reste pour l’instant favorable au dollar, mais la proximité des récents plus bas rend la paire particulièrement sensible à tout changement dans les anticipations de taux.